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Testés en labo par des cobayes

Microsoft est l’un des premiers à avoir recruté des utilisateurs anonymes pour tester ses produits. Mais d’autres grands éditeurs ou constructeurs utilisent cette méthode. Des prestataires indépendants s’y mettent aussi.

Le logiciel de travail en équipe Notes, chez IBM

Des tests en réseau simulent les tâches liées au travail d’équipe.Plus on est de fous… plus on apprend. Aux Etats-Unis, IBM fait passer des tests collectifs en laboratoire à une vingtaine de volontaires. Les machines sont reliées en réseau local et permettent de simuler des tâches liées au travail en équipe, par exemple le partage de documents électroniques à l’aide du logiciel Notes, de Lotus. Sur leurs écrans, les ergonomes voient la même chose que chaque testeur, en ayant la possibilité de zoomer si nécessaire. Enfin, l’éditeur étudie les consignes de bon sens à appliquer pour qu’un logiciel soit pratique. Ainsi, en France, Philippe Fenouilière, spécialiste en ergonomie des logiciels chez IBM, fait partie d’un comité au sein des organismes de normalisation ISO et Afnor. “Nous publions les conditions générales à respecter, comme le fait de ne pas multiplier les outils pour une tâche, ou de préciser quelles informations doivent être visibles pour taper un courrier ou remplir un formulaire”, explique-t-il.

La télé interactive Tak, chez Thomson Multimedia

Regarder une émission interactive ? Encore faut-il savoir où cliquer.Pour compléter son catalogue de périphériques informatiques, tels que les baladeurs MP3 ou les graveurs de DVD, Thomson a mis au point un décodeur Internet pour la télévision, au sein de sa filiale Tak. “Nous avons réalisé des essais en France sur la prise en main de la télécommande et l’attitude du grand public lors de la première navigation”, explique Blandine Agopian, ergonome chez Tak. Les résultats sont étonnants. “Quand nous demandions aux gens de cliquer sur un film dans un programme interactif, beaucoup ne pensaient pas que l’on pouvait cliquer sur du texte. Dans l’esprit de chacun, on active un bouton comme un poussoir ou une manette. Mais dans la vie, on appuie rarement sur un mot”. Thomson Multimedia dispose d’une équipe de cinq ergonomes en Europe. Mais les recherches les plus importantes ont lieu aux Etats-Unis, les testeurs sont mis en situation dans une maison tout équipée !

Les portails Web, chez Novadis

En détectant la position des yeux, on découvre les points faibles d’un site Web.Basée près de Nice, la société Novadis utilise la technique du suivi du regard pour étudier le surf sur Internet. Comme chez l’ophtalmologiste, l’internaute pose son visage contre un appareil et une caméra capte la position de ses yeux toutes les 30 millisecondes. “En réalisant une étude sur des portails du Web, nous avons découvert que le regard se fixe sur les titres et les liens hypertextes pendant 50 % du temps de lecture. Cela prouve l’importance d’un titre dans la navigation”, explique Luc Rodet, directeur associé de Novadis. Le mode de lecture varie selon le profil de l’internaute. “Quelqu’un qui navigue beaucoup regarde peu les images, alors qu’un débutant cherche surtout des repères graphiques”, analyse Luc Rodet. Ces leçons permettent d’améliorer le design d’un site. “Dans une grande entreprise, les catalogues de produits sont volumineux. Avant de passer commande, un client doit pouvoir réaliser un devis en ligne sans trop de difficultés”.

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Didier Castelnau