S'abonner :  Newsletters    Magazines


écrire à l'auteur imprimer
envoyer par mail
Cet article est extrait de : 01 Informatique

Hebdomadaire stratégique d'actualité, son objectif est d'informer et d'aider les décideurs dans leurs choix de produits et de solutions technologiques.

Découvrez le magazine
Contactez la rédaction
Abonnez vous


[ L‘ÉVÉNEMENT ]
La solidité d`une start up ne se mesure pas à son cours en Bourse
Utiliser la Bourse comme un indicateur de la future bonne santé de ses fournisseurs : l`idée est difficilement applicable aujourd`hui. Le cours des valeurs technologiques est trop chahuté.

Philippe Thireau , 01 Informatique, le 01/12/2000 à 00h00
P. CHIQUELIN
Une start up comme Net Value, qui mesure l`audience sur internet, a vu son cours chuter de plus de 65 % depuis janvier 2000.

Il a fallu trois ans au Nasdaq de Wall Street pour faire atterrir les cours des dot com, et " ruiner ", en une seconde, les millionnaires virtuels de l`internet. Par ricochet, le printemps 2000 fut aussi fatal au Nouveau Marché de Paris, via les titres TMT (technologie, médias, télécommunications). Mais les valeurs internet les plus anciennes n`avaient guère plus d`un an et demi d`existence en France. Fi System, par exemple, est entrée le 7 octobre 1998 sur le marché de Paris : " Les web agencies cotées sur le marché français ont perdu entre 60 et 90 % de leur valeur sur leur cours le plus haut, et cela n`avait rien à voir avec la réalité de leur travail ", se souvient Denis Lafont, vice-président corporate development chez Fi System, entreprise qui ne se considère plus depuis longtemps comme une start up.

La folie haussière de l`année 1999, qui avait vu l`augmentation artificielle de 200 % de certaines valeurs d`entreprises françaises spécialistes de l`internet, s`est transformée en folie baissière dans le sillage du Nasdaq. Pire, certaines valeurs sont passées sous leurs cours d`introduction et y restent depuis. C`est le cas de Bourse Direct et de Fimatex, courtiers en ligne, de Multimania, site de communauté, de Net Value, société de mesure d`audience sur internet, de Père-Noël. fr, cybermarché atypique mais pugnace. . . D`autres s`en tirent mieux, à l`image de Fi System justement qui, entrée en Bourse au cours de 16,77 euros (devenu 3,354 euros après le passage de la valeur nominale de l`action de 5 à 1 franc), est monté à 160 euros en février 2000 avant de revenir à 18,35 euros début novembre : " Son cours est massacré ", estime cependant Pierre Rémy, directeur de Spef IPO (*) et de Spef e-fond, deux fonds de capital-risque, filiales des Banques Populaires. " La volatilité des marchés est extrême sur les valeurs hight-tech et internet, et ces marchés sont malheureusement moutonniers. Le Nasdaq fait la loi à Paris, c`est sidérant ", poursuit-il. Mais le bon sens indique que les marchés " ont toujours raison ", estime-t-il encore, même si Paris a tort de suivre les Américains à la lettre alors que la nouvelle économie française est plus récente. " Les temps de réaction des analystes français sont de plus en plus courts, et ils n`ont pas le recul nécessaire " , déplore Lennart Brag, président de Net Value. Problème: comment analyser l`historique d`une société qui n`en a pas au moment de son introduction en Bourse ? C`est là la principale difficulté que rencontrent les introducteurs pour fixer un cours, les investisseurs pour le soutenir. C`est bien pourquoi la période de préparation à l`entrée doit porter sur plusieurs mois, voire une année, pour essayer de rendre pertinents les modèles d`analyses généralement dévolus à l`ancienne économie.

Quelques critères de l`ancienne économie servent à suivre la vie de la société : - le PER (Price Earning Ratio ), qui représente le rapport cours/bénéfice. Il se calcule en divisant le prix de l`action par le bénéfice net par action. Si le résultat obtenu est faible, l`action fléchira ;

- le ratio de rendement, qui se calcule en divisant le dividende par le cours de l`action : un fort rendement influencera le cours de l`action par le haut ;

- le ratio capitalisation/chiffre d`affaires, qui est un bon thermomètre pour les start up, à condition que le titre soit stable, sinon la capitalisation boursière dégringolera avec la chute du cours et le ratio s`étiolera. Par ailleurs, la projection d`objectifs est aléatoire pour une dot com tant que le titre n`a pas prouvé ses forces ou montré ses faiblesses. . .

D`autre part, les business plan sont souvent gonflés, ce qui a pour effet de rendre quasiment impossible le respect des prévisions, outil principal d`analyse des start up. Les investisseurs pensent alors, à bon droit, que l`entreprise a été surévaluée à l`introduction et ils la sanctionnent sur le marché. Aussi, les entreprises ont-elles intérêt à formuler des prévisions prudentes, à anticiper et expliquer au plus tôt les dérapages pour éviter la chute des cours lors de l`annonce des résultats définitifs de l`exercice. Leur communication trop exclusivement basée sur l`analyse financière doit également faire une part plus importante à leur environnement général. Par ailleurs, la croissance du chiffre d`affaires n`est prise en compte que si elle s`accompagne de résultats nets positifs ; or, les dot com mettent deux à trois ans avant de quitter le rouge. Les start up sont parfois amères, la plupart sont lucides. Elles notent toutes un manque de sélectivité du marché, qui a " tendance à tout confondre dans l`internet. Le marché financier a du mal à faire de la segmentation, or, on reconnaît cinquante business différents dans l`internet en Europe, et ils ne peuvent pas s`apprécier chacun de la même manière ", affirme Denis Lafont. Charles Moranes, directeur général de Fimatex, pense " que le modèle gratuit est condamné et que cette condamnation pèse sur l`ensem- ble du marché " . C`est ainsi que Multimania peine à retenir les internautes sur ses pages propres avec publicité ou sur sa place de marché.

Le cybermarché Père-Noël. fr a vu son cours chuter de 50 % depuis le 6 avril 2000, date de son IPO, la veille du krach de Wall Street ! Pas de chance : la répercussion est immédiate et injustifiée. Aujourd`hui l`action est à 8,5 euros, et pourtant la société prospère ! Elle détient 4,2 % de part d`audience des internautes français. " On ne communiquait pas assez , avoue Jean-René Bouton, directeur commercial. Or, la Bourse a besoin d`être informée. On rectifie le tir maintenant en annonçant des résultats trimes- triels et en faisant savoir que notre meilleure publicité est le marketing viral. Elle ne nous coûte rien, mais nous isole un peu de l`extérieur, c`est vrai. " Le marché a horreur de ne pas savoir, surtout quand il s`agit d`une société à capitalisation très faible comme Père-Noël. fr (150 MF) et d`un faible flottant (4 % du capital seulement). Les dirigeants ont intérêt à intégrer quelques règles de bon fonctionnement pour assurer une tenue correcte de leur cours en Bourse : - avoir un bon produit doté de bonnes capacités d`évolution sur un marché porteur ;

- avoir la capacité de développer la clientèle disposant d`un pouvoir d`achat suffisant ;

- être le premier arrivé sur son segment de marché ;

- satisfaire l`utilisateur grâce à l`ergonomie du site et à la relation directe établie avec lui ; appuyer sa croissance sur le réseau formé par les utilisateurs.

A cette liste, Lennart Brag ajoute qu`il faut avoir " du temps devant soi, du financement, de la trésorerie, des compétences de gestion, des partenariats solides, la maîtrise des investissements, une technologie propriétaire ". C`est beaucoup et il faut le faire savoir aux marchés. Cela passe forcément par les analystes. Des analystes capables de comprendre le fonctionnement positif d`entreprises qui ne génèrent souvent que des pertes ! Or, pratiquement toutes les entreprises du Nouveau Marché constatent un manque cruel d`analystes formés à cette nouvelle démarche. De là à les rendre responsables de tous leurs maux, le pas est vite franchi.

(*) IPO : initial public offering.

QUESTIONS/RÉPONSES
Une start up cotée au Nouveau Marché ou au marché libre en est-elle encore une ? On ne peut plus strictement l`appeler ainsi. En effet, le seul fait d`entrer en Bourse amène les sociétés cotées à renforcer leurs fonds propres par l`actionnariat. Plus le capital social et les réserves seront élevés, plus l`entreprise pourra augmenter ses capitaux permanents par l`adjonction des dettes à moyen et long terme. La dilution de l`actionnariat est-elle une bonne ou une mauvaise chose ? Les institutionnels (intervenants primaires) pèsent lourdement sur la vie d`une société en vendant ou en achetant de forts contingents d`actions. Leur motivation est souvent spéculative : le cours de l`action concernée reflète alors bien le marché, mais pas forcément l`économie. Par contre, la dispersion du papier entre les mains du petit actionnaire (intervenant secondaire) tient la corde aujourd`hui auprès des dot com. Les effets de volume sont moins accentués ; l`actionnaire porte un jugement qualitatif sur l`entreprise.


> Logiciel :
DVD Creator
Un programme simple de création et d'édition vidéo.

publicité
Mercato TV
Les transferts de la rentrée 2009.

classement FAI
Retrouvez chaque semaine le classement des fournisseurs d'accès avec ip-label 1 Numericable 2 Orange 3 Darty > Plus de détails
offres d'emploi
GPS
Tom Tom Go 930T Europe. Comparez les prix !

01Informatique
01 INFORMATIQUE
L'hebdo de référence des décideurs informatiques.
Micro Hebdo
MICRO HEBDO
L'hebdo qui vous simplifie la micro
et Internet.
L'Ordinateur Individuel
L'ORDINATEUR INDIVIDUEL
Le mensuel informatique qui vous informe et vous conseille.
Tous droits réservés © 1999 - 2009 Internext - 01net.