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Midem, la taxe Internet pour financer l’industrie culturelle a le vent en poupe

Acteurs privés et publics ont profité du Midem pour préciser leur position sur une taxe Internet, faisant payer le financement des industries culturelles par les acteurs du Net, comme Google et les FAI.

Grand rendez-vous annuel de l’industrie musicale mondiale, le marché international du disque et de l’édition musicale (Midem) se tient jusqu’à demain, mardi 29 janvier 2013, à Cannes.

L’industrie musicale pour une taxe Internet

L’occasion pour les différents acteurs du secteur de faire le point sur la situation et de dessiner à grands traits leur vision des solutions à apporter à une crise du marché. C’est le cas de Thierry Chassagne, président de Warner Music France, l’une des « majors » de la musique en France. Il a ainsi réclamé dimanche 27 janvier une taxe internet pour aider la création française et l’industrie du secteur qui est en crise. « On a perdu près de 60% de notre industrie sur les 8-9 dernières années. Il est clair qu’on a besoin d’un ballon d’oxygène, on ne peut pas se contenter de réduire les effectifs, réduire les enregistrements d’artistes. On a besoin d’être aidés », a-t-il déclaré sur Europe 1.
« On demande que les Google, que les fournisseurs d’accès puissent à un moment donné être taxés et que ce soit reversé au profit de la création française. (…) Ces gens ont complètement bénéficié de nos contenus pour attirer des internautes chez eux. » a-t-il argumenté.

Un appel du pied en direction du gouvernement

Alors que le marché français du disque devrait accuser un nouveau repli en 2012, les principaux acteurs de la filière multiplient depuis quelques jours les interventions pour dénoncer « l’exception numérique » qui les prive de précieuses ressources.

Des propos tenus quelques heures avant que la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, prenne la parole sur cette question. « J’espère que la ministre ira dans notre sens (…) J’espère qu’elle pourra entendre les problématiques. On a beaucoup licencié, on a beaucoup rendu de contrats. Il est important que notre ministre de tutelle puisse nous soutenir dans notre démarche de producteurs », concluait Thierry Chassagne.

La position gouvernementale

Et de fait, Aurélie Filipetti a semble-t-il entendu la position de l’industrie musicale. « Aujourd’hui, les grands acteurs de l’internet doivent participer au financement de la création, comme dans les années 80 on a mis à contribution les chaînes de télé pour pré-financer le cinéma », a-t-elle déclaré à l’AFP, dimanche 27 janvier. Aurélie Filippetti a également renvoyé aux conclusions de la mission Lescure sur l’« Acte II de l’exception culturelle », attendues fin mars, sur la question de la création d’une « taxe Google » réclamée par le secteur.
« La difficulté, c’est comment (faire pour associer les acteurs de l’internet au financement de la création, ndlr) et c’est pourquoi il y a un travail qui est fait par la mission Lescure et c’est pourquoi j’attends ses conclusions, mais je suis favorable sur le principe, bien sûr », a assuré la ministre.

Distorsions fiscales et exception culturelle

Aurélie Filippetti a estimé que le gouvernement devait « avancer sur deux tableaux », celui de la fiscalité du numérique et celui du financement de la création. « D’une part, il n’est pas normal que des entreprises bénéficient de distorsions fiscales, parce que c’est de la distorsion de concurrence. Mais d’autre part, il y a les mécanismes de ce qu’on appelle l’exception culturelle. On a créé au fil des années des mécanismes spécifiques qui consistaient à faire participer en amont au financement des oeuvres culturelles, ceux qui les diffusent, et ça doit aussi s’appliquer aux réseaux et à Internet », a-t-elle détaillé. « Ce n’est pas de la subvention. Les mécanismes de l’exception culturelle n’ont jamais été de la subvention. Il y a un lien direct entre l’activité économique générée par les acteurs culturels qui irriguent d’autres acteurs de l’économie. C’est un cercle vertueux », a-t-elle affirmé.

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Pierre Fontaine, avev AFP