Le producteur
Le tag peut prendre la forme d'une carte, d'une étiquette ou d'une puce, ces dernières pouvant être soudées, rivetées ou injectées dans le produit. Une fonction anticollision, dite aussi de discrimination ou de lecture en vrac, autorise la lecture de plusieurs puces en même temps. Pas de champ de vision ni de contact, la simple proximité d'un lecteur permet l'écriture et l'identification du tag qui sera apposé sur les caisses et leur contenu.
Le transporteur
Les lecteurs RFID acquièrent les numéros ePC des tags des caisses et de leur contenu. Le logiciel Savant identifie ces ePC en interrogeant le serveur ONS (Object Naming Service) pour connaître l'emplacement du serveur PML (Physical Markup Language) de l'entreprise expéditrice. Une vérification manuelle de la cargaison n'est plus nécessaire. En cas de modification depuis l'expédition, le dépôt peut mettre à jour le serveur PML.
Le distributeur
Equipé de lecteurs RFID, l'entrepôt du magasin peut vérifier la conformité de la livraison avec sa commande, et alimenter automatiquement son inventaire. L'étape supplémentaire consisterait à équiper les rayonnages de capteurs RFID afin de suivre la gestion du stock en magasin et d'alimenter automatiquement ses PGI et le serveur PML du producteur.
Deux visions s'opposent sur le format et la signification des données
En Europe, l'approvisionnement est l'un des principaux champs d'expérimentation des déploiements industriels de la RFID. On recourt notamment à la haute fréquence 13,56 MHz, dont l'usage a été normalisé par l'ISO (15693-3) et validé par la commission américaine Federal Communications Commission. Avec 2 Kbits de mémoire réinscriptible, soit 240 caractères ASCII utiles et 100 000 cycles de lecture/écriture, le tag RFID transpondeur ou étiquette à 13,56 MHz est un vecteur utile d'information pour les produits qu'il identifie. Le recours à des ultra-hautes fréquences (UHF) permettrait d'augmenter la distance entre le lecteur et le tag, limitée à un mètre et à quelques centimètres en présence de métal. Mais alors que les Etats-Unis misent sur le 915 MHz, l'Europe fait le choix du 868 MHz. Pire : le Japon ne permet l'utilisation d'aucune fréquence en UHF. Dans l'attente d'accords internationaux, c'est donc aux lecteurs de contourner le problème en étant multifréquences.
Mise à jour des informations contre traçabilité de l'objet
Le principal frein à l'industrialisation de la RFID dans la chaîne logistique touche au format et à la signification des données, qui ne sont pas normalisés. Deux conceptions s'opposent. La vision européenne d'un identifiant, dans lequel les informations sur le produit qu'il étiquette sont directement mises à jour, fait l'objet des principales mises en oeuvre en France. L'approche américaine, représentée par l'Auto-ID Center, voit l'identifiant comme un moyen de tracer l'objet dans le réseau de distribution, les informations étant stockées dans une base de données. D'où la formalisation d'un tag ePC (electronic Product Code) de 64 ou 96 bits, qui identifierait l'objet, sa catégorie et l'entreprise productrice. Quand le lecteur acquiert le code ePC, il le transmet à un système, baptisé Savant. Ce dernier accède à un serveur ONS (Object Naming Service) pour identifier l'objet auquel est associé le code ePC, et le serveur dans lequel est stockée l'information sur cet objet. Le principe de fonctionnement d'ONS est analogue à celui d'un DNS identifiant le site web associé à une adresse IP. Le second serveur stocke les informations concernant chaque produit dans une base de données au format PML (Physical Markup Language), basé sur XML. Chaque maillon de la chaîne d'approvisionnement a la possibilité d'enrichir les informations via Savant. Contrairement aux déploiements actuels dans le cadre d'un projet de maintenance, par exemple , le tag n'est jamais modifié. Il ne sert qu'à identifier le produit dans un réseau global de distribution.
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