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Le Nouvel Hebdo : Parmi la famille des valeurs TMT, quelle est votre sélection ?
Gérard-Augustin Normand : Je suis prudent sur cette sphère en raison du manque de transparence des comptes et de l'impossibilité, par définition, de construire une analyse sur le PER [rapport cours sur bénéfice, ndlr]. En revanche, je recommence à m'intéresser - sans pour le moment me porter acheteur - au secteur des SSII sanctionné par le marché. Nous suivons Altran, Atos Origin et Cap Gemini. Mais je n'oublie pas que des dirigeants ont leur responsabilité dans l'effondrement des cours. Transiciel reste cher et nous restons sceptiques sur la qualité du management.
À propos du gouvernement d'entreprise, que pensez-vous du rapport Bouton ?
La transparence des comptes et le respect des actionnaires sont avant tout une question d'hommes. Ce n'est pas ce rapport qui changera quoi que ce soit. Pas plus que les deux anciens rapports Viennot ou la loi. C'est aux professionnels de la finance de faire le tri entre les managers qui jouent la transparence et les autres. Cela me paraît la méthode la plus simple. On en est loin. Il faut que les gestionnaires de fonds et les analystes se remettent au boulot à partir de critères précis : structure du bilan, perspectives de bénéfices, endettement, qualité du management. Autant de notions simples que l'on a trop souvent oubliées depuis la bulle internet de mars 2000.
Les agences de notation ne parasitent-elles pas le métier d'analyste financier et de gestionnaire de fonds ?
Pour tout dire, les agences de notation me font pitié. Aujourd'hui, elles brûlent ce qu'elles encensaient hier. Il me paraît lamentable de dégrader la note d'une entreprise qui était hier portée aux nues quand le cours de son action valait cent fois plus que son cours actuel ! Les agences de notation doivent anticiper plutôt que de justifier a posteriori des catastrophes.
Le Neuer Markt vient d'annoncer sa fermeture progressive. Faut-il faire un parallèle avec le Nouveau Marché français ?
Il faut bien reconnaître que le Nouveau Marché de la Bourse de Paris a été créé en raison d'opportunités contestables. L'establishment bancaire, qui s'est grassement rémunéré lors des nombreuses introductions de la fin des années 1990, a sa part de responsabilités. Résultat : tout le monde est lésé. Les actionnaires, qui ont vu leurs actifs fondre sans perspectives sérieuses de reprise. Mais aussi les entreprises, qui n'ont pas trouvé sur le Nouveau Marché l'outil de financement qu'elles espéraient y trouver. Beaucoup regrettent leur introduction telle qu'elle a été réalisée. Pour tout dire, le Nouveau Marché n'aurait jamais dû exister.
Euronext en créant deux segments, Next Economy et Prime Economy, entend pourtant redorer le blason du Nouveau Marché. Qu'en pensez-vous ?
Mais cela relève uniquement du gadget. Pour ma part, je suis partisan d'une seule cote, où toutes les entreprises répondront aux mêmes exigences de liquidité et de transparence. On n'a pas besoin d'un carcan réglementaire ou législatif pour organiser la cote. Si les analystes financiers reviennent à des critères simples et efficaces, le marché opérera de lui-même sa sélection.
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