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5 solutions de réseau sans fil 802.11a Des débits réels trois fois inférieurs à 54 Mbit/s Nicolas Belot

[ BANC D'ESSAI ]
5 solutions de réseau sans fil 802.11a Des débits réels trois fois inférieurs à 54 Mbit/s
Pour sa première concrétisation, le 802.11a offre des débits seulement trois fois supérieurs à ceux du 802.11b. Défaut intrinsèque ou manque de maturité, il faudra attendre les produits de deuxième génération pour savoir si cette technologie arrivera à monter en puissance.

Nicolas Belot , 01 Réseaux, le 28/01/2003 à 07h00

Disponibles depuis peu outre-Atlantique, les équipements de réseaux sans fil au standard 802.11a débarquent sur le Vieux Continent. Toutefois, l'offre y sera un peu moins étoffée, puisque des acteurs comme Symbol ou D-Link ne commercialisent pas leurs produits en Europe actuellement.

Des résultats en éloignement, satisfaisants

Cinq solutions figurent tout de même dans ce banc d'essai. Il s'agit de celles de Cisco, d'Intel, de Linksys, de Proxim et de SMC, qui disposent des mécanismes DFS (Dynamic frequency selection) et TPC (Transmit power control) , indispensables à une commercialisation sur notre continent. Le standard 802.11a offre des débits de 54 Mbit/s, contre 11 Mbit/s pour son prédécesseur 802.11b. Pour cela, il a fallu délaisser la bande des 2,4 GHz pour celle des 5 GHz, et recourir à une nouvelle modulation de fréquence, l'OFDM (Orthogonal frequency division multiplexing).

Hélas, nos tests de performances n'ont pas permis d'illustrer ces débits théoriques, loin de là. Dans le meilleur des cas, nous avons obtenu un débit utile maximal de 17,91 Mbit/s (avec Cisco). Alors que avec les produits 802.11b récents, les débits utiles ne sont que de moitié inférieurs au débit théorique de 11 Mbit/s ; en 802.11a, ils n'atteignent que le tiers des performances théoriques nominales.

Ainsi, le 802.11a annoncé comme étant cinq fois plus rapide que le 802.11b ne se montre en pratique que trois fois plus performant. Mais ce ratio n'est l'apanage que de Cisco et de SMC. Chez Linksys, le débit maximal n'atteint que 14,68 Mbit/s, alors que, pour Proxim, il dépasse péniblement la barre des 14 Mbit/s.

Quant au produit d'Intel, il se montre très décevant, puisque incapable d'atteindre les 10 Mbit/s. Contacté à ce sujet, Intel argue d'un problème de microcode à mettre à jour et d'un produit positionné sur le marché Soho-PME, ne disposant pas d'antenne externe. Nous n'avons pu, malheureusement, vérifier ces dires.

Annoncée pour offrir des #portées plus réduites que le 802.11b, la technologie 802.11a s'est montrée, pour une première implémentation, assez satisfaisante lors du test d'éloignement. À 20 m, le débit ne chute que de 14 %, passant de 17,68 Mbit/s (débit maximal obtenu à 10 m) à 15,17 Mbit/s, avec la solution SMC. À cette distance, le produit Cisco offre un débit de 14,65 Mbit/s, soit une baisse de 18 % par rapport au débit maximal obtenu.

Arrivent ensuite Linksys, Proxim et Intel avec respectivement 10,20 (­30 %), 9,32 (­33 %) et 7,24 Mbit/s (­ 27 %). À titre de comparaison, l'écart moyen équivalent n'est que de 5 % en 802.11b.

Un déploiement facile

Fonctionnant dans une plage de fréquence plus haute, le 802.11a est théoriquement plus sensible à la matière et, par conséquent, aux obstacles. Si, lors de nos tests à 15 m de distance avec obstacle, les performances se dégradent nettement, elles restent toutefois très acceptables, du moins pour Cisco et SMC. Ces deux acteurs sont les seuls à maintenir des débits supérieurs à 10 Mbit/s.

La solution de Proxim ne permet pas d'atteindre plus de 7 Mbit/s, celle de Linksys et d'Intel piétinant autour de 5 Mbit/s. Compris entre 4,77 Mbit/s (Intel) et 11,15 Mbit/s (SMC), les débits sont de 11,3 et 4,8 fois inférieurs au débit théorique de 54 Mbit/s. Ajoutons que le produit Intel est, ici, moins bon que la meilleure solution 802.11b testée à titre comparatif (l'Aironet 350, de Cisco).

Outre les performances, les cinq produits ont été évalués selon les critères de déploiement, d'administration, de sécurité et d'interopérabilité. D'une manière générale, tous sont simples à déployer et à configurer. Certains constructeurs, tels SMC et Linksys, proposent un assistant de détection et de configuration initiale du point d'accès. Celui de SMC est d'excellente facture et donne la possibilité de paramétrer très vite le point d'accès pour une utilisation rapide (choix du SSID et du mode Wi-Fi entre le 54Mbit/s standard ou le Turbo 72 Mbit/s propriétaire, renseignement des paramètres d'authentification).

En revanche, le module de détection automatique fourni par Linksys s'est montré capricieux. Il n'a pas réussi à détecter le point d'accès depuis le serveur Windows 2000 utilisé pour les tests, mais il a fonctionné parfaitement depuis un poste Wi-Fi. Pour le reste, cet assistant se montre assez simple et efficace. Les trois autres produits sont clients DHCP dans leur configuration d'usine, et en absence de serveur DHCP, ils s'attribuent une adresse IP fixe. Passé la configuration initiale, tous les produits se paramètrent via une interface web.

Des points d'accès bimodes

Seuls les points d'accès de Cisco, de Linksys et d'Intel sont bimodes (802.11a et 802.11b). Les boîtiers intègrent deux cartes séparées capables de fonctionner simultanément ; ce qui offre plusieurs avantages, dont la migration douce et la pérennisation de l'existant. À condition que le poste client dispose de cartes 802.11a et 802.11b, ces points d'accès permettent d'offrir des débits importants, nécessaires à certaines applications ou aux environnements à forte densité d'utilisateurs tout en répondant à des besoins de mobilité avec la meilleure portée du 802.11b.

Tous les points d'accès disposent, bien sûr, d'un port Ethernet 10-100 Mbit/s destiné à être relié au réseau de l'entreprise. Seuls ceux de Cisco, de Proxim et d'Intel sont susceptibles d'être alimentés électriquement via le câble réseau, ce qui autorise la réduction du câblage et la possibilité de placer le point d'accès sans se soucier de la proximité d'une prise électrique.

Autre point pris en considération dans l'évaluation du critère déploiement : la faculté des produits à recevoir d'autres antennes que celles qui sont fournies. Seul Linksys offre la possibilité d'installer des antennes d'une autre marque sur son point d'accès (ce que nous n'avons pas réussi à faire, faute d'un démontage aisé de l'antenne existante).

En revanche, Cisco et Intel proposent d'autres jeux d'antennes pour le 802.11b, et des possibilités de réglage en 802.11a (antennes circulaire et semi-circulaire) afin de mieux maîtriser le rayonnement des points d'accès. Concernant l'administration, seul Cisco prévoit d'autres interfaces que celle accessible via un navigateur web, tels un mode Telnet et un port console. Si tous les produits permettent de définir un mot de passe administrateur, aucun n'est en mesure d'établir une connexion sécurisée en SSL à l'interface web.

Les fonctions de supervision sont en général assez limitées. Les produits de Proxim et de Linksys ne sont pas en mesure d'identifier les clients Wi-Fi connectés. Seul Cisco propose une identification via les adresses IP et/ou MAC, SMC et Intel se limitant uniquement à l'adresse MAC. Pour le reste, seules les diodes présentes, non retranscrites au sein de l'interface graphique, permettent d'avoir une vague idée de l'état du trafic Ethernet et 802.11a (les points d'accès bimodes Cisco, Intel et Linksys disposent aussi d'une diode pour le 802.11b).

Quant aux statistiques de trafic, seuls Intel et Cisco fournissent des données au niveau global à la fois pour le trafic Ethernet et le trafic 802.11, mais ils donnent aussi des statistiques par client Wi-Fi. Petit plus pour Intel, il est possible de bloquer l'accès au réseau à un client particulier à partir du mode statistique. Pour le moment, le point d'accès Linksys ne propose aucune statistique, mais il a été testé en version précommerciale, et on nous a assuré que cette lacune serait corrigée dans la version définitive.

En revanche, chez SMC et Proxim, le produit est bel et bien finalisé, et le premier n'offre pas de statistiques globales sur le trafic Ethernet, alors que le second fait l'impasse sur les statistiques par client Wi-Fi.

Peu de nouveautés en sécurité

En sécurité, les seules nouveautés constatées par rapport aux produits 802.11b sont relatives au support du protocole d'authentification par port 802.1x (seuls SMC et Linksys ne le proposent toujours pas) et au support du WEP 152 bits (non offert par Intel et Cisco).

Le produit de SMC permet de surcroît d'utiliser des clés WEP individualisées par client, en association avec une authentification par adresses MAC (jusqu'à 60 clients). Les critères de filtrage restent limités aux seules adresses MAC, à l'exception notable de Cisco, qui fournit des possibilités de filtrage importantes.

Nous avons conclu l'évaluation des produits par des tests d'interopérabilité, qui se sont tous avérés concluants. Les erreurs du passé sur le 802.11b ne se sont donc pas reproduites sur le 802.11a, qui bénéficie, dès sa sortie, d'un label d'interopérabilité établi par le consortium Wi-Fi Alliance.

Pour sa première concrétisation, le 802.11a se montre assez satisfaisant bien que les débits soient loin de ceux qui ont été annoncés. Mais, comme il en a été pour le 802.11b, ses performances devraient s'améliorer avec le temps et avec l'arrivée de nouveaux composants.

Cisco

Aironet 1200

Complet en administration et en sécurité, il s'agit d'un produit de bonne facture, qui offre de nombreux avantages pour un déploiement facile. Seul son prix déçoit.


Intel

Intel Pro/Wireless 5000 Lan Dual Access Point

Bien que positionné Soho-PME, ce modèle bimode répond aux besoins de plus grandes structures. Hélas, ses performances sont loin d'être à la hauteur.


Linksys

Dual-Band Wireless Access Point

Cette solution bimode, testée en version non finalisée, s'est montrée peu convaincante. En matière d'administration et de sécurité, elle évolue loin de ses concurrents.


Proxim

Harmony 802.11a Access Point

Les notes de ce produit pâtissent du fait que Proxim a choisi de laisser à la charge de l'Harmony AP Controller (vendu séparément) la gestion de la sécurité et de l'administration.


SMC

EZ Connect 802.11a Wireless Access Point

La solution de SMC affiche d'excellentes performances. Mais, ses faibles notes aux autres critères ne lui permettent pas de briguer une meilleure place que la troisième.


Si vous êtes pressé...

Cinq critères ont été retenus pour tester les cinq points d'accès 802.11a de ce banc d'essai : performances, sécurité, interopérabilité, administration et déploiement.

Les performances ont été le critère prépondérant dans les résultats finaux. Avec un débit utile maximal d'environ 18 Mbit/s, Cisco arrive en tête devant SMC ; Linksys, Proxim et Intel étant loin derrière.

Le débit réel constaté n'atteint, dans le meilleur des cas (avec Cisco), que le tiers des performances théoriques annoncées, qui sont à 54 Mbit/s. Il n'en reste pas moins que, pour une première implémentation, le 802.11a se montre relativement satisfaisant.

Les cinq solutions testées sont, de manière générale, simples à déployer et à configurer, et affichent quelques nouveautés en sécurité par rapport au 802.11b



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