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Le codesign, accélérateur de développement

Concept connu et revivifié par les nouvelles technologies, le design collaboratif assure l’échange d’informations entre les équipes en charge de la conception d’un produit. De l’idée à sa mise en vente…

Le délai de mise sur le marché d’un produit devient critique pour les entreprises. Quelques mois de retard et les conséquences peuvent être dramatiques. À quoi bon lancer, par exemple, un portable deux mois après ses concurrents ?Pour éviter ces mésaventures, nombre d’entreprises s’intéressent au codesign. Le concept n’est pas nouveau, mais désormais il exploite le net pour la communication entre acteurs et l’échange d’informations. Cela consiste à intégrer tous les participants au développement des produits ?” partenaires, sous-traitants, fournisseurs et services achats ?” dans le cadre d’un travail collaboratif. Ce périmètre varie selon les sociétés et les produits.

Accélérer les échanges

Avant la démocratisation des moyens de communication, les solutions collaboratives étaient cantonnées au sein d’une entreprise ou nécessitaient la mise en place de réseaux EDI, coûteux et complexes. À cela s’ajoutaient les réunions de coordination. “Ford est un cas d’école. Le constructeur a réuni, voici quelques années déjà, tous les acteurs prenant part au développement des freins pour leur fixer un objectif précis : réduire les coûts de 20 %. L’objectif fut rempli. Seulement, ce mode de travail implique des déplacements. Le codesign promet les mêmes performances avec une plateforme électronique, accélérant l’échange d’information entre les équipes”, explique Paul de La Rochefoucauld, DG de Sourcing Parts, société spécialisée dans l’optimisation des processus de fabrication. Les données échangées répondent au langage XML. Afin d’en assurer la confidentialité, les sociétés utilisent des algorithmes de chiffrement et des infrastructures à clés publiques.Pas étonnant dans ces conditions que certaines industries soient plus sensibles que d’autres à ce message : les constructeurs automobiles, l’aérospatial, l’aéronautique et le secteur militaire. Toutefois, la mise en place de ces plateformes est loin d’être simple. Les systèmes d’information traitant les processus d’innovation englobent une large palette de logiciels : gestion de projets et d’affaires, de données techniques et de documentation, conception assistée par ordinateur (CAO), gestion des connaissances, simulateurs, etc. Autant d’outils et d’équipes spécifiques à fédérer. Tous ces paramètres expliquent que les entreprises soient encore rares à disposer d’une vue d’ensemble de toute la chaîne de l’innovation. Les solutions intégrées, proposées par les éditeurs de progiciels de gestion intégrés, d’outils de gestion de données produits, de CAO et de gestion de documents, commencent à apparaître. Elles ne rentrent pourtant que rarement dans la transformation de l’organisation. Les résultats sont alors souvent décevants. Toutefois, depuis deux ans, les nouvelles technologies ont rendu possible l’éclosion d’“équipes virtuelles”, de commerce collaboratif ou encore de co-innovation. En fonction des enjeux, les efforts se concentrent sur les échanges de notes informelles, d’informations de gestion ou de nomenclatures techniques. Les entreprises, avec une approche de codesign, basculent dans un fonctionnement “launch and learn” (démarrer et apprendre).Cette transformation devient d’autant plus aisée que les concepteurs appartenant à des équipes distantes travaillent de conserve et partagent les informations et les plans. Les équipes dirigeantes sont, quant à elles, nettement plus réactives pour prendre des décisions. Elles s’appuient sur des portails intégrant des données à la fois du marché, de la concurrence et sur le projet interne. Cela assure une meilleure mise en ligne entre l’équipement, ou le service développé, et les besoins et attentes du marché.

Intégrer les hommes

Toutefois, cette approche ne constitue pas une garantie de bonne performance. Les modes de fonctionnement des métiers, les interactions entre équipes, avec les clients ou les fournisseurs, doivent être revus pour tirer profit des nouvelles solutions. Et un outil de workflow orchestre la redéfinition précise des processus liés à l’innovation.Les entreprises ne doivent pas non plus sous-estimer les efforts d’adaptation des collaborateurs. “Je pense qu’il faudra encore attendre cinq à dix ans pour voir ces solutions donner le meilleur d’elles-mêmes. On rencontre encore des décisionnaires qui ne maîtrisent pas la messagerie électronique. Alors leur demander de travailler avec de tels outils…”, avoue Paul de La Rochefoucauld. Pourtant, ce marché devrait se développer rapidement. Aujourd’hui, l’innovation se retrouve au c?”ur de la stratégie des grands groupes.

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Xavier Bouchet