Lors du démarrage de la campagne de déclaration des impôts, le ministère des Finances s'était fixé un objectif de 500 000 formulaires envoyés par Internet. Au final, le total s'élève à 601 025 déclarations en ligne, soit cinq fois plus qu'en 2002, permettant ainsi aux pouvoirs publics de largement dépasser leurs prévisions. Le nombre de connexion sur impots.gouv.fr s'est, lui, élevé à 10,5 millions.
Publication initiale le 04/04/2003
Après un démarrage chaotique l'année dernière, la déclaration électronique de revenus a pris son envol. Le ministère des Finances a annoncé que, ce jeudi, 500 000 exemplaires ont été enregistrés sur www.impots.gouv.fr . Un cap franchi sans trop de dégâts.
A l'origine, la Direction générale des impôts (DGI) s'était fixé un objectif de 500 000 dossiers pour le 13 avril, dernier délai pour déclarer ses impôts sur le Web (le 24 mars pour les exemplaires papier), et va donc largement le dépasser. En 2002, seuls 117 000 contribuables avaient envoyé leurs formulaires par Internet.
Malgré tout, cette progression doit être relativisée. Le nombre de déclarations en ligne ne représente que 1,5 % du total des 33 millions déposées l'an dernier. Cette avancée a toutefois demandé une meilleure préparation de l'administration. « La plate-forme a bien fonctionné, déclare Loic Cuguen d'IdealX, une société sous-traitante, chargée de cette partie du système. Nous avions prévu un cluster de serveurs Web en cas de montée en charge trop rapide, mais, au pic d'utilisation, seuls 60 % des ressources CPU de la plate-forme étaient consommés. En allure de croisière, ce chiffre tombe à 20-25 %. »
Pas de problème technique majeur
Quelques problèmes sont toutefois apparus. Techniques, comme celui empêchant des utilisateurs Apple de profiter de ce service. Ou administratifs, certains usagers (personnes déposant une première déclaration, changeant de statut marital, ...) étant dans l'obligation d'envoyer une déclaration papier. Des internautes s'étant rendu compte, à la dernière minute, qu'ils tombaient dans ces catégories, l'administration les a autorisés à lui adresser leurs revenus par courrier dans les mêmes délais que les versions électroniques.
Le SNUI (Syndicat national unifié des impôts) se déclare plutôt satisfait. « Techniquement, il n'y a pas eu de grosses difficultés, juge René Dassonville, son secrétaire nationale. Par contre, des problèmes de justice se posent. Pourquoi, par exemple, un usager sans accès Internet devrait-il envoyer des justificatifs, alors que ceux déclarant en ligne n'ont pas besoin de le faire ? De plus, cette différence diminue les possibilités de contrôle pour les gens qui passent par Internet, ce qui, là aussi, les avantage. »
Une hot line à la traîne
Le point noir n'est toutefois pas situé côté Web, mais côté e-mails. Les déclarations préremplies envoyées aux usagers par courrier indiquaient en effet l'adresse e-mail de leur direction des impôts de tutelle, censée répondre en deux jours.
Une mention bien encombrante. « Le courrier électronique, on y va en marchant, poursuit René Dassonville. Les e-mails arrivent directement sur le poste du chef de service, qui les répartit comme il peut. Difficile de garantir une réponse en 48 heures. De plus, s'il s'agit d'un e-mail portant sur un cas particulier nécessitant de regarder le dossier, nous ne pouvons pas répondre par e-mail puisqu'il est impossible de savoir qui est derrière cet e-mail. »
A la DGI, on se dit pourtant satisfait des délais de réponse, mais sans pouvoir donner de détails. Pour les impôts interactifs, mieux vaut donc attendre 2004.
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