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Cet article est extrait de : Décision Informatique

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[ MARCHÉ ]
L'e-learning fait école
Après bien des tâtonnements, le marché de la formation en ligne semble avoir trouvé ses marques. Entreprises et fournisseurs d'outils d'e-learning sont désormais en totale adéquation.

Virginie Hofman , Décision Micro, le 16/05/2003 à 17h06

« Le e-learning est passé d'un marché d'offre à un marché de demande. C'est une des raisons pour lesquelles, aujourd'hui, il se stabilise » , estime Gilles Freyssinet, directeur du Préau, le centre de veille et de ressources sur les TICE (technologies de l'information et de la communication au service de l'éducation et de la formation). Dès le début, les différents acteurs - intégrateurs de plates-formes, organismes de formation ou éditeurs de logiciels de contenus - ont avant tout misé sur les technologies.

« Jusqu'en 2000, les possibilités de ce marché ont été surestimées. On avait une approche "tout outil", qui n'a pas su convaincre. De fait, les produits étaient très chers et les entreprises n'ont pas été complètement conquises », ajoute Gilles Freyssinet.

Au moment de l'explosion d'Internet, de nombreuses sociétés de conseil et SSII ont investi dans ce secteur. Mais le coût des produits, la méconnaissance du e-learning par les clients, ainsi que l'étendue des offres proposées ont entraîné leur perte. Ayant tiré les leçons des erreurs commises dans le passé, ce marché connaît actuellement une véritable mutation.

Depuis 2002, les comportements ont radicalement changé. Les entreprises, grands comptes comme PME, s'orientent de plus en plus vers le e-learning. « Aujourd'hui, les produits sont davantage ciblés. Les PME apprécient les offres packagées, qui répondent mieux à leurs besoins » , reconnaît Marion Blanc, directrice marketing et développement chez Ipro- gress. Les mentalités ont, elles aussi, évolué. La pédagogie a repris le dessus face à la technologie. Les cursus de formation sont désormais moins longs et mieux adaptés à la demande des clients. « Ils sont délivrés par modules de trois heures maximum, avec des sessions d'une durée qui n'excède pas 30 minutes. Les thèmes abordés sont très variés. La bureautique, les langues, mais aussi le management sont de plus en plus demandés » , explique Jacky Doneddu, DG d'Arcom, filiale de la société de conseil Cegos, spécialisée dans le e-learning.

Selon une enquête réalisée par Le Préau en 2002, intitulée « Les entreprises et la e-formation en France », 62 % d'entre elles estiment que leur budget consacré à la formation en ligne est en augmentation par rapport à l'année dernière. Fabienne Arata, responsable des solutions de conseil en formation chez IBM BCS, l'entité de l'éditeur spécialisée dans la e-formation, confirme cette tendance : « 44 % des salariés n'ayant pas reçu de formation satisfaisante démissionneraient dans l'année, contre 12 % de satisfaits. »

Pour persuader les entreprises de la nécessité de ce type de formation, les spécialistes ont dû se pencher sur ses méthodes de mise en application. Au vu des premiers résultats, il ressort que le 100 % e-learning est à proscrire. « Tout le monde a enfin compris que le e-learning ne peut pas survivre sans le recours à la pédagogie » , précise Gilles Freyssinet. C'est donc la méthode mixte qui s'est imposée. Les cursus associent désormais la formation « distancielle », plus communément appelée autoformation, à la formation « présentielle », qui requiert l'intervention sur place d'un formateur.

« Depuis un an, la pédagogie est revenue au premier plan. Les acteurs du marché de la e-formation ont compris que seuls des formateurs étaient capables d'intéresser les stagiaires » , déclare Patrick Curien, gérant d'AGIE Formation. « La formation nécessite un accompagnement , renchérit Jacky Doneddu, le e-learning doit être structuré et les stagiaires encadrés. Être seul face à son PC n'est pas motivant. »

Des formations par métier

Afin de toucher une plus vaste clientèle, les offres ont dû être élargies. « Au départ, elles étaient tellement onéreuses qu'elles ne pouvaient être proposées qu'aux grands comptes. Aujourd'hui, les offres se sont adaptées à la demande des PME, qui commencent à utiliser ces techniques de façon plus régulière » , argumente Benjamin Amar, le DG de Net G.

C'est dans ce contexte que les formations spécifiques par métier ont fait leur apparition. Le mode FAH est le plus souvent choisi par les PME, alors que les grandes entreprises préfèrent l'intranet. « Les PME optent d'abord pour des solutions hébergées, qui sont plus rapides et moins chères à mettre en place. Puis quand elles se sentent prêtes à tout assumer, elles rapatrient leur base de données sur leur plate-forme interne » , poursuit Marion Blanc.

Le développement du e-learning n'en demeure pas moins relativement lent. Cela tient, notamment, au fait que nombre d'entreprises n'ont toujours pas intégré l'ADSL dans leur réseau. « Des incidents techniques viennent fréquemment perturber les séances de formation. Le haut-débit peut résoudre ce problème » , conclut Jacky Doneddu. Malgré tout, l'e-learning connaît aujourd'hui un regain d'intérêt. D'après l'enquête du Préau, en 2002, les entreprises de moins de 500 salariés étaient deux fois plus nombreuses à proposer ce type de formation à leur personnel, par rapport à 2001. Et au CNAM (Conservatoire national des arts et métiers), le nombre d'inscrits a augmenté de 20 % l'année dernière.


Le recours à la e-formation en fonction de la taille des entreprises
La e-formation concerne surtout les grandes entreprises de plus de 1 000 salariés, mais elle progresse dans les entreprises de moins de 500 salariés depuis 2002.

La progression de la e-formation entre 1995 et 2002
Le recours aux formations en ligne se généralise dans les entreprises, puisqu'en 2002, 46 % d'entre elles ont formé plus de 200 salariés, contre 29 % en 2001.


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