S'abonner :  Newsletters    Magazines
Logiciel Matériel Télécoms Sécurité Médias Droit et conso Techno Société Vu sur le Web Chat Innovation
[ MÉDIA ]
Vivendi Universal : les trois chantiers à haut risque de J2M
Bien que confirmé à son poste ce matin, la question du maintien de Jean-Marie Messier (J2M) à la tête de Vivendi Universal est posée. Pour éviter d'être débarqué à son tour, il devra clarifier de toute urgence sa stratégie. Télécoms, médias, Internet : Le Nouvel Hebdo s'est penché sur trois chantiers minés.

Jean-Christophe Féraud , Le Nouvel Hebdo, le 24/04/2002 à 17h07

Le patron tout-puissant qui a limogé Pierre Lescure sera-t-il limogé à son tour ? A la veille de l'assemblée générale annuelle des actionnaires de Vivendi Universal, la question restait ouvertement posée.

Car en débarquant brutalement l'emblématique PDG de Canal+, Jean-Marie Messier est parvenu à cristalliser contre sa personne la fronde des salariés du groupe de télévision payante, la grogne des petits actionnaires dépités par la chute de l'action Vivendi Universal, et l'irritation des pouvoirs publics français pour qui " l'exception culturelle " n'est pas morte...

A l'heure où nous écrivions ces lignes, il semblait peu probable que la tête de J2M roule au soir de cette fameuse AG du 24 avril : le PDG de Vivendi Universal s'est assuré le soutien de plusieurs administrateurs de confiance (Serge Tchuruk, Bernard Arnault et Marc Viénot, notamment) pour préparer cette échéance à haut risque.

Depuis son plus bas historique - à 35 euros à la mi-avril -, l'action Vivendi Universal a depuis repris quelques couleurs. L'entrée à double-tranchant du raider Vincent Bolloré à hauteur de 0,5 % dans le capital du groupe y a contribué. Tout comme le soutien accordé à Jean-Marie Messier par le PDG de la Société générale, Daniel Bouton.

Mais J2M est encore bien loin de l'objectif d'un cours à 60 euros - en forme de planche de salut - qu'il s'est lui même fixé pour septembre. Pour y arriver, et espérer se maintenir à la tête de la " World Company " qu'il a créé, il devra cette fois abandonner les habits de lumière du virtuose des fusions-acquisitions pour endosser le costume moins confortable du PDG responsable qui, à défaut d'être " visionnaire ", définit une vraie stratégie industrielle et s'y tient.

Le Nouvel Hebdo a passé en revue les trois grands chantiers qui attendent Jean-Marie Messier... ou son successeur. En attendant un quatrième : l'intégration de USA Networks qui fera du numéro 2 mondial des médias, le seul groupe puissamment présent dans la télévision des deux côtés de l'Atlantique.

Télécommunications : conserver la " machine à cash "

" Lors de la fusion entre Vivendi et Universal, Jean-Marie Messier avait promis 600 millions d'euros de synergies. Seulement 10 % de cette somme concernait les synergies entre contenus et tuyaux. Rapporté à l'Ebitda du groupe, cela représente 0,6 %, autant dire rien ", commente un analyste. En clair : la convergence entre contenus et contenants n'était qu'un concept pratique agité par J2M pour vendre aux marchés son rêve américain. En aucun cas un axe de développement stratégique.

Les télécoms occupent d'ailleurs une place ambiguë au sein de Vivendi Universal. Côté pile, cette activité est encore cantonnée à l'Europe, voire à la France et n'entre pas dans la stratégie " mondiale " de Jean-Marie Messier. Côté face, elle a contribué à hauteur de 30,7 % en 2001 à l'Ebitda (excédent brut d'exploitation) de Vivendi Universal. C'est beaucoup plus que les studios Universal (13,2 %) ou la musique (17,6 %). De fait, les télécommunications et notamment l'opérateur mobile SFR sont aujourd'hui devenus la principale source de revenus du groupe de Jean-Marie Messier : près de 75 % du cash flow du groupe pour 2001 ont été générés par l'activité dirigée par Philippe Germond, PDG du Groupe Cegetel. Ce dernier peut se targuer de diriger le premier pôle de rentabilité du groupe, tout en ayant a gérer une dette minime : 1,77 milliard d'euros.

Du coup, si certains cadres de Cegetel considèrent qu'ils ne font " déjà plus partie de Vivendi ", il n'en est rien. Jean-Marie Messier aura, selon la plupart des analystes, encore longtemps besoin de ses activités télécoms. Pour cela, il devra mettre de l'argent sur la table dès septembre prochain. Le pacte d'actionnaires qui lie Vivendi (actionnaire à hauteur de 44 % dans Cegetel), British Telecom (26 %), SBC (15 %) et Vodafone (15 %) arrivera à terme. Ni British Telecom, ni SBC ne cachent leurs intentions de sortir. Des participations qui valent cher.

Au sein de Cegetel, on évalue le groupe à 20 milliards d'euros, " environ 15 milliards pour SFR soit 10 fois son Ebitda et 5 milliards pour les activités fixes de Cegetel " . En tenant compte d'une décote de 15 à 20 % due au côté minoritaire de la participation de British Telecom, Vivendi devrait trouver plus de 4 milliards d'euros pour racheter la part du britannique. Une opération incontournable pour Jean-Marie Messier qui se délestera peut-être d'autres actifs dans les télécommunications pour y parvenir. Si le Maroc et Monaco devraient rester dans le giron du groupe, il n'en est pas de même pour le Kenya qui pourrait être cédé comme l'est aujourd'hui le polonais Elektrim.

Seul problème de Cegetel : l'activité de télécommunications fixes. " Un puit sans fonds " , pour un consultant proche de la société. Si Philippe Germond a reçu la consigne de serrer encore les coûts et de réduire la perte de 99 millions d'euros enregistrée à 2001 (égale à un cinquième des pertes de Canal+), cette activité initiée par Jean-Marie Messier n'a jamais réellement fonctionné. De même, le lancement d'Universal Music Mobile [offre de téléphonie mobile prépayée associée à des services liés à la musique, NDLR], première tentative de convergence entre les contenus de la maison mère et les tuyaux de l'opérateur a été un semi-échec.

Pour Jean-Marie Messier, la conclusion s'impose d'elle-même : il est essentiel de conserver la " machine à cash " que constitue le groupe Cegetel, en surveillant de près son bilan pour éviter tout endettement superflu. Ainsi les projets de Philippe Germond de se lancer sur le dégroupage de la boucle locale (pour l'ADSL) et de créer un fournisseur d'accès à Internet devront passer par les fourches caudines du contrôle de gestion de la maison mère. On n'est jamais trop ingrat avec sa plus belle vache à lait.

Alain Steinmann

Médias : transformer les abonnés de Canal+ en clients " L'éviction de Pierre Lescure de la tête de Canal+ et le tapage qui en découle me laisse froid. Jean Marie Messier a mis le temps mais aujourd'hui il prend les choses en main pour rendre les activités européennes rentables. Il était temps ! ", confiait un producteur américain, le 16 avril, à Cannes lors du MIP-TV. " Jean Marie Messier a pris une décision indispensable et salutaire, celle de réduire les pertes de son pôle média en s'attaquant aux foyers les plus hémorragiques, en premier lieu Groupe Canal ", ajoutait un autre. En effet en 2001, le pôle Media et Communication a contribué pour 49 % au volume d'affaires et pour 48,6 % au résultat opérationnel de Vivendi Universal. Un résultat plombé par les pertes de Canal+ Groupe à hauteur de 374 millions d'euros, contre 341 millions en 2000. La chaîne Canal+ a perdu quelques fidèles avec 4,57 millions d'abonnés en 2001, contre 4,62 en 2000. Et après l'éviction du dernier garant de " l'esprit Canal " au profit de " l'homme de TF1 " Xavier Couture, le risque est grand de voir les désabonnements se multiplier. Par ailleurs, dans la télévision satellitaire, le monopole de CanalSatellite a explosé avec la venue de TPS, entraînant une surenchère sur les droits sportifs. Arrive-t-on à une saturation du marché ? Pour J2M, l'urgence est de parachever le basculement des abonnés analogiques en numérique afin de transformer les consommateurs de football et de cinéma de Canal en clients des autres contenus du groupe (musique notamment). L'idée est bien sûr de développer le revenu par abonné, la fameux ARPU, comme l'a fait BskyB en Angleterre. Mais Canal+ doit avant tout sortir de l'ornière financière. Le numéro un européen de la télévision à péage s'est notamment enlisé en Italie avec son bouquet Télépiù (1,47 million d'abonnés) dans une guerre commerciale contre le bouquet concurrent Stream (820 000 abonnés en 2000). Valorisé près de 2 milliards de dollars en 1997, Telepiù aurait engrangé depuis plus de 2 milliards d'euros de pertes cumulées ! Pierre Lescure et son bras droit Denis Olivennes souhaitaient vendre Telepiù pour sauver l'essentiel, option refusée par l'actionnaire Messier qui devra assumer seul aujourd'hui la responsabilité des mécomptes transalpins de Canal+. Amaury Mestre de Laroque Internet : trop d'activités, pas de rentabilité " Dans le domaine technologique et Internet en particulier, Jean-Marie Messier a fait des coups pour faire plaisir à la Bourse. Maintenant, il va lui falloir gérer son passif " : venant d'un analyste qui suit la valeur Vivendi au jour le jour, la sentence a valeur d'avertissement sans appel pour Jean-Marie Messier. Si Vivendi Universal ne consacre à Internet qu'une demi-page dans son rapport remis à la SEC, ce sont tout de même 209 millions d'euros de pertes consolidées qui sont enregistrées. Auxquelles il faut ajouter les 193 millions d'euros de déficit de Vizzavi et les 65 millions de Scoot (non consolidées). Certaines acquisitions ont totalement disparu du portefeuille Internet de Vivendi. La société eBrands en est un bon exemple. A l'origine fournisseur d'accès à Internet en marque blanche, racheté environ pour 1,5 million d'euros en cash, eBrands n'existe quasiment plus aujourd'hui. Censée développer une offre d'accès pour Vizzavi, la société s'est arrêtée là. Ce même Vizzavi était bâti sur la base d'un accord à 50/50 avec l'opérateur anglais Vodafone. Mais la stratégie de portail multi-accès n'a pas fonctionné, ni même celle de portail tout court. Ce qui fait dire aux analystes les plus remontés que " Vizzavivautzéro ". En France, Vizzavi sera désormais géré par Franck Esser, DG du groupe Cegetel, ce qui promet une intégration du portail dans la structure de l'opérateur et une cure d'amaigrissement générale... Mais Jean-Marie Messier devra aussi faire le ménage du côté de MP3.com (acheté 450 millions de dollars) dont le chiffre d'affaires a baissé en 2001 et dont l'audience se tasse ; mais aussi iFrance (acheté 149 millions d'euros) qui peine a trouver un modèle d'affaires, l'annuaire Scoot ou encore le portail de jeux Flipside. Problème : aucune de ces activités n'entre plus réellement dans le coeur de métier grand public de Vivendi Universal défini par Jean-Marie Messier et toutes sont déficitaires. Reste à savoir où et comment effectuer les coupes. Alain Steinmann


> Sécurité :
Norton Antivirus 2010
La solution antivirale la plus répandue du monde.

publicité
> Logiciel : Avira Antivir Premium Security Suite
Une référence pour protéger son ordinateur.

classement FAI
Retrouvez chaque semaine le classement des fournisseurs d'accès avec ip-label 1 Orange 2 Free 3 Bouygues Telecom > Plus de détails
offres d'emploi
Service Kiosque :
Préservez la nature en téléchargeant vos magazines en illimité !

Service 01net
Newsletters 01net
abonnez vous gratuitement !
  
01Informatique
01 INFORMATIQUE
L'hebdo de référence des décideurs informatiques.
Micro Hebdo
MICRO HEBDO
L'hebdo qui vous simplifie la micro
et Internet.
L'Ordinateur Individuel
L'ORDINATEUR INDIVIDUEL
Le mensuel informatique qui vous informe et vous conseille.
Tous droits réservés © 1999 - 2009 Internext - 01net.