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L’Europe se voit attribuer son dernier bloc d’adresses Internet IPv4

Le registre de la zone Europe alloue son dernier bloc d’adresses IPv4. Il devient urgent de migrer vers IPv6 et ses adresses IP quasi-infinies.

Le Registre régional européen chargé de distribuer les adresses Internet (Ripe) annonce avoir attribué ses ultimes lots d’adresses iPv4, une étape symbolique qui devrait pousser les acteurs du secteur à accélérer leur transition vers le nouveau standard IPv6 qui peut accueillir environ 340 sextillions (340 suivi de 36 zéros) d’adresses. Actuellement, Internet fonctionne avec le système d’adressage standard IPv4, qui permet l’existence de « seulement » quatre milliards d’adresses qui sont presque toutes distribuées en raison de la multiplication des terminaux connectés.

Le Ripe rappelle à cette occasion : «Il est à présent impératif que toutes les parties prenantes déploient l’IPv6 afin d’assurer la continuité de leurs opérations en ligne et la croissance future d’Internet» En 2011, la région Asie-Pacifique avait été la première à annoncer la pénurie d’adresses dans sa zone. La région nord-américaine devrait être la prochaine à se retrouver dans ce cas, au printemps prochain.

La pénurie annoncée d’adresses IPv4 n’aura pas d’effet immédiat

Concrètement, l’allocation des adresses IP est régie selon un mode de fonctionnement pyramidal. Le bureau européen allouera ainsi ses derniers blocs d’adresses IPv4 aux registres Internet locaux (composés notamment d’opérateurs et de FAI), lesquels les utilisent ensuite pour leurs clientèles professionnelles ou résidentielles. Ces registres locaux ne pourront recevoir qu’une allocation de 1 024 adresses IPv4, même s’ils pouvaient prétendre à plus, précise le Ripe.

« Il n’y a pas de surprise, tout cela était très prévisible depuis des années, mais c’est quand même une étape symbolique importante », a commenté à l’AFP, Stéphane Bortzmeyer, ingénieur R&D à l’Association française pour le
nommage Internet en coopération (Afnic). « A très court terme, il n’y aura pas d’effet visible, ce n’est pas la fin du monde. Les adresses IPv4 allouées le restent. Mais il y aura de plus en plus de problèmes de communication, au fil du temps, entre les deux standards », explique-t-il. « Le fait que des décideurs informatiques, peu raisonnables, n’aient pas entamé sérieusement en 2012 une migration vers IPv6 est une faute professionnelle grave, un manque de réalisme. Il y avait du temps pour se préparer », conclut S. Bortzmeyer, sur un ton plutôt provocateur !

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Frédéric Bergé avec AFP