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Retour gagnant pour l’Odorama sur Internet

Le FAI britannique Telewest Broadband teste un service de courriels odorants pour titiller les narines des internautes.

A sa sortie en salles en 1981, le film de John Waters, Polyester, était proposé au public en Odorama : un procédé assez rudimentaire de cartes parfumées, à gratter au fil des scènes. Le temps a passé, mais les
internautes qui auraient manqué ce sommet du mauvais goût cinématographique, auront bientôt droit à une séance de rattrapage inespérée.Le fournisseur d’accès à Internet britannique Telewest, spécialisé dans la connexion à haut débit, vient de lancer en test un service de courriels odorants. Cette technologie, développée à l’origine par la société américaine
Trisenx, repose sur une petite coupole que l’on branche à son PC comme n’importe quel périphérique. Elle intègre une cartouche composée elle-même d’une vingtaine d’arômes basiques.
Combinées, ces senteurs peuvent produire plus de soixante odeurs différentes.C’est là qu’intervient le courriel odorant. Quand une telle missive arrive dans la boîte aux lettres de l’ordinateur, elle envoie à la coupole des signaux électroniques pour lui indiquer de diffuser, sous forme de spray, telle ou telle
senteur exotique.Dans un communiqué publié par Telewest, Kate Fox, anthropologiste et directrice de recherche à l’université d’Oxford, explique que ‘ notre sens de l’odorat est directement connecté à nos
émotions ‘
. La solution technique retenue par Telewest contribuerait ainsi, selon elle, à ‘ humaniser le cyberespace ‘. Le propos est emprunt d’un certain optimisme, mais un
petit retour sur Terre s’impose. De manière plus prosaïque, Telewest envisage ainsi toute une kyrielle d’applications de nature à activer un irrépressible désir de consommation chez les internautes.Une gamme de services qui irait ainsi de l’épicerie en ligne (odeur de pain frais), à la liste de diffusion pour club de jazz (odeur de whisky) en passant par l’équivalent britannique du Pari mutuel urbain (odeur de crottin ?).Cependant, inutile de s’emporter : l’accès à ces nouveaux paradis artificiels n’est pas gratuit. Selon le FAI, il en coûtera 250 livres sterling (près de 375 euros) pour l’acquisition d’un petit dôme à cartouche parfumée.
Et le tout ne devrait fonctionner qu’à condition de posséder chez soi une connexion à Internet… en mode haut débit.

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Philippe Crouzillacq