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Photo : la meilleure stabilisation d’image s’obtient en combinant optique et capteur

Pour Panasonic et Olympus, les stabilisations optiques et mécaniques ne sont pas à mettre en concurrence mais doivent être utilisées de façon complémentaire.

Le monde de la photo est réparti en deux « gangs » : les marques qui stabilisent leurs optiques et celles qui ont opté pour la stabilisation du capteur d’image. Dans le premier gang on trouve Canon, Fujifilm, Leica, Nikon, Panasonic et Sigma (qui produit des reflex), les partisans de la stabilisation mécanique étant Olympus, Ricoh-Pentax et Sony.

À lire : Stabilisation optique, mécanique ou numérique… quelles différences ?

Cette frontière, à l’origine bien nette est en train de se brouiller. Car une marque commence à combiner les deux : Panasonic. Membre du clan des pro stabilisation optique, l’entreprise d’Osaka a en effet intégré – sacrilège ! – un capteur stabilisé dans 3 de ses boîtiers dont le nouveau Lumix GX80 présenté ce matin. Et selon nos discussions avec les ingénieurs de la marque, le mouvement n’est pas prêt de s’arrêter.

Est-ce un renoncement à la stabilisation optique ? Panasonic admet-il la supériorité de la stabilisation mécanique ? Non et non : pour la marque nippone, le futur de la stabilisation tient dans la combinaison des deux procédés.

Chacun ses forces

Si vous n’avez pas le courage – ou l’envie ? – de lire notre article ci-dessus expliquant les différents types de stabilisation, petit rappel sur leur utilité, indépendamment de leur nature. Dans un appareil photo ou un smartphone, un dispositif de stabilisation permet d’obtenir des clichés nets en compensant les mouvements de l’appareil ou de l’opérateur de celui-ci – c’est-à-dire vous.

Prise avec un vieil appareil incapable de monter dans les ISO et dépourvu de stabilisation, cette photographie a nécessité un temps de pose de 8s !

On peut ainsi faire des photos de paysage nocturne sans trépied et sans pousser trop loin la sensibilité du capteur afin de ne pas trop dégrader l’image. On peut aussi marcher en filmant puisque certaines stabilisations sont efficaces en mode vidéo. On peut également obtenir des clichés nets à bout de bras sur des sujets mobiles.

Adrian BRANCO, 01net.com – Les optiques stabilisées disposent souvent d’un bouton d’activation/désactivation de ladite stabilisation. Car sur un trépied, les mouvements permanents de la lentille détériorent la qualité d’image.

Le premier dispositif inventé était la stabilisation optique et elle a toujours les faveurs de grands noms de la photo. Elle est considérée comme celle qui dégrade le moins l’image puisqu’elle est adaptée à chaque formule optique. Son défaut ? L’intégration d’une ou de plusieurs lentilles dans les optiques rend ces dernières un peu plus encombrantes, plus lourdes, plus complexes et donc plus chères à produire.

Adrian BRANCO, 01net.com – Olympus a toujours privilégié la stabilisation du capteur comme ici son OM-D E-M1. Ici, l’activation/désactivation de la stabilisation se fait de manière logicielle.

De son côté, la stabilisation mécanique du capteur s’applique, virtuellement, à n’importe quelle optique, même ancienne et évite l’ajout de lentilles dans les optiques ce qui leur permet d’être (théoriquement…) plus légère et moins chères. Elle est de plus très efficace dans la compensation du mouvement de l’opérateur en mode vidéo. Ses défauts tiennent dans la plus grande complexité de conception du boîtier, un boîtier qui est nécessairement plus gros puisqu’il intègre les mécanismes de stabilisation.

Téléobjectifs : avantage à la stabilisation optique

Ne soyez pas effrayés par la photo ci-dessous : c’est un élément du diaporama qui nous a été projeté par un ingénieur de Panasonic. Il compare l’influence que peut avoir un mouvement d’un demi-degré d’angle à différentes focales : à 28 mm, 50 mm et 600 mm (en équivalents 24×36).

Les formules mesurent, quant à elles, le déplacement du capteur nécessaire pour corriger le mouvement parasite selon ces focales. Négligeable en grand angle et à 50 mm – 32 pixels et 58 pixels – ce mouvement de capteur explose à 600 mm. Il faudrait, en effet, que le capteur corrige une erreur de presque 700 pixels (696 pix précisément sur le document) et devrait donc effectuer un mouvement vertical de 2,6 mm représentant 20% de sa hauteur !

Un mouvement impossible à réaliser car, dans le cas d’un capteur Panasonic/Olympus répondant au standard Micro 4/3, ce capteur ne peut bouger que d’un seul millimètre selon cet axe. Un boîtier à capteur plein format de 42 Mpix comme dans le Sony Alpha A7R Mark II est donc, a fortiori, encore plus handicapé dans les longues focales – peut-être est-ce la raison de l’absence de telles optiques dans la gamme de Sony ?

L’élément technique qui donne raison à Panasonic, c’est que son comparse Olympus a finalement intégré une stabilisation optique dans son tout nouveau ZUIKO 300mm f/4.0 IS PRO signifié par la mention « IS » dans le nom de l’optique. Si la volonté de plaire aux utilisateurs de boîtiers Panasonic non stabilisés est un facteur qui a dû pencher dans la balance, il est certain que les ingénieurs d’Olympus ont aussi eu besoin d’intégrer un tel dispositif pour leurs propres boîtiers. La preuve : sur la page du produit d’Olympus France on y lit bien que sa stabilisation optique se couple à celle, mécanique, des OM-D.

Olympus.fr – Le 300 mm est un téléobjectif équivalent à un 600 mm sur un reflex 24×36. Cette focale très longue a forcé Olympus à intégrer un système de stabilisation optique.

Il n’y a pas de stabilisation qui soit universellement meilleure que l’autre. Avec un boîtier stabilisé, un constructeur peut concevoir de petites optiques grand angle et ultra grand angle en les débarrassant des lentilles de stabilisation.  D’un autre côté, la stabilisation optique est bien plus efficace sur les longues focales. Le must est donc désormais de stabiliser les deux éléments et de faire parler les composants entre eux. Panasonic et Olympus sont les premiers à ouvrir la voie et il est probable que d’autres suivront.

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