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La biométrie peine à percer dans l’e-commerce

Identifier une personne sur ses simples traits comportementaux ou physiques… Cette technique, idéale pour le commerce en ligne, ne convainc pourtant pas.

Depuis dix ans que la technologie est au point, les systèmes biométriques ont eu bien du mal à dépasser le cadre des agences gouvernementales et des complexes militaro-industriels. Pourtant, baser l’identification d’un individu sur ses caractéristiques physiologiques ou ses traits comportementaux est un principe garantissant un haut niveau de sécurité. D’autant que les caractéristiques physiologiques d’un individu (empreinte digitale, rétine, etc.) sont uniques. Le système associe donc l’authentification à la personne, et non plus à une carte ou à un mot de passe. Exit le risque du buddy punching, l’emprunt d’un code ou d’une carte pour s’authentifier à la place d’un autre. C’est donc sur l’accès à des sites ou systèmes sensibles qu’ont misé les acteurs du marché.Il aura fallu attendre la fin de l’année 2000 pour que la biométrie franchisse le pas de la simple authentification et s’applique à l’acte de paiement. Aux États-Unis, des écoles de Pennsylvanie testent, depuis la rentrée dernière, une solution de paiement biométrique dans leurs cafétérias et bibliothèques. Désormais, pour régler le déjeuner ou emprunter des livres, les écoliers apposent leur index sur un lecteur d’empreintes digitales. Le système débite alors leurs comptes de la somme correspondante, ou enregistre les informations concernant l’emprunt. Les écoles économisent du temps et les parents délivrent leurs enfants de la gestion de l’argent au quotidien. Chaque mois, les parents reçoivent un rapport sur le nombre de repas pris par leurs enfants, ce qu’ils ont mangé et à quel prix. L’ensemble du système, logiciels et matériels, revient aux environs de 4600 euros (30 000 francs) pour chaque école.

De l’empreinte au flicage

Toutefois, un tel exemple n’est pas prêt de s’imposer sur le marché français. “On associe trop l’empreinte digitale au flicage, déplore Laurent Saada, directeur général de Zalix Biométrie, alors qu’il ne s’agit que de convivialité et de confort.” Distributeur exclusif en France des produits de l’Américain Identix, Zalix prévoit, pour la seule année 2001, un chiffre d’affaires d’environ 6,9 millions d’euros (45 millions de francs).Compaq et Toshiba apportent l’essentiel de cette somme. Ils ont demandé à Identix d’équiper leurs gammes professionnelles d’ordinateurs portables en capteurs PCMCIA d’empreintes digitales. Là encore, c’est l’accès sécurisé qui est la cible des solutions proposées.Cette situation peine à évoluer vers l’e-business et l’exemple de Pennsylvanie semble n’être qu’un épiphénomène. Toutefois, l’été dernier, Motorola a investi 3,75 millions de dollars (4,1 millions d’euros) dans I-trust, l’une des divisions d’Identix, spécialisée dans les solutions business to business de transactions sécurisées à base de biométrie. D’ici l’été 2001, le fabricant américain de portables prévoit de sortir des téléphones mobiles intégrant un capteur dempreintes digitales. Le m-commerce (le commerce électronique sur terminaux mobiles) pourrait ainsi servir de tremplin à la biométrie.

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Christophe Dupont