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Sony se projette dans l’ère numérique

Le géant de l’électronique a fait de la convergence numérique un gage de renouveau. Sa diversification dans l’informatique et la téléphonie lui ouvre de vraies opportunités dans les milieux professionnels.

Sony est à la croisée des chemins. ‘ Proche du fond ‘, selon son PDG, Nobuyuki Idei, qui s’exprimait lors du récent DreamWorld de Paris, le spécialiste de l’électronique doit pour l’heure
son salut aux jeux vidéo. Cette activité lui fournit 60 % de son résultat d’exploitation, alors qu’elle ne représente que 12 % de son chiffre d’affaires. Le pôle électronique, qui génère 61 % de son CA, affiche pour sa part une marge
inférieure à 1 %. Finies les années fastes, Sony est en restructuration depuis cinq ans. Fermetures d’usines (52 aujourd’hui, 70 en 1999), 19 % de réduction d’effectif, rationalisation des gammes… La société revoit de fond
en comble son modèle d’entreprise. Spécialisée dans l’électronique, elle a mis le cap sur la convergence en diversifiant ses activités, se positionnant sur l’informatique et les télécommunications. Un pari à haut risque.Déjà, cette volonté de convergence se concrétise : l’activité professionnelle, qui représente, toutes catégories confondues, un tiers de son chiffre d’affaires, trouve de nouveaux débouchés. Ainsi, les divisions IT (notebooks,
PC, écrans, graveurs DVD et vidéoprojecteurs) enregistrent des progressions assez spectaculaires. ‘ Nous cherchons à sensibiliser sur les valeurs d’usage et le confort d’utilisation apportés par nos
technologies ‘
, déclare Frédéric Fauchère, directeur des ventes aux professionnels pour la division IT France. La stratégie porte ses fruits : la division IT France (qui compte 25 personnes) a plus que doublé son
activité en deux ans, au point de générer l’équivalent du quart de l’activité grand public de Sony France. La moitié du CA de la division IT provient, pour l’heure, du marché de détail, avec des enseignes comme la Fnac ; l’autre moitié est à
l’actif des 900 revendeurs (ils étaient 50 il y a trois ans), qui touchent majoritairement les TPE et PME.

Une percée marginale dans les grands comptes

Dans les grands comptes, en dehors des moniteurs, la percée demeure marginale (lire encadré), et les portables VAIO trouvent surtout preneurs auprès des dirigeants et des cadres nomades. Cela étant, le taux de pénétration des marques
VAIO (créée en 1998) et Clié (en 2001) est révélateur de l’évolution en cours. La gamme VAIO s’arroge quelque 40 % des parts de marché au Japon (plus que pour les téléviseurs), 8 % en Europe et 10 % en France (4 % étant à
attribuer au marché professionnel). ‘ Les chiffres de GfK sur le dernier bimestre nous créditent de 16 % de parts de marché pour les portables VAIO ‘, précise Frédéric Fauchère. Parallèlement,
malgré la déferlante Pocket PC, la marque Clié prend 13,3 % de parts de marché dans le monde au premier trimestre 2003, et 16 % en valeur sur le marché français. Des résultats qui en disent long sur les visées du géant nippon. Lors du
DreamWorld, Sony a rappelé que son potentiel d’innovation restait intact. Il a ainsi dévoilé le DSC-F828, un appareil photo à 8 millions de pixels, le Clié PEG-UX50, un véritable miniportable avec Palm OS (lire
DM&R n?’ 559), le VAIO EQ, un prototype d’ordinateur ‘ intuitif ‘, ou encore le modèle W1, un ordinateur-télévision tout-en-un…Plus discrète, la division stockage capitalise pourtant avec succès sur le format AIT auprès des entreprises, et sur sa récente marque StorStation. Au point de rivaliser avec HP, actuel leader du marché (lire
encadré)
. Cette division vient de sortir ses premières bibliothèques de stockage PetaSite au format propriétaire S-AIT, qui offrent une capacité maximale de 1,5 Po, et son premier serveur NAS (FSV-MSS). De son côté, la division
Recording Media et Energy a dévoilé le Giga Vault, un disque dur portable de 80 Go ainsi que le Micro Vault, un périphérique de stockage personnel doté d’un port Memory Stick Pro. Dernier volet de la convergence, l’alliance avec Ericsson.
Jusqu’à présent très déficitaire, elle devrait bientôtatteindre l’équilibre, voire engranger les premiers profits, d’après Katsumi Ihara, le président de Sony Ericsson. En juin, il a été décidé de supprimer 500 postes, de fermer le site de R&D de Munich et d’arrêter la
fabrication des téléphones cellulaires à la norme CDMA pour le marché américain.Enfin, si Sony réalise une forte valeur ajoutée avec le contenu audio-vidéo de ses produits grand public, cette perspective est peu réaliste pour le marché professionnel, en dehors du logiciel. L’intégration d’applications
professionnelles dans la gamme Clié serait d’ailleurs à l’ordre du jour, selon le président de la division PDA, Masanobu Yoshida. Dernière initiative plus stratégique, Sony a créé cet été avec Toshiba, Matsushita, Samsung, NEC et bientôt IBM, le CE
Linux Forum (visant à promouvoir Linux dans l’électronique grand public). Une orientation que Microsoft ?” ‘ l’ennemi numéro un ‘, selon Nobuyuki Idei ?” a sûrement suivie avec
beaucoup d’intérêt.

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Rémi Langlet