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« Solférinien », une polémique Twitter entre PS et UMP

Le Parti socialiste accuse l’UMP d’avoir créé ce profil en se faisant passer pour un Socialiste. Le parti majoritaire dément.

On prétend souvent que le monde politique peine à s’approprier les nouvelles technologies. Apparemment, il progresse, puisque les partis politiques viennent de découvrir que l’on peut utiliser Twitter pour quelques coups bas. Le parti socialiste accuse en effet l’UMP d’avoir créé sur le site de micro-blogging un faux compte se présentant comme celui d’un cadre du PS.

Anonyme, écrivant sous le nom de Solférinien [le PS a son siège rue de Solférino à Paris, NDLR], cet utilisateur est apparu à la fin du mois d’août. Il se décrit sur son profil comme « un Solférinien qui a tweeté pendant l’université d’été et qui va tweeter toute l’année de la rue Solférino et de l’Assemblée car il adore ! » Il s’amuse à brouiller les pistes, ironisant sur les personnalités de « son » parti, le nombre d’adhérents à jour de leur cotisation, les sondages favorables aux Socialistes, etc. Ce n’est pas très fin, car la dérision est systématique. Et le Parti socialiste le repère.

C’est jeudi 30 septembre, dans un communiqué, qu’il a publiquement accusé l’UMP d’être derrière cette initiative. Celle-ci outrepasserait les « limites des pratiques admissibles dans le débat en ligne ».

Jusque-là, en effet, les coups portés sur Internet par un parti contre un autre relevaient de la bonne guerre. L’inénarrable vidéo en lip-dub des Jeunes de l’UMP, fin 2009, commençait par exemple par une petite pique contre le PS. En juillet dernier, l’UMP, toujours, avait acheté des mots-clés sur Google pour faire remonter son site Internet dans les résultats de recherche et défendre le ministre du Budget, Eric Woerth, englué dans l’affaire Bettencourt. L’ancien secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-mer, Yves Jego, a, lui, eu maille à partir avec sa page Wikipédia.

Un piège sur Google

La page de Solférinien sur Twitter
La page de Solférinien sur Twitter – La page de Solférinien sur Twitter

Cette fois, pour le PS, cela va plus loin. Il dénonce des méthodes de corbeau et somme l’UMP de s’expliquer. Car le PS a réussi à identifier qui se cachait derrière le compte Solférinien, en lui tendant un piège. Les Socialistes ont en effet contacté l’utilisateur mystère pour lui promettre des révélations et des documents. Pour les obtenir, il devait s’authentifier sur une application Google, comme l’explique en détail Rue89. Ce qu’il fait, avec une adresse Gmail à son nom. Il s’agirait de Baptiste Roynette, responsable de la veille au sein de l’agence Web interne de l’UMP, comme l’a révélé Le Monde (le PS, dans son communiqué, ne donne aucun nom). L’intéressé a réagi sur son compte Twitter : « Sympa de découvrir que je suis derrière le compte Solférinien ! » Ce qui veut tout dire et son contraire, évidemment…

Quant à l’UMP elle-même, elle a répondu au PS par un communiqué à l’AFP pour démentir les accusations mais se refuse à tout commentaire supplémentaire pour l’instant. Le parti majoritaire souligne qu’il ne s’est « jamais [élevé] contre l’existence de comptes [Twitter] anonymes tels que Humourdedroite. »

Ce compte se présente en effet comme étant celui d’un utilisateur de l’UMP (anonyme) et publie des posts tout aussi peu subtils que ceux de Solférinien. Mais à la différence de ce dernier, il est quand même assez évident qu’il s’agit d’une parodie. A la rubrique « Bio » du profil, on peut lire : « Si vous n’êtes pas content, vous n’avez qu’à accueillir des Roms chez vous. »

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Arnaud Devillard