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Linuxworld : les éditeurs débarquent en force

Les applications sous Linux ont fleuri lors de l’édition de Linuxworld à San Francisco (8 au 11 août). Un constat qui devrait accélérer l’adoption du système d’exploitation par les entreprises.

A entendre les experts, le manque d’applications est le principal frein à l’adoption de Linux par les entreprises. C’est pourquoi la présence d’une centaine d’éditeurs lors de la dernière édition du
salon Linuxworld à San Francisco, dont Computer Associates, IBM, Oracle, SAP, Siebel, Sun, Symantec/Veritas et VMWare, est perçue comme un tournant pour tous les acteurs du secteur.‘ Les éditeurs, grands et petits, considèrent aujourd’hui Linux comme une plate-forme majeure, au même titre qu’Unix et Windows. Il y a bien sûr les distributeurs de Linux, comme Novell et Red Hat,
et les éditeurs d’outils d’administration et de logiciels d’infrastructure comme les serveurs Web et J2EE ou les bases de données. Mais aussi, de plus en plus, de grosses applications, libres ou pas, de type CRM ou ERP arrivent
sur Linux ‘,
explique Dan Kusnetzky, analyste chez IDC. Ce cabinet d’études américain estime d’ailleurs que la vente de serveurs Linux dépassera les 9 milliards de dollars dans quatre ans. La majorité des
ventes Linux se faisant aux dépens des installations Unix, d’entrée et de moyenne gamme, plutôt que de Windows.

Faire tourner Windows sous Linux

Pour justement répondre à cette évolution du marché, IBM a ‘ réaligné ‘ sa force de vente Linux autour d’une offre de solutions (produits et services) métiers comme l’automobile, la banque ou la
grande distribution. ‘ La réduction des coûts n’est plus l’argument premier des entreprises qui adoptent Linux. Ce système est aussi devenu la plate-forme pour leurs futures
applications ‘,
insiste Steve Mills.Le responsable de la division logicielle chez IBM a aussi profité de Linuxworld pour promouvoir l’utilisation de Linux sur le poste de travail, au moment où Sun en abandonne l’idée, préférant au contraire celle de
terminaux graphiques comme le Sun Ray.Les solutions de virtualisation qui permettent d’augmenter le taux d’utilisation d’un serveur, en multipliant les machines virtuelles, et de simplifier l’installation et la gestion des applications, étaient
aussi omniprésentes sur Linuxworld. Dans le but d’en faire un standard, VMWare a annoncé qu’il donnerait accès au code source de son moniteur de machine virtuelle ou hyperviseur à ses partenaires (AMD, BMC, CA, Intel, Novell, Red
Hat…), mais pas à ses clients. Une manière de couper l’herbe sous le pied au projet Xen, un logiciel libre de virtualisation qui pourrait bien être intégré en standard dans le prochain noyau de Linux. Il sera alors possible de faire tourner
Windows sous Linux !De son côté, CodeWeavers a présenté CrossOver Office 5.0, prévue en septembre prochain, qui permet d’exécuter, en natif et sans émulation, des applications Windows sous Linux, avec notamment le support de Microsoft Office
2003.

Une version 3 de la licence GPL en 2007

L’Empire Microsoft s’est aussi fait remarquer sur le salon avec la présentation de son labo open source situé au c?”ur de son campus de Redmond et qui contient plus de 300 machines (serveurs et
PC) sous Linux, Unix et Windows. ‘ Mon rôle n’est pas d’exterminer Linux. Mais de comprendre comme les machines Windows fonctionnent avec les autres systèmes ‘, expliquait Bill Hilf, le
directeur du labo déguisé pour l’occasion en soldat (stormtrooper) de la Guerre des Etoiles !Enfin, une session a été dédiée à la prochaine version 3.0 de la licence GPL, adoptée par tous les logiciels libres, et qui est attendue en 2007, soit seize ans après la dernière révision. La GPL 3.0 devrait notamment répondre
aux questions autour des brevets logiciels, de l’utilisation de logiciels libres au sein de réseaux et la possibilité de mélanger du code libre GPL avec du code soumis à d’autres licences.

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Jean-Baptiste Su (à San Francisco)