
Passage à l'euro, il est encore temps !
Christine Peressini
[ DOSSIER ]
Passage à l'euro, il est encore temps !
Comme onze autres pays de l'Union européenne, la France basculera à l'euro les 1er janvier et 18 février prochains. Pourtant, plus du tiers des PME/PMI françaises n'ont pas encore entrepris la mise à niveau de leur système d'information. Il est tout juste temps de le faire. Les retardataires se verront proposer par les éditeurs des solutions de secours, à côté de leur offre compatible euro classique.
Christine Peressini
, 01 Informatique,
le 24/04/2001 à 15h00
Contrairement à l'an 2000, le passage à l'euro ne se limite pas à un problème informatique. Le volet culturel (difficile de biffer en un clic de souris une monnaie sur laquelle reposent les échanges commerciaux depuis deux cents ans), l'organisation logistique de la diffusion de la nouvelle monnaie et du retrait des francs (pour des raisons de sécurité, le calendrier de cette chaîne logistique ne peut être différé), l'influence de l'euro sur les relations entre l'entreprise et ses clients (il faut repenser ses produits pour être en mesure de proposer des prix arrondis...) sont autant de facettes de cet énorme projet national et supra-national. Cela ne diminue pas l'importance de la bascule des systèmes d'information.
La diffusion en masse par les banques, dès l'été prochain, des chéquiers en euros pourrait bien hâter le processus ; les réglements effectués dans la nouvelle monnaie devant être pris en compte par les entreprises. Si les projets euro doivent à présent être lancés au plus vite pour permettre le déroulement normal d'une phase de tests, le dernier baromètre de Bercy révèle que, fin janvier 2001, 42 % de PME/PMI de moins de cinq cents salariés ne s'étaient pas encore préparées au passage à l'euro (respectivement 20 % et 46 % pour la tranche de dix à quarante-neuf et de un à neuf salariés) et que l'on recensait encore 17 % d'irréductibles.
Deux mois sont nécessaires pour basculer un système
Un
" manque de motivation "
que Henri Giot, directeur responsable de l'euro au Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables, met au compte d'un excès d'information de ces entreprises par sa profession depuis 1998, ce qui leur aurait paradoxalement donné un
" certain optimisme ".
A présent que les bilans ont été arrêtés, il espère qu'elles vont réagir.
Au moins deux mois sont en effet nécessaires à une PME employant de 10 à 100 personnes pour faire basculer un système d'information un peu complexe. Plus les délais se réduisent, plus les experts-comptables et les fournisseurs informatiques auront du mal à répondre à leur demande. D'autant que la priorité euro se trouvera alors en conflit avec les projets relatifs aux 35 heures.
" Il ne reste plus que mille heures de travail d'ici la fin de l'année,
précise Henri Giot.
Pour ceux qui ne seront pas prêts, une externalisation temporaire pourra être envisagée. "
Les entreprises ne devront d'ailleurs pas se limiter à la réussite de leur bascule, il leur faudra aussi être en mesure de pouvoir répondre aux obligations légales de conservation des documents comptables afin de permettre les vérifications du Fisc. Mais, pour cela, il faudra que les méthodes de rétropolation soient acceptées par cette administration
(*) Cela explique que le Cigref, qui compte des banques parmi ses membres, n'ait pas prévu de plan de secours des PME comme pourl'an 2000. Mais les partenaires de ses membres sont incités à effectuer leurs paiements et factures en euro.
|
 |
| Abonnez-vous gratuitement ! |
 |
 |
Recevez les actus en temps réel !
01 Informatique
L'hebdo de référence des décideurs informatiques.
Micro Hebdo
L'hebdo qui vous simplifie la micro et Internet.
L'Ordinateur Individuel
Le mensuel informatique qui vous informe et vous conseille.
|