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01net. : IBM et HP ont fait savoir qu'ils commercialiseraient leurs premiers serveurs Itanium à la fin du mois. Votre puce 64 bits est donc enfin en passe d'arriver sur le marché ?
Michael Fister : La version finale de la plate-forme sera effectivement disponible en juin 2001. Si nous parlons de plate-forme, c'est qu'Intel ne fournira pas seulement le processeur Itanium lui même, mais aussi les jeux de composants et les éléments d'architectures associées : bus, outils d'administration des matériels, systèmes de correction d'erreur. Par ailleurs, Itanium arrive en bonne compagnie. Microsoft, HP, IBM et la communauté Linux feront des annonces dans le domaine des systèmes d'exploitation. Plusieurs constructeurs, dont IBM et HP, présenteront leurs machines, et dès la première génération, il existera des serveurs 16 processeurs. Pour compléter le tout, plusieurs éditeurs mettront sur le marché des versions de leurs applications optimisées pour notre puce 64 bits.
Comment se fait-il qu'Intel ait pris autant de retard dans la livraison d'Itanium ?
Nos prévisions de départ étaient effectivement optimistes. En juin 2000, nous avons compris que nous aurions un an de retard. Il faut comprendre que la mise sur le marché d'une plate-forme serveur impose bien plus de travail que celle d'une plate-forme PC, d'autant plus que l'architecture IA-64 est totalement différente de l'architecture x86. Le déploiement doit être plus méthodique. Dans cette optique, nous fournissons, depuis octobre 2000, à certains utilisateurs finaux une version pilote des plates-formes Itanium. Nous savons bien que ces retards ont fait retomber une partie de l'enthousiasme vis-à-vis de cette nouvelle génération de processeurs. L'enjeu est pourtant énorme. L'architecture que nous avons développée devrait rester sur le marché durant plus de dix ans.
L'adoption d'une architecture totalement nouvelle n'est jamais évidente, comment comptez-vous procéder pour lancer Itanium ?
Il ne s'agit bien entendu pas de concurrencer nos gammes existantes, avec Itanium, mais d'utiliser cette puce pour répondre à des besoins plus nombreux. Avec ses gammes actuelles, Intel occupe environ 80 % de parts de marché sur les frontaux Internet [serveurs Web, serveurs de cache, répartiteurs... NDLR]. Dans les autres domaines de l'informatique d'entreprise la concurrence avec les systèmes RISC/Unix est très forte. Avec Itanium, nous visons donc en priorité les secteurs de pointe, les gros serveurs d'entreprise de type back-office, les bases de données ou la Business Intelligence, nous descendrons ensuite progressivement vers des systèmes de gamme moyenne. En effet, il n'est pas utile aujourd'hui d'exploiter une architecture 64 bits pour faire fonctionner un serveur Web. En revanche, nous réfléchissons déjà à certaines applications spécifiques comme le cache de bases de données ou les services de localisation pour opérateurs. Nous centrons donc Itanium sur des domaines très pointus, et nous comptons sur le fait que les applications seront disponibles en même temps que la puce.
Quelles sont les possibilités d'évolution d'Itanium ? La course à la fréquence, ou des améliorations dans le parallélisme ?
Itanium exploite notre nouvelle architecture de traitement de données EPIC (Explicitly Parallel Instruction Computing), qui offre des possibilités d'évolution vers une parallélisation plus poussée des traitements. EPIC permettra aussi la création de processeurs MCOD (Multiple Core on a Die), associant dans une même puce deux ou quatre coeurs de processeurs qui partagent la même mémoire. Par ailleurs, avec le Pentium 4 nous avons travaillé dans une logique d'augmentation de fréquence, très valorisée par les utilisateurs qui associent toujours vitesse d'horloge élevée et performances. Les technologies développées à cette occasion seront rapidement portées sur Itanium. Si la première version sort à 800 ou 900 MHz, il existera rapidement des Itanium à 1,5 ou 2 GHz. Parallélisme et fréquence sont donc deux directions ouvertes.
Les Xeon nouveaux sont arrivés. Avec des fréquences d'horloge comprises entre 1,4 et 1,7 GHz, ces puces se révéleraient de 30 à 90 % plus performantes que les Pentium III Xeon jusqu'ici disponibles.
Ces nouveaux Xeon sont en fait des version dérivées des Pentium 4, et exploitent en particulier la microarchitecture NetBurst. Ils reçoivent 256 Ko de mémoire cache de niveau 2, un bus système cadencé à 400 MHz et exploitent de la mémoire RDRAM (Rambus). Intel les livre en même temps que le jeu de composant qui leur correspond, le i860, capable de gérer un ou deux Xeon.
Intel destine cette première génération de la puce aux stations de travail haute performance et milieu de gamme.
Les prix s'échelonnent de 406 à 268 dollars par quantité de mille.
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