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La Cnil n’a rien à redire sur les caméras dans les panneaux publicitaires

Des placards publicitaires munis de caméras ou de dispositifs pour compter les passants ne poseraient pas de problème. La commission demande seulement que les gens soient mieux informés.

Fin 2008, le métro parisien commençait à s’équiper de placards publicitaires high-tech. Il s’agissait d’écrans LCD sur lesquels les publicités évoluaient et qui intégraient une caméra pour analyser les allées et venues des gens. Les associations antipub étaient alors montées au créneau, et, sous leur pression, la RATP avait décidé de ne pas mettre en service les caméras. Ce qui n’a pas empêché la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) de rendre son avis sur la question, indulgent.

En pratique, la Cnil a étudié plus généralement « des dispositifs utilisant les téléphones portables ou la captation d’images vidéo, [qui] permettent désormais de mesurer l’audience de certains panneaux publicitaires ou d’évaluer la fréquentation de certains lieux (centres commerciaux, aéroports) ». Les panneaux de la RATP sont évidemment directement concernés, mais ils ne sont pas les seuls.

Dans un avis rendu le 25 février mais publié seulement le 19 avril, la commission, qui évoque un « risque de traçage », dit avoir mené une expertise technique des installations. Elle conclut que les images captées par les caméras ne sont « ni enregistrées, ni transmises à des tiers, ni même visibles par les différents prestataires ».

Quant aux données émises par les téléphones portables et analysées à des fins de géolocalisation, elles « font l’objet d’un chiffrement irréversible complexe qui a été analysé par la commission et qui garantit l’anonymat des personnes ».

Seul (petit) hic : l’information des passants. La Cnil estime qu’il faudrait afficher sur place la présence de caméras ou de systèmes de captation de données. « Cette information doit, notamment, préciser la finalité du dispositif et l’identité de son responsable », dit la Cnil.

Recours au conseil régional

Au bout du compte, c’est un satisfecit quasi complet que donnent les garants de la protection de la vie privée aux panneaux publicitaires de la RATP et aux autres, équipés ou non de caméras. Ils précisent toutefois qu’ils opéreront de nouveaux contrôles, « afin de vérifier que ces dispositifs respectent bien, dans les faits, cette anonymisation ».

Il est vrai que l’une des craintes des « antipub » est que les panneaux publicitaires évoluent et deviennent à terme plus intrusifs, avec envoi de publicités ciblées sur les téléphones mobiles, par exemple.

Néanmoins, c’est peu dire que ces associations ne se satisfont pas de l’avis de la Cnil. Dans un communiqué commun, Résistance à l’agression publicitaire, Souriez vous êtes filmés et Big Brother Awards estiment que la commission ne répond que « très partiellement aux questions » soulevées.

Même si la RATP n’intègre plus de caméra dans ses panneaux, le débat reste le même pour les antipub. Ils soutiennent que ce genre d’installation relève de la loi sur la vidéosurveillance. Or, la Cnil ne se prononce pas sur le sujet. « Elle réaffirme que la loi Informatique et libertés s’applique, mais elle ne choisit dans cette loi que ce qui est arrangeant, pour ne pas faire de vague », juge Nicolas Hervé, de Résistance à l’agression publicitaire.

Les associations rencontreront la semaine prochaine l’exécutif du conseil régional d’Ile-de-France pour l’entretenir de ce sujet et essayer d’obtenir qu’il s’exprime officiellement.

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Arnaud Devillard