S'abonner :  Newsletters    Magazines
[ TESTÉ EN ENTREPRISE ]
Un mainframe sous Linux requiert une solide expérience des grands systèmes
Héberger Linux sur un mainframe ne dispense pas de la plus grande vigilance dans l'utilisation des ressources de la machine.

Jean-Marie Portal , 01 Informatique (n° 1710), le 07/02/2003 à 00h00

Si l'idée d'héberger Linux sur un mainframe ne fait désormais plus sourire personne, les exemples concrets de mise en oeuvre restent encore rares. Plus rares encore sont les entreprises ayant décidé d'acquérir l'un de ces gros serveurs propriétaires dans l'unique but d'exploiter le système d'exploitation libre et sa panoplie de logiciels open source, ou autres. « Des cas tels que celui de l'hébergeur Aleos sont encore rarissimes, souligne ainsi Georges Horoks, président d'Overlap, principal intégrateur en France de solutions Linux sur mainframe IBM. Car, d'un point de vue économique, il n'est généralement pas intéressant, pour une entreprise, d'envisager une telle architecture si elle ne dispose pas déjà, chez elle, d'un mainframe. » L'intégrateur sait de quoi il parle. C'est justement lui qui a accompagné Aleos dans sa démarche. Le début de l'aventure remonte à novembre 2000, date de la création d'Aleos. A l'époque, l'entreprise s'est lancée dans une étude du marché de l'hébergement. « Le problème des serveurs Unix tels que ceux de la gamme pSeries d'IBM, c'est qu'ils ne peuvent gérer plus de seize partitions ­ et donc un aussi faible nombre de Linux » , souligne Mathieu Chambon-Cartier, le président d'Aleos. Une limite imposée par l'actuelle technologie de partitionnement logique des machines.

Deux processeurs pour tirer parti du multitâche de VM

Alors que « la plus-value d'un mainframe sous Linux est liée à la présence de la couche logicielle VM (Virtual Machine), explique Georges Horoks. Cette dernière permet d'administrer jusqu'à plusieurs milliers de serveurs virtuels sur une seule machine. » Le coût de sa licence se rajoute néanmoins à la facture. « La gratuité est un modèle qui n'a pas de réalité », considère cependant le président d'Overlap.

Pendant six mois, Aleos a donc testé un mainframe tournant sous la distribution SuSE de Linux, dans les usines d'IBM à Montpellier. Celui-ci devait simuler l'hébergement de mille serveurs. Expérience concluante ! En septembre 2001, l'hébergeur se décidait finalement à passer commande de son propre mainframe, un G5 modèle 9672, pour une mise en production trois mois plus tard. Pourquoi un G5 plutôt qu'une machine de dernière génération ? « L'un des apports technologiques des zSeries est de fonctionner en mode 64 bits, répond Mathieu Chambon-Cartier. Or, actuellement, je ne vois pas l'intérêt de faire tourner un Linux en 64 bits, sachant qu'un zSeries coûte presque deux fois plus cher qu'un G5. » Le G5 utilisé est scindé en deux partitions. L'une héberge un environnement de test et d'évaluation, tandis que l'autre sert pour la production. Au début de son activité, l'hébergeur avait opté pour une configuration monoprocesseur. « Depuis, nous avons augmenté la puissance de la machine, raconte Mathieu Chambon-Cartier. Il faut au minimum deux processeurs pour pouvoir tirer parti des capacités multitâches de VM et du cache partagé de niveau 2. Par ailleurs, certains de nos clients nous avaient réclamé ce type d'architecture afin que nous nous rapprochions de la leur, souvent à deux ou quatre moteurs. L'ajout d'un processeur a multiplié par deux les performances de notre machine. »

Les clients de l'hébergeur sont des PME et des grands comptes. Ils viennent généralement soit évaluer l'intérêt économique de la mise en oeuvre sur un mainframe d'un environnement à plusieurs niveaux ­ composé, par exemple, du serveur d'applications Web-sphere pour Linux et d'une base de données DB2 pour MVS ­, soit développer ou faire migrer des applications d'infrastructure (services web, de messagerie...). « Il est plus intéressant pour nous d'héberger des applications hétérogènes, souligne le dirigeant d'Aleos. Cela facilite le lissage de l'utilisation des ressources du système. Les applications de middleware sont typiquement les plus gourmandes. Elles ne sont généralement pas optimisées. Websphere, par exemple, consomme 5 Mips par transaction. » Ce qui ne signifie pas pour autant que les applications Java soient forcément plus économes. Tout dépend, en fait, de la façon dont elles ont été développées.

Attention à la consommation des ressources CPU

Le recours à un mainframe ne se justifie qu'à partir du moment où ses capacités de traitement des entrées-sorties sont pleinement exploitées, et les ressources de ses processeurs préservées. « L'emploi abusif d'applets Java sur un site dynamique engendre une consommation excessive des ressources CPU, explique ainsi Mathieu Chambon-Cartier. Pour gérer le contenu d'un site, mieux vaut privilégier les accès aux bases de données. Cela permet de maîtriser la montée en charge des processeurs. Car si celle-ci augmente de trop, les coûts engendrés ne justifient alors plus l'utilisation d'un mainframe. » Et c'est justement pour aider ses clients à homogénéiser les performances de leurs applications, que la société a récemment ajouté à son catalogue une offre d'industrialisation des développements. Convaincu de la pérennité du mainframe sous Linux, Aleos n'hésite pas, par ailleurs, à se lancer dans de nouveaux projets. Il a ainsi été labellisé par l'Anvar pour son outil d'administration de salle blanche virtuelle (présenté la première semaine de février sur le salon Linux Expo). La particularité de celui-ci : il n'impose pas aux administrateurs de connaître VM. Car bien que revenant sur le devant de la scène, le mainframe pèche par manque de compétences humaines. « Nous avons dû former nous-mêmes notre personnel » , reconnaît Mathieu Chambon-Cartier.

« Il faut savoir maîtriser la montée en charge des processeurs »

Mathieu Chambon-Cartier , président d'Aleos

Aleos

Activité : hébergement d'applications pour Linux sur mainframe.

Siège : Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).

Effectif : 17 personnes.

Chiffre d'affaires 2003 : 1,2 million d'euros (prévisions).

Technologies utilisées : mainframe IBM G5 bimoteur modèle 9672, VM 4.30, noyau Linux SuSE 2.4.17.



Service Kiosque :
Téléchargez ce magazine sur votre PC/Mac à volonté et en moins de 2 mins !

publicité
> Jeu en ligne :
Unibet Poker
Les plus grandes "poker room" mondiales...

classement FAI
Retrouvez chaque semaine le classement des fournisseurs d'accès avec ip-label 1 Bouygues Telecom 2 Free 3 Orange > Plus de détails
offres d'emploi
Mobilité
BlackBerry Bold 9000. Compatible Edge et 3,5G. Comparez les prix !

Service 01net
Newsletters 01net
abonnez vous gratuitement !
  
01Informatique
01 INFORMATIQUE
L'hebdo de référence des décideurs informatiques.
Micro Hebdo
MICRO HEBDO
L'hebdo qui vous simplifie la micro
et Internet.
L'Ordinateur Individuel
L'ORDINATEUR INDIVIDUEL
Le mensuel informatique qui vous informe et vous conseille.
Tous droits réservés © 1999 - 2009 Internext - 01net.