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La portabilité du numéro ne bouleverse pas le marché des téléphones mobiles

En l’espace de trois mois, Bouygues Telecom, Orange et SFR ont délivré 40 000 bons de portage à leurs futurs ex-clients. Mais, pour l’heure, seuls 1250 portages ont été effectivement réalisés, indique l’ART.

Le 30 juin, l’ART (Autorité de régulation des télécommunications) donnait le feu vert officiel à la portabilité des numéros. Les détenteurs de téléphones mobiles peuvent désormais changer d’opérateurs, tout en conservant leur
numéro.Pour certains, cette réforme soutenue de longue date par les associations de consommateurs promettait de redistribuer une partie des cartes du marché de la téléphonie mobile. Trois mois plus tard, il n’en est rien. Le
1er octobre l’ART a dressé avec les opérateurs et les représentants des consommateurs un premier bilan de l’opération.Résultat : si 40 000 bons de portage ont été émis par Bouygues Telecom, SFR et Orange, seuls 1250 portages ont été effectivement réalisés. ‘ Aucun opérateur n’ayant pris le risque de faire du
dumping commercial sur cette opération, la portabilité du numéro n’est qu’une option parmi d’autres ‘
, explique Sébastien Goales pour France Télécom.Pour la CLCV (Consommation, logement et cadre de vie), Zoubida Ounaghri ne dresse pas un constat différent : ‘ Le consommateur méritait la liberté liée à la portabilité du numéro, mais aujourd’hui la portée
de cette mesure, qui a pour but de faciliter la concurrence, reste marginale. ‘
Selon l’ART, la portabilité ne devrait en effet concerner à terme que 1 à 3 % du parc des mobiles.

La qualité de l’information des clients reste à améliorer

L’Autorité de régulation a salué, dans un communiqué, ‘ l’important travail technique réalisé par les trois opérateurs mobiles ‘, mais elle a également tenu à rappeler qu’ils (à commencer
par Bouygues Telecom) devaient aussi respecter les lignes directrices de la portabilité publiées le 1er août 2002. Une façon pour l’ART de recadrer certaines offres commerciales contestées n’offrant pas une protection suffisante
du consommateur.Les associations de défense des consommateurs ont par ailleurs réaffirmé que des améliorations devaient être apportées à la qualité de l’information délivrée par les services clients des opérateurs.Enfin, autre inconnue de la portabilité, comment savoir que l’on appelle ou non un numéro porté ? Sur ce dernier point, qui peut avoir une incidence sur le coût des communications, l’ART apporte quelques précisions sur son site
Internet.Les opérateurs mobiles vont ainsi mettre à la disposition du public des bases de données simplifiées qui indiqueront exclusivement si un numéro donné est actif ou non, chez lopérateur interrogé.

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Philippe Crouzillacq