Passer au contenu

PRISM : tour à tour, les géants du web nient tout en bloc

Les informations révélées par le Washington Post et The Guardian sont une bombe à retardement dont l’onde de choc risque d’être mondiale. Les géants du web nient avoir été au courant des méthodes du FBI et de la NSA.

Les révélations du Washington Post et du Guardian ont lancé un énorme pavé dans la Silicon Valley en révélant le programme PRISM qui est au web ce qu’Echelon et aux télécommunications.

Selon les journaux, les services de renseignements américains piochent dans les informations personnelles des serveurs des géants du web comme bon leur semble sans en référer à qui que ce soit. L’Agence nationale de sécurité américaine (NSA) et le FBI airaient accès aux serveurs de neuf géants américains de l’internet, dont Microsoft, Yahoo!, Google et Facebook, pour y surveiller les activités d’étrangers. Et pour finir, ce projet secret qui piétine les libertés fondamentales des citoyens a été validé par Barack Obama.

Leur méthode est simple. Ils utilisent des accès cachés dans les logiciels fabriqués par les principales entreprises informatiques américaines pour surveiller les internautes. Questions : ces accès ont-ils été délibérément ouverts aux autorités ou les services de renseignements ont-ils hackés les serveurs de Google, Facebook, Yahoo, Apple, Twitter, Skype, Dropbox…

Craignant des réactions de leurs clients, mais aussi – et peut-être surtout – des autorités des autres pays où ils se développent, ces grandes entreprises nient tour à tour leur implication dans ce projet dont ils disent tout ignorer.

Pourtant, le Washington Post a été contacté par un ancien employé du renseignement qui a fourni des documents, dont une présentation PowerPoint de formation décrivant le partenariat entre l’agence d’espionnage NSA et les sociétés internet.

Habituellement discret, Apple a réagi rapidement. Steve Dowling, son porte parole affirme que l’entreprise n’a « jamais entendu parler de PRISM. ». Il dément notamment les relations particulières avec les services secrets. « Nous ne fournissons aucun accès direct à nos serveurs à des agences gouvernementales, et toute agence de ce type recherchant des données sur un client doit obtenir un mandat judiciaire ».

Pour Google, il n’y a pas de “porte cachée”

Le discours est identique chez Facebook, le réseau social sur lequel on peut tout dire. Contactés par l’AFP, ses responsables ont également démenti ces accusations. « Nous ne fournissons à aucune organisation gouvernementale un accès direct aux serveurs Facebook », a affirmé Joe Sullivan, responsable de la sécurité du groupe.

La société confirme des échangent d’information, mais précise qu’elles se déroulent dans un cadre légal. : « Nous regardons de près la conformité au droit de telles requêtes, et ne fournissons des informations que dans les cadres requis par la loi », affirme Joe Sullivan.

Chez Google, c’est également la surprise. Dans un communiqué publié dans les deux quotidiens, la société de Mountain View affirme qu’il n’existe « pas de porte d’entrée cachée » à ses serveurs pour les services fédéraux. Quant à Microsoft, elle refuserait de participer à un tel programme », s’il en avait eu connaissance.

Toutes ces dénégations vont certainement être vérifiées de près par les autorités de toute la planète, Chine et Europe en tête. En effet, si la loi américaine protège les Américains d’une surveillance sans mandat de justice, les personnes situées hors du territoire ne bénéficient pas de cette protection et peuvent être espionnées en toute légalité.

Si l’affaire va créer un scandale aux États-Unis, l’onde de choc va dépasser ses frontières. De là à imaginer que les Cnil européennes vont demander des précisions sur ces agissements il n’y a qu’un pas que ne devrait pas tarder à être franchi.

Lire aussi :

Retrouvez notre dossier complet. Prism : surfez, vous êtes surveillé !

– Le FBI surveille toutes nos données personnelles dans Google, Facebook, etc., paru le 07/06/2013.

🔴 Pour ne manquer aucune actualité de 01net, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.


Pascal Samama (avec AFP)