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Les opérateurs découvrirait-ils mes affres de la concurrence ?

L’association Ténor et le cabinet Cesmo se lancent dans la réalisation d’un livre blanc pour dénoncer un bilan déséquilibré de trois ans d’ouverture à la concurrence du marché des télécoms. Le prérapport qu’ils présentent laisse parfois sans voix.

Dans l’esprit général, la concurrence doit, en premier lieu, bénéficier au consommateur. L’association professionnelle Ténor, épaulée par le cabinet Cesmo, estime quant à elle qu’elle doit aussi (surtout ?) bénéficier aux acteurs du marché. Ainsi, partant d’un sondage réalisé auprès de douze institutions financières de la place de Paris, Ténor et Cesmo entreprennent la rédaction d’un livre blanc intitulé Bilan de l’ouverture à la concurrence.

Les nouveaux entrants n’auraient pas le sourire

Trois tables rondes, portant sur la téléphonie fixe, les télécoms mobiles et Internet, et rassemblant chacune douze représentants des professionnels du secteur (opérateurs et constructeurs), seront organisées d’ici à la fin de ce mois. Le comité de pilotage du livre blanc – Carrier 1, Ericsson, Kertel, Matra Nortel Communications, Telia et Western Telecom, ainsi que l’avocat Olivier Iteanu – propose une série de thèmes de réflexion. On remarquera, au passage, que ce comité peut se targuer de n’accueillir en son sein ni Bouygues Telecom ni Cegetel, pas plus que 9 Telecom ou Tele2, pourtant poids lourds du marché.Le premier constat établi par Ténor et Cesmo fait état d’un bilan déséquilibré. En effet, s’il apparaît positif pour l’État (premier actionnaire de France Télécom) et pour le consommateur, il est en revanche décevant pour les nouveaux entrants.Et le comité de pilotage de se plaindre des investissements réalisés par ces mêmes opérateurs qui n’ont ainsi plus “la possibilité de rentabiliser ces investissements à moyen terme”. Encore faudrait-il que le marché des télécoms soit un marché à moyen terme.Ténor déplore également le “nombre trop important d’acteurs pour une clientèle trop restreinte” !

Une réglementation qui se hâte lentement

Une prise de position étonnante de la part d’une association professionnelle. “La réglementation arrive trop tard “, précisent aussi Cesmo et Ténor, ajoutant qu’il faut un à deux ans pour mettre en place un cadre législatif. Dans ce laps de temps, “les nouvelles technologies sont arrivées, et il est trop tard pour réussir à gagner des parts de marché importantes”. Pourtant, si l’on s’en tient aux seuls chiffres concernant le téléphone mobile, on constate que France Télécom compte près de douze millions d’abonnés, quand ses deux concurrents directs en possèdent autant, mais à eux deux…#171; La téléphonie fixe fait partie du passé “, ” Tout ne sera que mobile à l’horizon 2004 “, martèlent enfin les rapporteurs. Certes, selon l’ART, la croissance du chiffre d’affaires des services mobiles est impressionnante (+ 52,2 % entre 1998 et 1999). Mais la téléphonie fixe n’est pas en reste, puisqu’elle croît de 3 % sur la même période.En 1999, ce marché représentait la modique somme de 100 milliards de francs (15,24 milliards d’euros) contre 39 milliards de francs (environ 6 milliards d’euros) pour les mobiles.Suivent d’autres pistes de réflexion que Ténor et Cesmo présentent comme des questions qui trouveront une réponse à la fin des consultations. Une interrogation est levée avant même l’élaboration du livre blanc : pourquoi les utilisateurs ne sont-ils pas associés à cette consultation ? Tout simplement parce qu’ils sont satisfaits !

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Jérôme Desvouges