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Opération séduction des constructeurs chinois

Les nouveaux dragons des télécoms venus de Chine – Huawei, ZTE, Haier – sont plus que jamais présents au 3GSM World Congress de Cannes. Objectif : séduire et montrer leur savoir-faire en matière de 3G.

Les équipementiers télécoms chinois Huawei et ZTE ne sont pas des nouveaux venus sur la Croisette. L’édition 2005 marque leur troisième participation consécutive au salon mondial 3GSM World Congress. A Cannes, il s’agit
pour eux de convaincre les opérateurs mobiles du monde entier qu’ils représentent une alternative réelle aux Nokia, Lucent ou Alcatel.Engranger les contrats apparaît comme une priorité pour ces nouveaux dragons des télécoms qui souhaitent vendre de plus en plus à l’international (Huawei y réalise un quart de
son chiffre d’affaires
). ‘ Il est très important pour nous d’être présents ici à Cannes, explique Richard Lee, responsable des relations extérieures de Huawei. Il le faut, car nous
devenons un vendeur important du monde des mobiles. Et les mobiles prennent une place croissante dans notre activité. ‘
Sur son stand, Huawei affirme pouvoir fournir des solutions de bout en bout, de la station de base radio
jusquà une gamme de terminaux 3G.

Rivaliser avec les Européens et pas seulement sur les prix

Le constructeur n’affiche pour le moment qu’une dizaine de réseaux 3G vendus dans le monde, dont en Europe et au Moyen-Orient. Sur le Vieux Continent, il a signé avec l’opérateur portugais d’entreprises
Inquam, pour un réseau CDMA 450 (un réseau 3G utilisant la norme CDMA2000 opérant dans la bande de fréquence 450 MHz), et avec le néerlandais Telfort, pour un réseau UMTS. En France, ses terminaux devraient
intégrer à terme la gamme des téléphones Orange.Pour Richard Lee, ‘ Ce qui intéresse les opérateurs, ce ne sont pas que les prix. Nous sommes aussi choisis pour notre expertise et notre qualité. ‘ Il reconnaît que convaincre les grands
opérateurs européens, qui ont choisi les équipementiers traditionnels, ne sera pas aisé. Mais il estime que les opérateurs qui ont déjà ouvert des réseaux 3G auront besoin d’augmenter leurs capacités, d’enrichir leur liste de
téléphones 3G. Et ils doivent déjà penser à la suite de l’UMTS, le HSDPA.A Cannes, ZTE, moins connu que son rival et voisin Huawei, était aussi venu faire les yeux doux aux opérateurs, en présentant ses premiers terminaux 3G. Le fabricant n’a pas encore percé en Europe, malgré les quinze bureaux
ouverts dans cette zone.‘ Nous en sommes encore au stade des discussions et des tests ‘, explique Cheng Lin, responsable de ZTE Europe. En attendant, la société soigne son image, en signant des accords de
R&D avec Portugal Telecom, et un accord de distribution avec Alcatel, dévoilé à Cannes. Pour ZTE comme pour Huawei, pas question de limiter l’argumentaire aux seuls prix bas. ‘ Nous sommes certes très compétitifs.
Mais les opérateurs veulent aussi de l’expertise et du suivi commercial. Nous serons capables de leur apporter. ‘

Haier, porte drapeau de Pékin

Aux côtés des deux grands constructeurs, Haier Electronics n’étale pas les mêmes ambitions. Cette entreprise chinoise publique, connue en Europe et en France pour ses produits blancs et bruns, ne parle pas de
‘ solutions de bout en bout ‘, mais seulement de téléphones mobiles d’entrée et de milieu de gamme à prix modestes.Haier souhaite conclure des accords avec les opérateurs européens et certains distributeurs. La firme, qui a installé son siège européen en Italie, pense apparaître en France à la rentrée prochaine, avec 3 ou 4 nouveaux modèles,
dont un téléphone très design en forme de stylo.‘ Les besoins en Europe et en Chine sont très différents. Là-bas, les gens choisissent leur téléphone. Ici, ce sont les opérateurs qui décident de tout en matière de terminaux, nous devons donc connaître leurs
besoins
, explique Paolo Mainardi, responsable d’Haier Europe. Les opérateurs ont encore besoin de produits de base, notamment pour leur parc pré-payé. S’il veulent attaquer un segment particulier très rapidement,
nous sommes réactifs et nous pouvons les aider. ‘
Sur le fait de s’attaquer à l’Europe, marché plutôt saturé, Paolo Mainardi n’hésite à dire qu’Haier est, pour Pékin, une sorte d’‘ arme politique ‘, la
démonstration du savoir-faire chinois, mélangeant produits de qualité et prix modestes.

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Guillaume Deleurence (à Cannes)