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[ ENQUÊTE ]
Répondre aux e-mails, c'est bien ; bien y répondre, c'est mieux
Pour gagner en productivité, les entreprises ont homogénéisé le style rédactionnel de leurs correspondances sur internet. Une étude montre que, en retour, la qualité en a pâti.

Hubert d'Erceville , 01 Informatique (n° 1715), le 17/03/2003 à 10h00

Pour Alapage, La Mondiale, Amazon et EDF, c'est un sans faute. Leurs services ont parfaitement répondu aux cinq e-mails tests envoyés en fin 2002 par Cocedal Conseil pour mesurer leur capacité à répondre aux internautes. Mais, maintenant que de gros progrès quantitatifs sont à noter pour l'ensemble des cent quatre-vingt-dix entreprises du panel, c'est sur la qualité des réponses que se concentrent les problèmes de la gestion des e-mails entrants dans les entreprises.

Une activité qui concerne autant la direction des systèmes d'information que le marketing, les ventes ou les services client et après-vente. Jusqu'à présent les entreprises étaient paralysées par le volume des e-mails reçus et à traiter. Elles se sont organisées et ont repris les choses en main. Elles réagissent mieux.

« Depuis trois ans, le taux de réponse plafonnait à près de 50 %. En fin 2002, il est subitement grimpé à 67 % » , comptabilise Carole Sasson, directrice de Cocedal Conseil. Explication : « L'an dernier, les DSI mettaient en place des outils de gestion des e-mails, mais le taux de réponses ne changeait pas. Il a fallu une année de rodage avant qu'apparaisse dans notre étude une évolution significative. »

Les chartes conduisent à un manque de pertinence

Ainsi, 25 % des réponses sont parvenues dans la demi-journée, et 45 % sous vingt-quatre heures. Au fil du temps, les entreprises ont mieux maîtrisé leurs circuits en structurant leurs accès. « Plus de 83 % des boîtes aux lettres sont accessibles dès la page d'accueil, contre 62 % en 2000, observe Carole Sasson. Les autres - surtout des professionnels de la fourniture d'accès à internet (FAI) ou des sites culturels - cachent volontairement leurs adresses afin de limiter les débordements. »

Autre évolution : la plupart des demandes sur formulaire génèrent l'envoi systématique d'un accusé de réception. Il y en avait 15 % en 2000 et 20 % en 2001, contre 37 % en 2002. Mais cela s'est opéré au détriment de la qualité du contenu.

Pour gagner en productivité, le style rédactionnel a été homogénéisé au sein de 64 % des entreprises de l'échantillon, contre 34% l'an dernier. « On voit apparaître une professionnalisation de la réponse et l'instauration de chartes. Mais cela aboutit à une dépersonnalisation du message » , contrebalance Carole Sasson.

D'où une certaine perte d'identité et un manque de personnalité dans les messages, que trahissent des réponses types. Pour les informations commerciales ou celles concernant les modes de paiement, ce n'est pas très gênant. Mais pour des réclamations spécifiques, l'internaute sera déçu de recevoir des réponses peu pertinentes.

En effet, cela se traduit d'abord dans la forme des messages - la question n'est pratiquement plus reformulée, dénotant une moindre écoute. Et ensuite dans le contenu - certaines réponses apparaissent presque bâclées. Maîtriser les volumes, c'est bien. Mais pour toutes ces entreprises, il convient maintenant de progresser dans la qualité du contenu des réponses en instaurant des procédures de gestion et de suivi. Désormais, se contenter de répondre ne suffit plus. Ce qu'il faut donner, c'est la bonne réponse.

La qualité des réponses laisse à désirer

Sur les cinq questions posées par e-mail aux cent quatre-vingt dix entreprises, le taux de réponse total progresse globalement de 50 à 67 % de 2001 à 2002. Mais ce mieux laisse apparaître des failles sur la qualité des messages. Selon le thème, les réponses sont plus souvent que dans le passé partielles ou incomplètes, voire non pertinentes. Ce phénomène est particulièrement sensible pour les réclamations, pour lesquelles une réponse sur trois s'est avérée trop hâtive ou incomplète...

En 2001, le taux de réponse total était de 72 %, et la proportion de réponses satisfaisantes atteignait 69 %. Soit mieux qu'en 2002. Enfin, 19 % des e-mails ne reformulent pas la demande, contre 59 % en 2001.



Les vingt sites les plus rapides à répondre aux cinq questions tests
Leaders en 2001, la vente à distance et le service public ont stagné en 2002. Du coup, ces deux secteurs descendent dans le classement de Cocedal Conseil. Ces sites ont, en fait, été dépassés par leur succès. En fin 2002, ils ont répondu aussi bien qu'en 2001. Mais bien moins que les autres secteurs qui, eux, progressent. La note globale moyenne augmente significativement - de l'ordre de 30 %. Et certaines enseignes comme La Mondiale, Danone, IBM, AOL, Servicepublic.fr sont constants. D'autres sites progressent ou régressent, souvent en raison d'une évolution de l'encadrement, des moyens ou des équipes en place. A noter, enfin, que seules 4 % des entreprises de l'échantillon n'ont pas répondu, contre 10 % en 2001.

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