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Le plus petit « disque dur » au monde ne mesure que 100 nanomètres de large

Des chercheurs néerlandais ont réussi à créer une unité de stockage « atomique ». Chaque bit de données repose sur un atome. Un tour de force qui permet d’atteindre une densité de stockage 500 fois supérieure à celle de nos disques durs actuels.

Toujours plus petit. Sous la férule de la loi de Moore, l’électronique maintient cette course depuis plus de cinquante ans. Au point que de nouveaux matériaux doivent être développé pour éviter les dérapages quantiques, au point que la taille de ces composants se mesure désormais à l’échelle de l’atome.

Une densité de stockage record

Et justement, des chercheurs de l’université de Delft, aux Pays-Bas, ont créé une unité de stockage si petite qu’elle ne mesure que 100 nanomètres de large. Chaque bit de données qui y est stocké l’est sur un seul atome, ce qui permet d’atteindre l’extraordinaire capacité d’un kilooctet pour l’ensemble de l’appareil. Pour donner la peine mesure de ce chiffre, il faut préciser que cela représente une densité de stockage de l’ordre de 500 Terabits par pouce carré, ce qui est 500 fois mieux que les disques durs actuellement disponibles dans le commerce.

Pour ceux qui préfère se référer à une comparaison plus tangible, « en théorie, cette densité de stockage permettrait de stocker tous les livres jamais écrits par l’homme sur un seul timbre poste », explique Sander Otte, le responsable de l’équipe de scientifiques qui ont obtenu ce résultat.

Une technologie stable et automatisée…

Comme pour tout système de stockage binaire, deux positions sont enregistrables. A la surface d’atomes de cuivre, les chercheurs font glisser un atome de chlore. Les atomes forment une grille parfaitement carrée, sur laquelle il est assez facile, à en croire les chercheurs, de déplacer les atomes de chlore. Si ces derniers sont au-dessus, il faut lire un 1, s’ils sont en dessous, c’est un 0. Il suffit alors d’aligner 8 atomes de chlore sur une rangée pour obtenir un octet.

Les chercheurs ont également trouvé un moyen de produire des marques spéciales qui indiquent la fin d’une ligne ou d’un fichier, ou encore que l’espace suivant doit d’être ignoré.

Le système ainsi mis au point est suffisamment fiable et fonctionnel pour pouvoir être automatisé. Autrement dit, les chercheurs n’ont pas besoin de placer les atomes un à un « à la main ».

Mais encore loin de devenir notre réalité quotidienne

Est-ce que cela veut dire que cette technologie va débarquer dans nos ordinateurs très rapidement ? Sans doute pas. Pour l’instant, son fonctionnement semble intimement lié aux conditions particulières obtenues dans un laboratoire. Pour que les atomes de cuivre et de chlore soient stables et restent organisés comme on le souhaite, il faut les placer dans un état de vide et à une température de 77° Kelvin, soit environ 196° Celsius en dessous de zéro.

Malgré cette limitation d’importance, ce progrès est très encourageant car les chercheurs jouent depuis longtemps avec l’idée du stockage de données au niveau atomique. Dusse cette technologie un jour quitter son laboratoire d’origine, son utilisation pourrait fondamentalement révolutionner l’univers high tech où l’enjeu du stockage des milliards de Teraoctets générés chaque jour par nos vies numériques est de plus en plus problématique. Chaque jour nous générons environ 2,5 trillions d’octets de données, avec nos postes sur les réseaux sociaux, avec nos photos, nos mails, nos messages. Une quantité de données démesurément grande qui explique que la solution soit paradoxalement dans le démesurément petit…

Source :
Université de Delft

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Pierre FONTAINE