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Le concept d'entreposage de tous les indicateurs stratégiques de l'entreprise dans un unique réservoir de stockage est né au milieu des années quatre-vingt-dix. Plus de sept ans après, en 2002, les grands préceptes de cette philosophie - le datawarehousing - n'ont pas pris une ride. La quête du Graal suit toujours le même idéal : édifier un entrepôt centralisé a priori de grande taille pour disposer à chaque instant de toutes les informations de détail permettant de mesurer la performance d'une entreprise, grâce à une vision unique et globale. Avec l'avènement des nouveaux modèles tactiques fondés sur la volonté de valoriser la relation client, le datawarehouse centralisé et de gros volume est tout désigné pour fournir une vue à 360 degrés des clients. Pour exemple, l'entrepôt du groupe Casino, bâti sur Teradata, est passé de 80 Go en 1994 à 10 To en 2002. Et il fournit désormais une vision globale et analytique du groupe - relations fournisseurs, achats, ventes, volumes, tris, prix, stocks, etc. - pour tous ses hypermarchés, supermarchés et commerces de proximité.
Des volumes compris en majorité entre 20 et 100 Go
Pourtant, " en France, les gros entrepôts au-dessus du téraoctet ne sont pas légion, indique David Lau Lam, directeur technique de Business & Décision, SSII spécialisée dans le décisionnel. La majorité des datawarehouses présente un volume compris entre 20 Go et 100 Go. " Ces mastodontes sont, pour l'heure, réservés à " des entreprises dont le métier implique un très gros trafic d'opérations élémentaires sur un marché de masse " , explique Jean-Marie Gouarné, directeur technique de la SSII Genicorp. Les télécoms - France Télécom, Bouygues Télécom, etc. -, la banque de détail - Société Générale, etc. -, la grande distribution - Carrefour, Casino, entre autres -, ou encore le secteur public - Cnam, Cnaf, etc. - comptent donc logiquement parmi les premiers utilisateurs de ces gisements de données colossaux. Mais comment, malgré tout, expliquer leur rareté ? Là, les avis divergent. Pour Jean-Marie Gouarné, " il s'agit d'une raison moins technique que politique : les grands comptes français ne sont pas organisés pour gérer ce type de projets transversaux. Leur culture s'appuie sur la relation maître d'oeuvre-maître d'ouvrage, avec un budget alloué pour un objectif au périmètre bien délimité. " Sur ce point, David Lau Lam estime au contraire que " les entreprises françaises commencent sérieusement à aborder la question d'une vision transversale au travers d'une politique de centralisation. A commencer par celle des achats " . Pour lui, la technologie est une cause importante du retard dans le délai d'adoption de ces gros magasins de données : " Le web a largement favorisé le principe de concentration des informations décisionnelles en un lieu unique. " Et de rappeler que, en 1995 ou 1996, le client-serveur obligeait à restreindre l'accès à l'entrepôt à un faible nombre d'utilisateurs du fait du coût élevé de maintenance des postes clients. Aujourd'hui, dotés d'outils de restitution " webisés " , les usagers sont beaucoup plus nombreux. Et ils peuvent accéder au datawarehouse depuis l'extérieur - filiale, extranet client, etc. Autre élément technique déclencheur : le rapport puissance/prix des machines. Un coût de stockage désormais abordable, allié à des serveurs multiprocesseurs de plus en plus puissants, le tout couplé aux capacités de gestion du parallélisme des dernières bases de données. David Lau Lam affirme alors que " construire un datawarehouse de plusieurs téraoctets ne pose, à présent, plus aucun problème technique majeur " .Entre quinze et vingt datamarts dans une même entreprise
Or, plutôt que de débuter par la mise en place de datawarehouses centraux, on a souvent préféré une démarche incrémentale, ponctuée par l'implantation de datamarts (base répondant aux besoins d'un département). Gartner estime entre quinze et vingt le nombre moyen de datamarts disséminés dans une même entreprise. Dans une étude signée Lou Agosta de juillet 2002, le Giga estime que la majorité de ces datamarts constitue des îlots d'information - marketing, ventes, achats, etc. - physiquement dispersés et souffrant d'un manque de design cohérent d'entités telles que les clients, les produits, etc. Dans ce cas, le Giga - comme Gartner - recommande fortement de les consolider au sein d'un entrepôt centralisé. Une opération synonyme de bénéfices multiples (voir infographie ci-dessus) : réduction des coûts de licences, de maintenance et d'administration des bases de données, élimination des données redondantes, harmonisation des processus d'extraction, etc. 1990-2000, 2000-2010... D'une décennie à l'autre, du datamart au datawarehouse...
1 Numericable 30 Mbps
2 Darty câble 30 Mbps
3 Orange
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