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Offshore : les SSII traditionnelles lèvent le tabou

Le choix des pays pratiquants s'élargit
Europe de l'Est, Maghreb, Inde... Au-delà du prix, le choix du prestataire doit reposer sur la qualité et la couverture du service offert.

Corinne Zerbib , 01 Informatique (n° 1724), le 16/05/2003 à 00h00
Bernard Corneau, coprésident de Fidéliplus, groupe Dexia. « Tubbydev nous offrait non seulement des coûts très réduits, mais aussi et surtout l'utilisation de la méthode Rational de développement par itérations. »

Des projets trop chers, trop longs et de mauvaise qualité... Les SSII françaises n'ont pas la cote auprès de leurs clients. Brisant les tabous, les entreprises nationales envisagent donc plutôt d'un bon oeil le recours à des structures étrangères pour faire développer leurs applications et les maintenir. « Depuis quelques mois, nous effectuons moins de prospection, car les DSI sont demandeurs et viennent fréquemment se renseigner » , indique Pierric Duthoit, chef de projet grands comptes chez Tubbydev. « Ce sont les clients qui imposent aux SSII traditionnelles de sous-traiter en offshore » , renchérit Matthieu Neukirch, PDG d'Azentis. Banques, assurances et industriels en tête recourent aujourd'hui à l'offshore - même si, pour la plupart, ils continuent de s'en cacher - et font souvent entrer dans l'appel d'offres un outsider offshore.

Précurseurs en la matière, ce sont d'abord les éditeurs américains qui ont sous-traité leurs développements à l'étranger. Désormais, nombre de prestataires offshore interviennent également pour le compte des SSII françaises. Ces dernières se dispensent parfois d'en informer leurs propres clients. « Ce qui leur permet d'empocher les marges » , indique un responsable d'entreprise offshore.

Inde, Russie, Roumanie, Maghreb, Chine, mais aussi Irlande ou Espagne... L'offre s'élargit, et les critères de choix ne sont pas si simples qu'il y paraît. Certes, le coût de l'ingénieur étranger arrive (trop) souvent au premier rang. Mais d'autres éléments tout aussi importants doivent guider le choix.

« Nous proposons souvent des budgets équivalents de ceux d'une SSII traditionnelle. Mais nous offrons davantage de services pour le même prix » , estime Alain Prasquier, directeur d'ODM Technologies. Par exemple, la réalisation des tests par une équipe différente de celle qui a procédé au développement. « Notre objectif consiste à fournir au client une continuité de service, quelle que soit la situation » , explique-t-il. Ses fournisseurs indiens ou russes savent qu'il peut basculer un projet de l'un à l'autre pays à tout moment, en fonction des événements.

Les équipes françaises conservent leur pré carré

Un choix adopté par certains prestataires, qui « zappent » ainsi d'un pays à l'autre en fonction de la conjoncture. « Il nous est déjà arrivé de devoir changer de fournisseur en cours de projet. C'est pourquoi nous récupérons les sources quotidiennement. Le but étant que le client ne se rende compte de rien ! » poursuit Alain Prasquier.

La qualité et le fonctionnement de la relation demeurent des facteurs essentiels dans le choix d'un prestataire offshore. Car le glissement brutal des prestations de la régie vers le tout-forfait, imposé par les clients, bouleverse le fonctionnement des SSII traditionnelles. « Les SSII françaises n'apprécient guère cette évolution. Et, pour limiter leurs risques, elles préfèrent monter des partenariats avec des prestataires étrangers » , explique Matthieu Neukirch.

Au coeur du forfait offshore, le cahier des charges et les méthodologies de conduite de projet restent le pré carré des équipes françaises des prestataires offshore. « En un an, nous sommes passés de deux à douze personnes dans notre bureau français » , indique Dan Deville, DG du géant indien Wipro Technologies en France. Certifié CMM de niveau 5, Wipro met en avant la disponibilité, la motivation et la fidélité de ses quinze mille ingénieurs indiens, le plus fréquemment pilotés par leurs homologues français... « Sauf lorsque le client souhaite gérer une relation directe avec des ingénieurs en régie à distance » , explique le DG français.

Voilà bien l'un des nombreux paradoxes de ce marché de la délocalisation, comme celui qui consiste à embaucher, à l'étranger, des ingénieurs français : « Nous offrons des débouchés à nos jeunes diplômés français désireux d'effectuer une expérience à l'international » , indique ainsi Vincent Billiet, responsable du développement chez Teamlog, qui a monté une équipe de support à Barcelone. Une opportunité pour nos ingénieurs chômeurs ?


Entre Inde et Russie, un choix au gré des projets
Le coût de l'ingénieur à la journée permet, théoriquement, une réduction notable du budget. Ce dernier est néanmoins grevé par le prix des télécommunications, une plus importante gestion de projet, les surcoûts liés au décalage horaire, la traduction, etc.

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