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Offshore : les SSII traditionnelles lèvent le tabou

Les projets à valeur ajoutée aussi éligibles
L'offshore ne se résume plus aux projets à faible valeur ajoutée. Mais l'exigence d'une forte expertise métier oblige à rester sur site.

Clarisse Burger , 01 Informatique (n° 1724), le 16/05/2003 à 00h00

Délocaliser un projet informatique n'est plus de la science-fiction. Si l'exercice reste complexe, ce type de service devient réalité. Il peut s'agir de projets d'ingénierie, de migration et de support de systèmes, de développement et de portage de logiciels, qui sont progressivement sous-traités dans les pays où les coûts de la main-d'oeuvre, parfois de meilleure qualité, sont moins élevés qu'en Europe.

« Mais ce ne sont pas uniquement les projets informatiques à faible valeur ajoutée qui seront confiés offshore, comme on a tendance à le dire. Les grands projets, supérieurs à une dizaine d'année hommes, ont aussi un réel intérêt d'être sous-traités offshore » , analyse Francis Hisquin, président de Pivolis, la nouvelle filiale offshore d'Octo Technology, créée le mois dernier. Celle-ci collabore avec un partenaire indien, Kpit, qui réalise pour son compte des projets d'intégration de progiciels intégrés, de déploiement d'infrastructure et de tierce maintenance applicative. Elle a, par exemple, signé un grand contrat offshore de développement J2EE avec un établissement bancaire français.

Un projet bien spécifié sera facilement délocalisé

L'équation est simple : « Un projet indien offshore permet de réaliser au moins 30 % d'économie, contre 10 % en Europe » , souligne Francis Hisquin. Reste qu'il faudra définir le périmètre du projet à sous-traiter et bien piloter les ressources installées sur site et offshore. « Seuls les projets bien spécifiés et définis avec le client seront plus facilement délocalisés, sinon la distance ne fera qu'amplifier les risques. Il faudra s'appuyer sur une bonne méthodologie d'encadrement et une bonne gestion des travaux. Cela dépendra du niveau de création de valeur des projets à délocaliser. Les projets innovants qui exigent une expertise métier et la proximité du client ne peuvent être sous-traités » , tient à préciser Christian Marchetti, associé chez Accenture.

Quel que soit le type de projet, la transparence est de mise

Sous la contrainte de la pression des prix, quelques SSII montent des services offshore industrialisés. « Les équipes indiennes déjà formées aux Etats-Unis apportent une expérience renforcée aussi bien en développement de logiciels qu'en nouvelles technologies. Et leur formation à ces dernières est moins coûteuse qu'en Europe » , explique Jean-Yves Hardy, président de Valtech, qui se sert de l'offshore comme originalité marketing.

Si bien que certains des projets de migration vers .Net ou vers Websphere de la société sont aujourd'hui réalisés en Inde. La supériorité de ce continent demeure car « il manque encore de la maturité et un bon niveau de certification CMM en Europe de l'Est, Russie ou Chine » , signale Jean-Yves Hardy. Selon lui, l'avenir des SSII n'est pas tant de différencier les types de projets à sous-traiter que de promouvoir un service à distance transparent, en masquant la délocalisation à l'utilisateur comme cela se produit déjà dans les services des centres d'appel ou de back-office, pour la comptabilité ou la gestion des ressources humaines.

Pour de grands acteurs comme Cap Gemini Ernst & Young, la délocalisation est devenue une vraie stratégie établie. « Nous avons mis en place un modèle de distribution de réalisation de projets informatiques. Les parties déportées du projet peuvent être théoriquement traitées n'importe où, compte tenu de la spécialisation de nos centres de production offshore et de leurs salaires peu élevés, explique Alexandre Haeffner, directeur des opérations du groupe CGE&Y Nous estimons à environ 20 % le gain global d'un projet offshore et à 30 % dans les meilleurs des cas. »

Typologie des projets confiés offshore et sur site

Le coût de l'ingénieur à la journée permet, théoriquement, une réduction notable du budget. Ce dernier est néanmoins grevé par le prix des télécommunications, une plus importante gestion de projet, les surcoûts liés au décalage horaire, la traduction, etc.

Les projets réalisés à distance (offshore)

- Tierce maintenance applicative (TMA).

- Développement, intégration et portage de logiciels.

- Intégration de systèmes et d'architectures techniques.

- Migration et réorganisation de données.

- Projets d'implémentation d'EAI, de PGI.

- Migration vers les nouvelles technologies (.Net, Websphere, etc.)

Les projets traités localement (sur site)

- Maîtrise d'ouvrage, spécification, formalisation.

- Recette de projet.

- Pilotage des ressources à modèle mixte (sur site/offshore).

- Projets innovants nécessitant la proximité du client.


{Parag}


Le projet d'intégration SAP de Bombardier Aéronautique, spécialisé dans l'aviation d'affaires, est réalisé sur la base d'un modèle de pilotage mixte, sur site au Canada et offshore en Inde et en France.

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