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La fée électricité se penche sur les télécoms

Les réseaux électriques devraient bientôt servir aussi au transport de la voix et des données. Le contexte réglementaire français s’y prête mal, mais des tests sont menés en Allemagne.

Câble, radio, prise téléphonique, satellite… A cette famille télécoms devrait s’ajouter bientôt un nouveau membre : la prise de courant électrique. Les réseaux d’électricité devraient en effet ouvrir de nouvelles routes au transport de la voix et des données. L’idée n’est pas neuve – en 1998, Nortel et le Britannique United Utilities ont fondé Norweb, disparu depuis pour des raisons économiques -, mais sa réalisation entre doucement dans les faits. Ce concept, appelé PLC (Powerline Communication), a fait l’objet de nombreuses présentations en fin février, lors du salon Cebit d’Hanovre. Des équipementiers – connus (Siemens, Alcatel) ou nouveaux venus (Keyin Systems, Polytrax) – ont présenté leur matériel pour fournisseurs d’électricité et opérateurs, ou pour utilisateurs finals. Chaque solution est propriétaire, même si nombre d’acteurs coopèrent avec l’Etsi (European Telecommunications Standards Institute) pour la mise au point d’un standard. Chez tous, le principe de la PLC reste le même. Sur le réseau électrique, au niveau du transformateur moyenne tension, on installe un équipement relié au réseau téléphonique et à Internet. L’abonné met en place un coupleur à côté du compteur électrique et des bo”tiers de raccordement pour le PC, le téléphone, etc. Les trois avantages de la solution sont les mêmes qu’avec l’ADSL, avec des débits similaires, autour de 2 Mbit/s : aucun câblage supplémentaire, accès illimité à Internet, et ce sans dérapage de la facture – téléphonique ou électrique. Avec une contrainte géographique plus drastique pour la PLC : rester proche du transformateur (300 mètres environ).

Les tests vont bon train

En France, EDF n’a pas le droit de fournir d’autres services que l’électricité. Mais il commence à être concurrencé par certains fournisseurs (comme l’Allemand RWE) sur le segment des gros consommateurs industriels. EDF n’a pas su expliquer si ces concurrents pourraient, à terme, proposer des services télécoms. Rien n’est moins sûr, en effet, puisque EDF, qui ne cache pas travailler sur la question, garde seul la ma”trise du réseau électrique. En revanche, en Allemagne, trois gros fournisseurs d’électricité d’outre-Rhin mènent des tests. RWE, qui commencé l’an dernier avec Ascom en Suisse, teste une nouvelle solution auprès de deux cents foyers allemands – avec Ascom, toujours, et Keyin. De son côté, Veba a testé, au travers de sa filiale Oneline, la technologie auprès d’une dizaine de foyers allemands, pour une commercialisation prévue à l’été 2001. Des tests plus larges (quatre cents foyers) seront menés d’ici là. Enfin, EnBW (Energie Baden-Würrtemberg), dont EDF vient d’acquérir 25 %, teste aussi cette technologie auprès de deux cents abonnés allemands j


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Guillaume Deleurence