D'après Gartner, le marché des équipements pour réseaux locaux sans fil devrait passer de 1,7 milliard de dollars en 2001 à 3,9 milliards en 2007. L'an dernier, les ventes d'équipement de réseaux locaux sans fil ont déjà progressé de 248 %, et les dépenses des entreprises dans ce secteur ont augmenté de 58 %. La différence entre les deux chiffres s'explique par une forte baisse du prix des équipements - un signe de maturation du marché. Les technologies de réseaux locaux sans fil sortent donc des applications de niche. Et, parallèlement, le paysage des fournisseurs est en train de se réorganiser.
Cisco a affirmé ses ambitions dans le secteur dès la fin de 1999 en rachetant Aironet Wireless Communications pour environ 800 millions de dollars, puis, un an plus tard, Radiata, fabricant de composants 802.11a, pour un peu moins de 300 millions de dollars. En 2001, le leader des réseaux est devenu le numéro un des réseaux sans fil, passant devant le spécialiste Symbol. Ce dernier devra désormais se battre pour la deuxième place avec Proxim, qui vient de racheter la gamme de produits de réseaux locaux sans fil d'Agere (ex-Lucent) : Orinoco. Le rachat a été validé en août dernier pour 65 millions de dollars en liquide. Il se traduit par la signature d'un accord de partage d'information par licences croisées, tandis qu'Agere fournira des composants à Proxim pendant trois ans. Ce dernier n'en est pas à sa première acquisition : en août 2001, il a racheté Card Access, spécialiste du 802.11a, pour 4 millions de dollars par échange d'actions. Et, en mars 2002, il a fusionné avec Western Multiplex, constructeur spécialisé dans les produits pour liaisons sans fil interbâtiments et dans les équipements sans fil pour opérateurs.
Le choix du 802.11b l'emporte
Breezecom, autre spécialiste du sans-fil, a fusionné l'an dernier avec Floware Wireless Systems pour donner naissance à Alvarion. La nouvelle entité se concentre surtout sur la boucle locale et les utilisations en extérieur.
" Auparavant, nous étions surtout axés sur le réseau local et les accès internet. Aujourd'hui, 90% de notre activité concernent les communications extérieures, y compris la boucle locale radio, et 10 % le réseau local
, affirme Gary Goldenberg, directeur général France d'Alvarion.
La raison ? Le marché s'est démocratisé. Nous sommes une société de recherche et développement, et il n'y a plus vraiment de valeur ajoutée à fournir dans le réseau local. "
La jeune société canadienne Colubris a lancé ses produits au printemps 2001 en se focalisant sur le haut de gamme avec sécurité intégrée : ses points d'accès embarquent serveur VPN, fonctions de chiffrement, authentification Radius, pare-feu et routage. Elle vient de signer un accord OEM avec Alcatel. Enfin, à l'exemple de ce dernier, des équipementiers télécoms s'engagent également dans le Wi-Fi, comme Siemens ou Nokia. Seul Ericsson a annoncé qu'il fabriquerait des équipements Hiperlan 2.
Étude : la sécurité reste un problème majeur
Au printemps dernier, une enquête réalisée auprès de plus de trois cents entreprises par Core Competence pour le compte d'INT Media Research montrait que la moitié des entreprises interrogées avaient rencontré un problème de sécurité avec leur réseau Wi-Fi au cours des douze derniers mois.
" 71% des entreprises ayant connu un incident n'ont pas renforcé la sécurité de leur réseau après le problème "
, précise Lisa Phifer, auteur de l'étude. Sécuriser un réseau sans fil est une affaire complexe. Les limites du mécanisme WEP (Wired Equivalent Privacy) de la norme 802.11 ont été prouvées. WEP2 devrait apporter quelques améliorations, mais on attend bien davantage du futur standard 802.11i, qui reprendra 802.1x et incorporera un chiffrement plus puissant. Mais rien ne se concrétisera dans les prochains mois. En attendant, les fournisseurs qui se sont spécialisés dans la sécurité du sans-fil sans attendre ces futurs standards ont le vent en poupe : la jeune société suédoise Columbitech, qui propose une suite logicielle pour sécuriser les réseaux sans fil, vient de lever 2,7 millions de dollars, portant ainsi son financement total à 6,5 millions. De son côté, la start up Fortress Technologies, basée en Floride, qui fournit un boîtier de sécurité pour réseaux sans fil, vient de recevoir 13 millions de dollars de la part d'investisseurs privés parmi lesquels la société Liberty Partners.
Gemma Paulo, analyste chez In-Stat/MDR : " Les déploiements portent encore sur des applications verticales "
" Les mises en oeuvre de réseau local sans fil restent, pour la plupart, focalisées sur les domaines verticaux : un tiers d'entre elles concernent le secteur de l'éducation, de 15 à 20 % celui de la santé, et environ 15 % la distribution, avec l'équipement de magasins. Or, avec l'arrivée de produits bon marché, les déploiements liés à des applications horizontales sont de plus en plus nombreux. Il s'agit, notamment, de desservir des bureaux, un département dans une grande entreprise ou une agence. Cependant, pour ce type de mise en oeuvre, la sécurité représente encore un frein. Le sujet est moins problématique dans le cadre de mises en oeuvre verticales, puisque l'utilisation du réseau sans fil est souvent cantonnée à des fonctions bien précises, avec un faible nombre de personnes connectées. "
Le 802.11b représente la majorité des ventes. Sur la même période (premier semestre 2002), il s'est vendu 220 000 matériels 802.11a, d'après In-Stat/MDR.