S'abonner :  Newsletters    Magazines

35 ans d'informatique d'entreprise...

Le logiciel libre, l'autre modèle
Concurrent sérieux des logiciels commerciaux, l'open source est désormais soutenu par les grands acteurs de l'informatique.

Stéphanie Chaptal et Jean-Marie Portal , 01 Informatique (n° 1650), le 08/10/2001 à 00h00

Logiciel dont le code source est mis dans le domaine public, distribuable sans restriction, modifiable en général par tous, à condition que les évolutions soient rendues publiques. Né dans le milieu universitaire à la fin des années soixante-dix, le logiciel libre (open source en anglais) intègre désormais le monde de l'entreprise.

Ainsi, selon une étude d'IDC publiée en juin dernier, Linux, avec 27 % de part de marché, était le deuxième système d'exploitation pour les serveurs - derrière Windows (41 %), mais devant Novell (17 %) et les autres Unix (13 %, dont certains, comme Free BSD, font partie du monde open source). Apache, quant à lui, domine le secteur des serveurs web avec près de 60 % de part de marché, selon le cabinet E-Soft, loin devant IIS de Microsoft (28,5 %).

Un rapport qualité/prix imbattable

Mais les particularités de développement du monde libre remettent en cause l'économie traditionnelle du logiciel. " Nous sommes à l'équivalent informatique de la Révolution française , n'hésite pas à affirmer Bob Young, président de Red Hat. Le système actuel en informatique est féodal. Les vendeurs ont un contrôle très fort sur leurs clients et sur l'usage qu'ils font de leurs logiciels. Les logiciels libres rendent à l'utilisateur le contrôle de ses outils de travail. "

En effet, les logiciels libres ont des avantages non négligeables pour les utilisateurs : faible coût d'achat, pérennité du produit, bonne modularité suivant les besoins de l'entreprise, stabilité et qualité. " Les développeurs bénéficient d'une grande liberté sous Linux , plaide Jacques Guignot, enseignant à l'Isiag (Institut supérieur d'informatique appliquée à la gestion) de l'université Paris-XII et membre actif de l'Aful (Association francophone des utilisateurs de Linux et des logiciels libres). Les équipes sont petites, et il n'y a pas d'arrière-pensée financière. Linux est un Unix. Avec ses forces et ses faiblesses. Sun est certainement plus actif en ce qui concerne la R&D, et il dispose d'un excellent support. Mais il est cher. "

Les acteurs traditionnels poussent à l'open source

Linux marque donc des points dans tous les domaines. Et, au final, c'est bien son rapport qualité/prix qui fait définitivement la différence avec ses aînés, et aujourd'hui concurrents. L'économie du libre entre en phase d'industrialisation. Comme dans l'arène des logiciels " commerciaux ", les rachats et les alliances se succèdent. Ainsi certains fournisseurs, n'ayant pas su s'adapter aux nouvelles règles du jeu, disparaissent-ils, également malmenés par la crise de la nouvelle économie.

Mais, surtout, de grands acteurs traditionnels, comme IBM, SAP ou Intel, n'hésitent plus, désormais, à alimenter la communauté open source avec leurs propres développements. Ils ont compris que ce nouveau modèle économique peut devenir une nouvelle source de profits.

Ainsi IBM, le plus fervent d'entre eux, a-t-il investi un milliard de dollars dans le développement commercial de Linux. Le constructeur a parallèlement adapté toute son offre matérielle et une grande partie de ses logiciels à ce système d'exploitation. D'autres, tel Netscape, ont vu dans ce modèle une chance de survie. Lorsqu'en 1998 son navigateur a vu sa part de marché fondre au profit d'Internet Explorer, l'éditeur a décidé d'en confier le développement à la communauté open source. Et il a intégré le fruit de leurs efforts dans la version 6.0 de son logiciel.

Cheminement inverse, la même année, pour SAP, qui était à la recherche d'une base de données autre que celle d'Oracle pour son PGI (progiciel de gestion intégré). L'éditeur a passé un accord avec Software AG pour revendre sa propre version du SGBD (système de gestion de base de données) Adabas. Renommé SAPdb, le produit ne rencontre pas un franc succès. Finalement, en 2000, pour asseoir sa popularité et sa crédibilité, SAP décide de le mettre à la disposition du monde open source.

A la différence des éditeurs traditionnels, qui dégagent une part non négligeable de leurs bénéfices sur les licences vendues, les acteurs du monde open source ont le choix entre deux stratégies : soit la recherche de profit autour des logiciels libres, soit une diminution des coûts de développement. Les éditeurs ou les SSII vont tirer leurs gains du support technique et des services personnalisés qu'ils proposent à leurs clients (consulting, développement logiciel, agence web, etc.).

En revanche, la stratégie qui consiste à vendre du matériel associé à Linux n'est, pour l'instant, valable que si le constructeur peut proposer d'autres systèmes d'exploitation à ses clients. VA Linux a dû abandonner ses ventes de matériel, tandis qu'IBM propose maintenant d'installer Linux sur l'ensemble de sa gamme, aux côtés de Windows, d'AIX et de z/OS. D'autres sociétés, qu'elles soient dans l'informatique ou non, voient surtout dans cette communauté de développeurs un moyen d'économiser sur leur budget de R&D En procédant ainsi, elles s'assurent une maintenance à moindre coût et assoient la pérennité de leurs produits. Ou elles suscitent un regain d'intérêt pour un logiciel en perte de vitesse.

Le paradigme du Bazar
  • Un travail de groupe planétaire Des milliers de développeurs répartis aux quatre coins du monde, qui travaillent en simultané sur un projet. Tel est le modèle du développement open source. Justement nommé le " Bazar " pour son absence de formalisme, il produit pourtant des logiciels robustes et efficaces.
  • Un programme préexistant Aucun logiciel ne naît entièrement du Bazar, le concepteur rend publics les codes sources d'un programme préexistant. Celui-ci peut en être au stade de version de test (ce fut le cas de la première version de Linux, basée, à l'époque, sur un Unix pour processeur 386) ou venir du monde commercial.
  • Un débogage complet et rapide Le développement de type Bazar s'appuie sur l'émulation entre développeurs. Celle-ci s'obtient grâce à des mises à jour fréquentes, reprenant les ajouts faits par chaque développeur. A mesure que le logiciel s'améliore, sa base d'utilisateurs s'agrandit avec de nouveaux besoins, et de nouveaux bogues sont découverts et corrigés.
  • Une coordination informelle Chaque projet reste coordonné par un petit nombre de personnes. Celles-ci peuvent être les concepteurs d'origine, mais pas obligatoirement. Ainsi, malgré l'abandon par Netscape de son navigateur, un autre logiciel - Mozilla 1.0 - sera disponible à partir du même code source. Le coordinateur organise les prochains axes de développement et publie les changements de version majeurs.
  • Une évangélisation constante Au-delà du débogage, la communauté d'utilisateurs qui se crée autour d'un logiciel en assure également le support technique. Cela par le biais de forums de discussion, mais aussi par la rédaction et la traduction de documents techniques.
  • Les utilisateurs deviennent codéveloppeurs Grâce aux codes sources, les utilisateurs peuvent déboguer le logiciel ou y ajouter les fonctions dont ils ont besoin. Ils doivent ensuite rendre publiques leurs modifications, devenant ainsi des codéveloppeurs du logiciel.

  • Chronologie
  • 1965 Création de Multics (Multiplexed Information and Computing Services), un système de gestion de temps partagé pour grands systèmes.
  • 1969 Naissance d'Unix, créé dans les laboratoires de Bell Telephone par Ken Thompson et Dennis Ritchie.
  • 1977 Première diffusion de Berkeley Software Distribution (BSD).
  • 1980 La version 4.0 de BSD comprend un compilateur C, un autre Pascal, un système Lisp, un gestionnaire de courrier et l'éditeur de texte.
  • 1984 Lancement du projet de système d'exploitation libre GNU par Richard Stallman, basé sur Unix (GNU is Not Unix).
  • 1991 Naissance de Linux, un nouveau système d'exploitation dérivé de Minix, un Unix pour 386.
  • 1993 Début du projet Debian, visant à créer une distribution entièrement composée de logiciels libres.
  • 1996 Début du projet KDE, interface graphique grand public pour Linux.
  • 2000 Sun se lance dans le logiciel libre et délivre le code source de son Unix Solaris 8 et de Staroffice, la seule suite en mesure de concurrencer Microsoft Office.
  • 18 mai 2000 01 Informatique n° 1601 : IBM propose Linux (SuSE et TurboLinux) sur ses S/390, et, pour la première fois, IBM Global Services en assure le support.


  • Principales licences publiques du monde open source

    > ChanceRoom
    Découvrez la nouvelle Poker Room montante.

    publicité
    > Sécurité :
    Norton Antivirus 2010
    La solution antivirale la plus répandue du monde.

    classement FAI
    Retrouvez chaque semaine le classement des fournisseurs d'accès avec ip-label 1 Orange 2 Free 3 Bouygues Telecom > Plus de détails
    offres d'emploi
    > Jeu en ligne :
    Titan Poker
    Une des salles les plus populaires d'Europe...

    Service 01net
    Newsletters 01net
    abonnez vous gratuitement !
      
    01Informatique
    01 INFORMATIQUE
    L'hebdo de référence des décideurs informatiques.
    Micro Hebdo
    MICRO HEBDO
    L'hebdo qui vous simplifie la micro
    et Internet.
    L'Ordinateur Individuel
    L'ORDINATEUR INDIVIDUEL
    Le mensuel informatique qui vous informe et vous conseille.
    Tous droits réservés © 1999 - 2009 Internext - 01net.