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Les yeux de la grande muette

Lors de ses opérations, l’armée française mise sur ses drones, des avions pilotés par ordinateur. Drôles d’espions.

Sur le tarmac de la base américaine de Bagram en Afghanistan, un avion sans pilote s’approche. Son atterrissage léger contraste avec les hurlements des F15 qui décollent. L’avion roule doucement le long de la piste tandis que s’approchent les équipes d’entretien de l’armée française.Cette grosse chouette au service de l’Otan, c’est le Harfang, le plus grand et le plus performant des drones français. Son rôle ? Voler haut, voir loin et rapporter des informations. Piloté depuis un ordinateur, cet avion est devenu un outil indispensable pour la collecte de renseignements de la coalition. Car dans ce pays complètement ravagé par la guerre, les infrastructures routières sont au mieux délabrées, au pire piégées par des engins explosifs improvisés.Quant au relief, ce ne sont que montagnes, sables et poussières, un paradis pour organiser des embuscades. Dans ce contexte difficile, le rôle de ces drôles d’avions est bien sûr déterminant

Un pilote au chaud

Ne pilote pas un drone qui veut: ici, c’est un ancien pilote de Mirage 2000 qui tient le manche virtuel. Ce militaire a troqué son exigu cockpit contre plusieurs écrans et mène sa mission à des dizaines de kilomètres de l’avion qu’il dirige. Si le plaisir de voler n’est pas le même, il confie que “ l’absence de risques rend les missions plus sereines ”. Et la grande autonomie des drones permet à plusieurs pilotes de se relayer sans interrompre la mission.

Le saint des saints

La salle de commandes avec, au centre, le chef de mission, en liaison permanente avec le commandement OTAN, les analystes images à gauche, chargés de collecter les informations et le pilote au fond. Détail geek : c’est avec une version spéciale du logiciel de discussion mIRC que le chef de mission communique avec les Américains. Simple et efficace !

Big brother is watching you

C’est ce genre d’écran que scrutent les analystes images : au moyen du flux vidéo continu envoyé par le drone, ils repèrent des objectifs, enregistrent l’activité d’une zone, d’une maison, surveillent les routes ou des sites stratégiques. Ici, le téléviseur de la salle de pause permet à l’équipe de remplacement de se préparer à prendre le relais d’une mission en cours.

Le contrôle technique

Totalement informatisé, le drone ne peut rendre compte du temps ou d’une avarie comme le ferait un humain. La caméra embarquée sur sa queue permet aux équipes au sol de surveiller en temps réel l’état de l’appareil. Comme tout engin piloté à distance, il doit rester dans la zone d’émission de l’antenne et les perturbations météorologiques peuvent le clouer au sol. Son fonctionnement nécessite en effet la transmission d’un important flux de données.

Mission possible

Autour de Kaboul et de Bagram, le terrain est très accidenté. Les montagnes et la mauvaise qualité des routes rendent les transports terrestres lents, tandis que les escarmouches et autres engins explosifs sont sources de danger. Doté d’une autonomie de 24 heures et pouvant voler à 10 km d’altitude, le Harfang est l’engin rêvé pour surveiller le pays.

La révision des 10 000

“ Un avion en l’air, c’est des dizaines de personnes au sol ” : l’absence de pilote dans les drones ne change pas l’adage. Outre le centre de pilotage, les analystes images, le chef de mission… faire voler un drone nécessite des techniciens, que ce soit pour la maintenance au sol ou pour déployer les réseaux de télécommunications entre l’avion et la base. Ici, de retour de mission, il est préparé avant de rentrer au hangar afin de subir une batterie de vérifications.

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Adrian Branco