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Orange bride le débit de ses abonnés 3G +

L’opérateur reconnaît limiter l’accès mobile 3G + à 384 Kbit/s, soit le débit de la 3G classique. Seuls les utilisateurs d’iPhone 3G bénéficieront bientôt d’un meilleur débit.

‘ Désormais, tout le réseau 3G est 3G +, vous donnant ainsi accès à des débits encore plus rapides ‘. Comme les autres opérateurs mobiles, Orange n’hésite pas à vanter sur son
site les mérites de son réseau 3G +, la ‘ super ‘ 3G censée fournir un
accès Internet mobile entre 1,8 et 14,4 Mbit/s maximum.Mais dans les faits, même en zone de couverture 3G +, les abonnés aux forfaits haut débit mobile d’Orange ne disposent même pas d’un demi mégabit par seconde… Et pour cause : Orange bride volontairement leur débit, qui
ne dépasse pas celui de la 3G classique. Un comble pour ceux qui ont payé à prix d’or un téléphone compatible 3G + (ou HSDPA), tel que l’iPhone 3G.C’est précisément la fronde d’un groupe d’utilisateurs d’iPhone 3G qui a permis de révéler officiellement ce bridage. Réunis sur un
forum, des abonnés mécontents avaient constaté que leur débit mobile ne dépassait pas les 400 Kbit/s. Après avoir contacté plusieurs fois le service technique
d’Orange et mené leur petite enquête, les abonnés ont fini par déduire que l’opérateur bridait lui-même leur vitesse de connexion.

‘ Un débit de 384 Kbit/s est suffisant ‘

Une hypothèse que confirme aujourd’hui l’intéressé : ‘ Le débit est limité pour optimiser nos services 3G + pour le grand public et que chaque client ait accès au réseau de manière équitable. Un débit de
384 Kbit/s est suffisant pour un usage confortable ‘,
nous a indiqué un porte-parole d’Orange.Cette limitation ne concerneraient pas les abonnés professionnels : ‘ Le débit n’est pas bridé pour les utilisateurs de clé 3G + ou de PC Card [pour connecter un PC portable à Internet,
NDLR], nous a précisé l’opérateur. Mais pour le grand public, si le débit n’était pas limité, les premiers connectés à une station seraient bien servis, mais pas les suivants qui seraient
pénalisés ‘.
Un argument difficile à avaler de la part d’un opérateur qui a fait de la 3G + un ‘ plus produit ‘ pour vendre ses forfaits. Et qui revient à dire qu’Orange ne sait pas dimensionner correctement son
réseau.La nécessité d’un ‘ usage raisonnable ‘ du réseau par les utilisateurs pour maintenir une bonne qualité de service est d’ailleurs imposée par Orange à ses abonnés dans ses conditions
générales de vente : ceux-ci n’ont pas le droit de dépasser un trafic Internet de 500 Mo par mois sous peine d’une réduction de débit. Mais Orange le bridait déjà d’office.

Les abonnés SFR mieux lotis

Cela ne serait pas le cas chez SFR, qui propose aussi des accès par 3G +. ‘ Nous n’avons pas été rejoints par des abonnés SFR car ces derniers n’ont aucun bridage sur leurs abonnements, ils ont accès à la
3G + au delà de 2 Mbits
[SFR promet un débit maximum théorique de 1,8 Mbit sur son site, NDLR], nous a précisé un des membres du groupe frondeur d’abonnés Orange. D’ailleurs, nous sommes très
nombreux à avoir l’intention de migrer vers SFR ‘,
ajoute l’abonné.Les clients déçus ont mis en ligne une
pétition le 24 août pour réclamer les mégabits dont ils sont privés (mais qui ne
leur ont pas été promis contractuellement). Plus de 2 000 signatures ont déjà été enregistrées. Bousculé par ce remue-ménage, Orange a fini par réagir : l’opérateur s’engage aujourd’hui à porter le débit 3G + à 1 Mbit/s à
partir du 15 septembre prochain… mais seulement pour les utilisateurs d’iPhone 3G. Ils seront tout de même encore loin des promesses de la 3G +.

L’iPhone soupçonné de lenteur

Mais quand bien même, l’iPhone 3G saurait-il les tenir ? Depuis plusieurs semaines des utilisateurs du monde entier se plaignent des faibles vitesses de connexion de leur appareil qu’ils pensaient dopé. Une
étude aurait mis en cause la puce 3G + du téléphone d’Apple, mais l’implication des opérateurs n’est pas exclue, la preuve chez nous.Pour évaluer la situation à l’échelle mondiale, le blog américain de Wired appelle tous les utilisateurs d’iPhone 3G dans le monde à mesurer leurs vitesses de connexion. Elles sont répertoriées sur une
carte. Bien qu’empirique, elle permet déjà de se rendre compte que les utilisateurs d’Europe du Nord sont bien mieux lotis que dans l’Hexagone, avec des débits généralement de plusieurs
mbit/s…

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Julie de Meslon