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Nouvelle offensive de Nintendo contre le piratage de la DS

Alors que les poursuites engagées l’an dernier suivent leur cours, Nintendo a de nouveau obtenu la saisie de plusieurs centaines de ‘ linkers ‘ chez les cybermarchands et les grossistes.

Plus de 6 millions de DS auraient été écoulées en France depuis son lancement il y près de quatre ans. Un record dans l’Hexagone. Nintendo n’entend pas laisser le piratage entacher ce succès. Le fabricant entame une
nouvelle campagne contre les linkers, ces cartouches vierges qui permettent de faire tourner des copies pirates de jeux téléchargées gratuitement sur Internet (1).A la suite des plaintes de Nintendo, la direction centrale de la police judiciaire a procédé il y a quelques jours à la saisie de plusieurs centaines de ces accessoires. D’autres actions sont prévues. Fin 2007 déjà, les forces de
l’ordre avaient mené des
opérations comparables contre des grossistes et des distributeurs sur le territoire français. Au
total, plusieurs dizaines de milliers de produits auraient été saisis.Cette nouvelle offensive du japonais intervient alors que la vente de ces cartouches semblait reprendre de plus belle. ‘ Nous avions noté une forte recrudescence de la vente sur Internet depuis septembre
dernier,
explique Véronique Vasse, chargée des affaires juridiques de Nintendo France. Nous ciblons le commerce à grande échelle et en priorité les sociétés situées en région parisienne et en province qui importent ce
matériel en France et qui sont la source d’un réseau très ramifié que nous voulons démanteler. ‘
Le fabricant attend également la suite de l’action en justice engagée en 2007. L’affaire est en
attente de jugement au tribunal correctionnel de Paris. Ce dernier devrait rendre un avis ‘ au premier semestre
2009 ‘,
mais Nintendo ne cache pas son impatience.

De nouveaux ‘ linkers ‘

‘ C’est une décision importante pour nous. Notre objectif est d’obtenir l’interdiction de la commercialisation de ces produits sur le territoire français, car les copies de jeux téléchargées sur Internet sont des
contrefaçons obtenues en contournant les mesures de protection et le logiciel de la DS ‘,
explique Véronique Vasse.D’abord effrayés par les saisies opérées fin 2007, les revendeurs sont progressivement revenus sur Internet cette année. Si la plupart proposent leurs produits discrètement, en les regroupant dans des sous-rubriques spécifiques ou en
les rendant accessibles uniquement par biais du moteur de recherche de leur site, d’autres n’hésitent plus à acheter des bannières publicitaires pour attirer les clients.Selon Véronique Vasse, certains fabricants proposent même des linkers spécifiquement conçus pour échapper à la législation française. ‘ Sur ces modèles, les fabricants ont dissocié le logiciel
qui permet d’exécuter une copie de jeu piraté du
linker lui-même. L’utilisateur doit télécharger ce logiciel après avoir acheté le linker. Les pirates pensent ainsi contourner la législation française mais,
en fin de compte, cela ne change absolument rien ‘,
assure-t-elle.

Le piratage de la Wii en ligne de mire

Les linkers de dernière génération utilisent des cartes MicroSD. Sachant que le poids d’un jeu oscille entre 16 et 256 Mo, une carte de 2 Go seulement peut contenir plus d’une cinquantaine de titres.
Nintendo estime à 770 millions d’euros le montant du préjudice causé par le piratage de la DS dans le monde.Bien que plus difficile à pirater (il faut souder une puce pirate sur la console, ce qui annule la garantie), la Wii, l’autre console vedette de Nintendo, fait également l’objet d’un trafic, et le fabricant envisagerait des opérations
semblables à celles menées pour la DS.(1) Les linkers peuvent également accueillir des logiciels développés par les utilisateurs eux-mêmes (les ‘ HomeBrew ‘).

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David Maume