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[ ECONOMIE ]
Matignon veut donner un coup de pouce aux créateurs de jeux vidéo
Face à la multiplication des faillites de studios, le gouvernement tente de rassurer les banques et réfléchit à plusieurs dispositifs de soutien.

Ludovic Nachury , 01net., le 12/02/2003 à 19h24

D'un côté, des ventes qui explosent. De l'autre, des studios qui ferment les uns après les autres. En pleine période d'abondance, le monde des créateurs de jeux vidéos vit une période difficile et tente d'obtenir le soutien du gouvernement.

Déjà, en novembre, Jean-Pierre Raffarin avait reçu les éditeurs, représentés par le Sell (Syndicat des éditeurs de logiciels de loisir), et les créateurs, représentés par l'Apom (Association des producteurs d'oeuvres multimédias). A titre provisoire, le Premier ministre avait alors proposé un premier train d'aides financières (avance sur recettes, garantie des prêts, ...).

Une politique confirmée la semaine dernière, à l'occasion du festival Imagina, par Laurent Sorbier, le conseiller technique chargé de la société de l'information à Matignon. « Le gouvernement s'est rendu compte que le signal donné aux banques n'était pas suffisant », juge Romain Poirot-Lellig, un des responsables de l'Apom. La garantie des prêts Sofaris pourrait ainsi être relevée de 50 % à 75 % des emprunts. Un détail très technique, mais capable de redonner confiance à des prêteurs échaudés par les faillites du secteur.

Prélever 10 % de la « taxe » sur les CD-R ?

De même, pour financer la production des jeux, la création de compte de soutien serait envisagée. Un système qui existe déjà pour le cinéma, avec une taxe sur les cassettes enregistrées. Et qui pourrait donc prendre la forme d'une taxe sur les jeux vidéo. Pour compenser cette hausse, certains acteurs espèrent que le gouvernement trouvera un moyen de diminuer la marge encaissée sur les jeux des FNAC, Carrefour et autres revendeurs. Une belle empoignade en perspective, qui en annonce une autre, sur la copie privée.

Pour Matignon, les jeux vidéo reposent sur le droit des logiciels et pas celui des droits d'auteurs, dont dépendent les recettes liées à la copie privée. « Nous autres développeurs avons une autre opinion, réplique Romain Poirot-Lellig, il y a quand même une différence entre un jeu vidéo et un tableur. Puisque le tiers du piratage porte sur nos créations, il ne serait pas illogique que nous touchions 10 % de la copie privée. »

Quant aux éditeurs regroupés au sein du Sell, ils hésitent encore entre le statu quo et l'évolution. Ils ont au moins jusqu'à début avril pour prendre position, date de la prochaine réunion avec le Premier ministre.


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