
L'abonné au mobile ne rapporte plus autant qu'avant. Et, avec le temps, la somme qu'il consacre à ses appels vocaux devrait diminuer. Forrester Research estime qu'en 2005 chaque utilisateur dépensera en moyenne 29 euros (190 francs), contre 39 l'année dernière. Pour les opérateurs, la douche risque d'être froide : leur endettement s'accroît, alors que leur chiffre d'affaires est appelé à baisser.
Leur première réaction a été de miser sur les technologies haut débit, qui permettent la mise en place de nouveaux services. Mais avec la débâcle en cours de l'UMTS (téléphonie mobile de troisième génération), ils cherchent aujourd'hui une nouvelle " killer app " (littéralement un " produit qui tue "). Ils pourraient l'avoir trouvée, avec les services " géolocalisés ". Derrière ce terme quelque peu barbare se cache un principe très simple : trouver la position du téléphone mobile d'un utilisateur pour lui proposer des services " contextualisés ". Les services qui peuvent en découler sont innombrables. Par exemple, en déplacement à Marseille, vous commencez par consulter la météo des jours à venir. En cliquant sur l'icône " météo " de votre mobile, vous prenez en un instant la température de la cité phocéenne. À l'heure du déjeuner, vous vous mettez en quête d'un point de chute. Un clic sur l'icône " restaurant " vous permet de visualiser très rapidement les établissements les plus proches. Vous vous laissez tenter par la cuisine chinoise : " La Tour de Jade " vous informe qu'il ne vous reste que quelques minutes pour profiter de l' happy hour . Le plan du quartier et l'itinéraire, disponibles en un instant, vous aideront à être à l'heure pour profiter de l'offre. Les déclinaisons de ce principe peuvent être très diverses : les directions marketing des opérateurs imaginent déjà la possibilité de facturer différemment leurs clients en fonction de la zone dans laquelle ils se trouvent. Afin de les inciter, par exemple, à utiliser leur téléphone mobile plutôt que leur ligne fixe à domicile. Ainsi, tout appel passé depuis le mobile pourrait être facturé 50 % moins cher. Autre possibilité : lorsqu'un employé s'éloigne de son bureau, ses appels pourraient être automatiquement transférés sur son mobile. La localisation - si toutefois elle atteint un niveau de précision suffisant - permettrait aussi de réaliser des opérations de push marketing , ce qui consisterait, par exemple, à solliciter un abonné pour lui offrir une réduction promotionnelle au moment même où il passe dans le voisinage du point de vente d'un annonceur. Outre les opérateurs, les éditeurs de services voient aussi le bénéfice qu'ils pourraient retirer de la géolocalisation. Yahoo a déjà annoncé le lancement d'un service baptisé " Find a Friend " (trouver un ami). Fonctionnant sur le même principe qu'une messagerie instantanée (de type ICQ ou AIM), ce service permettra aux membres de Yahoo de constituer une liste d'amis, de connaître en temps réel la position de chacun d'eux et de leur envoyer un message instantané. Sur le segment professionnel, les applications concernent surtout les problématiques de fleet management, c'est-à-dire le repérage de la flotte de véhicules ou des équipes de salariés. Une entreprise de plomberie, par exemple, pourrait rapidement localiser l'employé le plus proche d'un lieu d'intervention. Pourtant, malgré le potentiel des applications liées à la géolocalisation, les opérateurs français de téléphonie mobile n'ont manifesté, à ce jour, qu'un enthousiasme modéré. C'est un peu contraints et forcés qu'ils se sont intéressés aux technologies de localisation de leurs clients, alors même que plusieurs systèmes étaient disponibles. Deux directives - américaine et européenne - obligent en effet les opérateurs à pouvoir fournir aux services d'urgence, dans un proche avenir, la localisation de leurs abonnés.L'autre retard français
Les premiers services liés à la géolocalisation feront donc leur apparition en France à la fin du mois de mars, date à laquelle Itineris lancera son offre grand public. Au départ, on y trouvera principalement des services liés aux loisirs - notamment le Guide du routard - et à la cartographie - avec Mappy, par exemple. Chez SFR, on ne communique pas encore de date de déploiement commercial. Mais l'opérateur teste en ce moment un dispositif d'aide à la navigation routière, avec la start-up Webraska. Pour sa part, Bouygues Telecom reste mystérieux sur ses services, mais devrait être prêt, au mieux, pour la rentrée prochaine. Les experts tablent plutôt sur un déploiement de l'offre début 2002, vu l'ampleur des tests préalables que nécessite la triangulation, et la lourdeur du processus de remplacement des cartes SIM des abonnés mobiles. La situation française fait figure d'exception, puisque les premiers services géolocalisés européens sont apparus dès 1996 en Italie. L'opérateur Omnitel offre à ses clients un guide touristique : en composant le 2727, les clients obtiennent un commentaire (en trois langues) sur les monuments incontournables. Le Suisse Diax fournit sur son portail WAP des informations locales, des prévisions météo et de l'information sur le trafic routier. De leur côté, les utilisateurs anglais de BT Cellnet peuvent trouver le restaurant McDonald's le plus proche en composant le 1501. Si les offres sont à peine définies, les business modèles sont encore plus incertains. France Telecom Mobiles a d'ores et déjà pris le parti de ne pas facturer à ses clients : " La localisation doit irriguer l'ensemble de nos services. Il faut comprendre que c'est une technologie qui nous permet d'améliorer l'ergonomie de notre offre ", indique Julien Billot. Son espoir ? Que la facilité d'utilisation des services (WAP notamment) permette d'en généraliser l'usage. Mais, prévient-il, " les revenus que nous en tirerons dépendront de la pertinence de ce que nous proposerons. " Pour Bouygues Telecom, la question du paiement de la localisation n'a pas encore été réglée. " Les services liés à la localisation seront des services à valeur ajoutée que les opérateurs devront facturer ", estime Éric Allombert.Faut-il craindre "Big Brother" ?
Les obstacles à la mise en service des systèmes de géolocalisation ne se limitent pas aux seuls problèmes d'" interopérabilité ", lesquels pourraient être réglés assez rapidement si un consensus était trouvé. Certains opérateurs avouent, sous couvert de l'anonymat, qu'ils redoutent surtout le phénomène " Big Brother ". Savoir que votre opérateur vous suit à la trace n'est pas forcément rassurant. Pour cela, la localisation sera basée sur le principe de l' opt-in (" choix volontaire ", littéralement) : les utilisateurs devront s'inscrire d'eux-mêmes pour être localisés ou donner un accord à chaque fois. " Si les services apportent assez de valeur ajoutée, ce type de question ne se posera pas ", se rassure Julien Billot. Cependant, plus prosaïquement, les opérateurs ne disposent pas encore des infrastructures nécessaires pour gérer la localisation. Leurs systèmes de facturation ne supportent pas le partage de revenus avec des éditeurs tiers, pas plus que les réseaux actuels ne permettent de localiser un abonné en temps réel pour détecter qu'il vient de rentrer à son domicile. S'il est possible de localiser un utilisateur lorsqu'il le demande, le tracer en permanence saturerait les réseaux.
WAP
(Wireless Application Protocol) :
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protocole d'affichage des pages internet spécifique aux terminaux nomades. Ce système, très minimaliste sur le plan graphique, a été fortement critiqué pour son manque d'ergonomie.
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Photoshop Elements 7 Retouche et création de montages photos.
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