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RetroEngine Sigma, la console qui fait la nique à la NES Mini

Conçue autour d’une nano carte mère à bas coût, cette petite console émule bien plus de systèmes – NES, SNES, Megadrive, Amiga, etc. – et offre plus de potentiel que l’introuvable Nes Mini.

L’engouement qu’a suscité la NES Mini n’a d’égal que les déceptions techniques qui entourent la console – câbles trop courts, impossible d’ajouter des jeux – et l’indisponibilité de la petite console rétro. Une indisponibilité qui a conduit à une flambée des prix : initialement lancée à 59 €, l’introuvable console dépasse actuellement les 150 € sur les sites proposant des options d’achat. C’est ici qu’entre en jeu la RetroEngine Sigma, une console d’émulation dont la campagne de financement participatif est déjà un joli succès : en 48h à peine, le projet a levé 200.000 $, dix fois plus que le seuil minimal requis.

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A 59 $ hors frais de port, que peut bien proposer de plus la RetroEngine Sigma face à la NES Mini du mastodonte Nintendo? Oh, trois fois rien : une ribambelle d’émulateurs quand la NES Mini se borne -forcément- à une seule console, la possibilité d’ajouter ses propres jeux (sous la forme de ROMS), la compatibilité avec toutes les manettes USB et un système polyvalent intégrant, en plus des émulateurs, la distribution multimédia Kodi pour visionner ses films et une interface graphique XFCE pour l’utiliser comme un ordinateur de dépannage.

En clair, sur le papier, RetroEngine Sigma offre bien plus de potentiel que la NES Mini et pourrait, une fois l’engouement initial pour les vieux jeux retombé, avoir une seconde vie en tant que serveur multimédia quand la NES Mini prendra la poussière. Enfin, si le projet tient ses promesses…

Rien de neuf, mais tout y est

La NES Mini n’a rien inventé : elle n’a fait que surfer sur la vague de consoles rétro que les bidouilleurs ont développé autour des nano cartes-mères à bas coût type Raspberry Pi. De nombreuses distributions GNU/Linux très légères intégrant une ribambelle d’émulateurs ont ainsi été développées, comme RetroPie, EmulationStation ou le projet francophone RecalBox.

Contrairement à la NES Mini, son catalogue est extensible à des centaines de jeux, et on pourra aussi l’utiliser pour d’autres usages, comme regarder des films sur son téléviseur. Et en forme de pied de nez aux manettes de la NES Mini, dont les câbles sont bien trop courts, le RetroEngine Sigma accepte toutes les manettes USB.

Orange Pi sous le capot

Si l’information n’est pas officielle, les spécifications techniques communiquées par l’équipe de développement parlent clairement : avec son processeur Allwinner H3 à quatre coeurs ARM 7 cadencé à 1,2 GHz, son cœur graphique Mali 400 MP2, ses 512 Mo de RAM et son Wi-Fi intégré, il est limpide que la carte utilisée est une Orange Pi Lite. Un clone chinois de Raspberry Pi qui coûte encore moins cher que ce dernier et qui, comme lui, est capable de faire tourner des systèmes GNU/Linux légers et donc, des émulateurs.

Le portage des distributions dédiées aux Raspberry Pi sur les cartes Orange Pi semble aisé, au moins sur le papier, puisque le processeur Allwinner H3 est constitué, comme les processeurs Broadcom des R-Pi, de quatre cœurs ARM 7.  

Pirates ou pas ?

A part concevoir une coque plastique en 3D rappelant une vieille console, quel a été le vrai travail des équipes de RetroEngine Sigma ? Le portage des distributions sur Orange Pi ? Peut-être, mais pour ne pas être taxés de fumistes ou de voleurs de travail des autres – on se souvient du scandale de l’Anonabox – nous espérons que la petite équipe a pris la peine de peaufiner la partie logicielle afin d’offrir une expérience de jeu unique. Et léchée.

NES Mini, l’assurance et la loi

Que reste-t-il à la NES Mini pour convaincre ? Deux choses : l’assurance et la loi. L’assurance que tout fonctionne à la perfection, Nintendo étant le roi  des produits ludiques léchés et peaufinés. Quant à la loi, nous parlons bien évidemment ici du respect des licences des ayants droits des jeux intégrés à la NES Mini. Car ne nous leurrons pas, si les émulateurs sont techniquement conçus pour faire tourner vos sauvegardes de jeux de vos vieux systèmes, ils sont utilisés, dans les faits, pour exécuter les ROMS téléchargées sur le net. Si le préjudice est bien maigre, il n’en reste pas moins qu’aux yeux de la justice de nombreux pays, le téléchargement et le partage de ROMS est un délit.

Entre les incertitudes de tout projet participatif et l’interrogation autour des vraies apports logiciels qu’apportera l’équipe du RetroEngine Sigma, il vous appartient de faire l’arbitrage pour choisir votre console rétro – sans compter que vous pouvez déjà vous assembler une telle console avec un Raspberry et l’une des distributions d’émulation susmentionnées.

Dans tous les cas il semble que la campagne IndieGoGo du RetroEngine Sigma soit votre seule chance de vous procurer un produit tout monté et configuré, l’équipe en charge de son développement ne souhaitant pas se lancer dans la distribution de son produit en magasins.

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