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" Small business is beautiful. " Mais, parce que " trop petits " ou " peu fiables " , les décideurs informatiques ont longtemps refusé l'idée même de travailler avec des indépendants.
Aujourd'hui, avec la mondialisation des échanges, la pénurie des ressources informatiques et le passage aux 35 heures, les derniers verrous psychologiques sautent. De la PME au grand compte, les sociétés n'hésitent plus à confier des missions à des freelances, louant même leur qualité de service et leur réactivité.
Non seulement les informaticiens sont de plus en plus nombreux à exercer en solo, mais, en outre, ils se regroupent sur le web pour gagner en force et en visibilité.
Un accès à un vivier permanent et ciblé
A l'image des Américains tels que Elance.com, FreeAgent, SkillsVillage ou Guru. com, les sites d'intermédiation se multiplient en France avec, notamment, Kalifeye.com, Creerenfrance.net et HiTechPros.com, pour ne citer que les plus récents. En rapprochant l'offre et la demande, ces plates-formes offrent un accès à un vivier permanent et ciblé de plusieurs milliers de CV.
Une aubaine pour les directeurs informatiques qui, avec les agences d'intérim ou les sociétés de services d'ingénierie informatique, ne disposent pas d'une telle rapidité d'intervention, ni d'un tel choix.
Côté indépendant, le système est des plus simples. Le freelance s'inscrit gratuitement et remplit une fiche détaillée en mentionnant sa formation, ses compétences techniques, ses références et ses conditions tarifaires. Il ne lui reste plus, dès lors, qu'à postuler aux missions correspondant à ses qualifications. Dans le cas le plus classique, l'entreprise et le prestataire retenus finalisent leurs négociations en ligne. Une fois que le travail est exécuté, l'indépendant est rémunéré par le site - commission du réseau déduite.
A lui seul, Freelance.com France revendique douze mille informaticiens dont six mille cinq cents inscrits à sa liste de diffusion. Ces privilégiés reçoivent tous les matins, dans leur boîte aux lettres, une liste de missions correspondant à leurs compétences. Les métiers les plus fréquents sont ceux de développeur, chef de projet, ingénieur systèmes, consultant et concepteur de pages web.
Internet, un média rapide et peu onéreux
Profil type : un diplômé bac +3 de trente-six ans, doté de dix ans d'expérience. Tarif pour un senior : 3 500 francs au minimum par jour. Directeur des opérations pour la France, Pierre-Olivier Carles se défend d'être une simple place de marché. " Internet est un média rapide et peu onéreux mais rien ne remplace la relation commerciale. "
Pour cela, Freelance.com France s'appuie sur un réseau de quarante-deux managers commerciaux, tous des entrepreneurs individuels comme les prestataires qu'ils font travailler. Spécialisés par secteur d'activité, mais aussi par région, ces managers assurent la prospection, l'analyse du besoin, la qualification du candidat et le suivi des prestations. Jouant en quelque sorte le rôle d'agents commerciaux, ils déchargent l'indépendant de la prospection et de l'intendance. " Je ne connais pas d'informaticien à la fois bon professionnel, bon commercial, bon gestionnaire et bon juriste... "
Chez Freelance.com, l'indépendant fixe lui-même ses honoraires, mais c'est le réseau qui facture le client. A réception du règlement, il rétribue l'indépendant en appliquant un objectif de marge d'environ 20 % sur le chiffre réalisé, qui sera partagée à moitié avec le manager commercial.
Seul concurrent avoué : les régies des SSII
En offrant " la réactivité des indépendants et la sécurité d'un grand groupe " , Freelance.com cible les dotcom , les grands comptes, mais aussi les intégrateurs, pour qui certains freelances interviennent en tant que fournisseurs.
Seule concurrence avouée : les régies des SSII. Pierre-Olivier Carles a-t-il peur de voir l'indépendant traiter directement avec l'entreprise une fois le contact établi ? Il préfère esquiver : " Nous le fidélisons par notre valeur ajoutée. Quant à se faire recruter, le freelance est trop attaché à son indépendance pour rentrer dans les rangs. "
L'appât du gain serait aussi un argument de poids. Selon une étude de Business Week, les consultants indépendants du high-tech auraient, outre-Atlantique, des revenus de 40 % supérieurs à ceux de leurs homologues salariés.
Fondateur d'Espace Freelance, Jean-Marie Thibaut refuse également " la vente par correspondance de CV " . Se limitant volontairement au Nord-Pas-de-Calais et à la Picardie, ce réseau créé en fin 1994 emploie quatre-vingt dix " équivalents temps plein " sur deux cents inscrits dont certains en " mandat exclusif " .
" Internet favorise le premier contact, mais il doit être suivi de rencontres physiques, tant auprès du client que de l'indépendant. Quelle personnalité se cache derrière une fiche de compétences ? Notre métier consiste non seulement à qualifier le besoin de l'entreprise et à lui proposer la ressource ad hoc, mais aussi à nous assurer que le courant va passer entre les deux parties. Connaissant personnellement les prestataires, je peux, par exemple, dire à un DI que tel indépendant est fumeur ou non. "
Axant son concept sur la confiance réciproque et la proximité, Espace Freelance a adopté une politique tarifaire différente de celle de Freelance.com. L'indépendant signe en direct avec l'entreprise, la tête de réseau se rémunérant en fin de chaîne sur la base de 12 % du chiffre d'affaires réalisé.
Mais le web n'est que la partie émergée de l'iceberg, selon Denis Ettighoffer, spécialiste de l'impact des nouvelles technologies sur le monde du travail. " Sur le net, 16 % des transactions sont réalisées via les newsgroups. Usenet compte plus de cent mille groupes de travail dédiés au "small business/home business ". Ces places de marché électronique existaient déjà au milieu des années quatre-vingt !"
Autre voie : les listes de diffusion spécialisées
Si les forums de discussion francophones demeurent ultraminoritaires, les indépendants pourront néanmoins aller faire un tour sur Fr.biz.teletravail, Fr.emplois.offres et Fr.emplois.demandes, ou sur les forums privés comme ceux mis en ligne par e.Business Generation.
Déjà revenus des sites d'intermédiation, certains freelances essaient également d'autres voies afin d'accélérer le processus commercial. C'est le cas de William Dodé. Déçu par Freelance.com - " l'offre de mission est trop succincte, et il est impossible de modifier directement son CV " -, cet informaticien, qui travaille en indépendant depuis 1994, participe activement aux listes de diffusion spécialisées (e-groups) en postant des articles techniques.
" Je démontre ainsi mon expertise. Ce qui peut initier des contacts commerciaux. " Parallèlement, il a monté son site vitrine, où il vante à ses prospects virtuels les atouts du freelance : " Un interlocuteur unique, spécialisé et responsable " .
C'est également le parti pris de Florence Lepeuple. " Trop orientés infographistes et développeurs, les sites de mise en relation ignorent mon métier " , estime cette rédactrice technique. Le développement de son site professionnel a été sa première démarche professionnelle d'indépendante.
Grâce à un référencement efficace, elle réalise par ce biais 80 % de ses missions, contre 15 % pour les newsgroups et 5 % pour les sites d'intermédiation. " Je ne fais jamais de prospection " , se plaît-elle à préciser. Le rêve de tout indépendant !
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