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Les “telcos” européens cherchent la voie

Les principaux opérateurs ont abandonné leurs ambitions paneuropéennes. Bloqués dans leurs frontières, ils devront réinventer un modèle de croissance.

”  Point de salut en dehors d’une présence paneuropéenne.  “ Tel était le credo des grands opérateurs qui comptaient sur l’UMTS pour étendre leur zone d’intervention. En 2000, en pleine effervescence mobile, France Telecom, Deutsche Telekom, Telefonica, Telecom Italia, BT ou KPN affichaient la même ambition : chercher de la croissance sur un marché porteur par le biais d’acquisi-tions ou d’obtention de licences de troisième génération. L’objectif était louable : compenser l’érosion de leur activité nationale, conséquence directe de la concurrence. Et l’habillage économique implacable : l’exploitation de plusieurs réseaux devait permettre d’augmenter la force de négociation pour l’achat de terminaux mobiles et d’équipements de réseaux et d’intégrer les recettes d’itinérance.Deux ans plus tard, à l’exception de Vodafone, aucun opérateur ne peut plus se prévaloir du statut d’acteur paneuropéen et des avantages économiques associés. Seul Orange, filiale de France Telecom, affiche une position de premier rang dans trois pays (France, Grande-Bretagne et Belgique). Les campagnes allemande, italienne et espagnole se sont soldées par des abandons totaux ou partiels.Quant aux autres opérateurs, ils ont purement et simplement lâché leur projet en cours ou gelé leurs investissements UMTS, comme Telefonica. “Aujourd’hui, Vodafone a clairement un avantage concurrentiel face à ses rivaux, qui ne peuvent pas dégager les mêmes économies d’échelle”, relève Laurent Balcon, analyste de Global Equities spécialisé dans le secteur des télécoms. “En dehors de Vodafone, les opérateurs qui s’en sortent le mieux financièrement sont ceux qui n’ont pas quitté leur territoire national. Mais ils devront réinventer un modèle de croissance dans les trois années qui viennent”, note de son côté Pierre Brzustowski, vice-président d’AT Kearney en charge des télécoms et des médias. Un rapide coup d’?”il sur les comptes du premier semestre d’Orange montre l’importance de la diversification géographique. Malgré son absence des territoires allemand et espagnol et une présence partielle en Italie, la filiale de FT montre une progression de marge d’Ebitda de 29,8 % au Royaume-Uni, où elle est leader, et de 20,5 % dans le reste du monde. Au premier semestre 2001, elle était respectivement de 21,3 % et 5,1 %.Cette phase de repli ne peut-être que temporaire. “Comme dans toute industrie, il y a toujours une recherche d’effet de taille”, explique encore Pierre Bruzstowski. Les grandes man?”uvres reprendront après l’assainissement des finances des principaux acteurs. En attendant, ces derniers explorent un nouveau mode de partenariat. À défaut d’intégrer les recettes d’itinérance, ils bénéficient encore d’accords commerciaux avantageux. Et dans l’ombre, ils tentent de mutualiser les achats face à des équipementiers récalcitrants.

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Thierry Del Jésus