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Invensys veut reprendre Baan pour près de 5 milliards de francs

(Mise à jour) Le spécialiste anglais de l’automatisation et du contrôle industriel a lancé une offre de rachat sur l’éditeur de progiciels néerlandais. A la clé, un important programme de restructuration.

Pressentie depuis quelques jours déjà, l’annonce prend la forme d’une OPA sur la base de 18,69 francs par action Baan, en liquide. Ce qui, pour l’ensemble du capital, valorise la transaction à un peu moins de 5 milliards de francs. Invensys, qui s’est assuré de 11,1 % du capital, démarrera son offre de rachat d’ici à trois semaines.En proie à d’importantes difficultés financières depuis plusieurs mois, et malgré la revente d’actifs non stratégiques ( Coda par exemple), Baan n’avait plus le choix qu’entre revente en bloc ou découpage par appartements, estimaient les analystes. C’est la première solution qui a été retenue. L’annonce du 31 mai marque donc une étape importante pour l’avenir de l’éditeur. Les optimistes y verront le bout du tunnel pour la société. Les plus réalistes se contenteront de souligner la fin d’une longue période d’incertitude, néfaste commercialement, et qui a vu les noms des repreneurs possibles se succéder dans les médias.L’heureuse élue s’appelle donc Invensys, une société née en février 1999 de la fusion de BTR et Siebe et cliente de Baan en Angleterre. Le groupe qui emploie 90 000 salariés, est présent dans près de 40 pays, et a réalisé, en 1999, un chiffre d’affaires de 95 milliards de francs. Si son OPA réussit, il lui appartiendra donc de sortir l’éditeur de son marasme actuel.

Une cure d’amaigrissement en perspective

Comme nombre d’éditeurs de progiciels de gestion intégrés (PGI), Baan a subi de plein fouet les conséquences de trois phénomènes : d’abord, la saturation du marché des PGI, dans le milieu industriel surtout ; le gel des investissements l’année dernière pour cause de passage à l’an 2000 ensuite ; et, enfin, un certain retard sur le marché des progiciels de commerce électronique. Conséquence, sept trimestres consécutifs de perte et des ventes qui s’étiolent.Un chose est sûre : Invensys prévoit une sévère cure d’amaigrissement pour sa nouvelle acquisition. Destinée à rejoindre sa nouvelle division Invensys Software and Systems (ISS), tout en conservant son nom, Baan va devoir réduire ses coûts de 60 à 120 millions de dollars par trimestre d’ici à la fin 2000. Résultat : une charge pour restructuration de 400 millions de dollars pour Invensys, qui parie sur un retour à l’équilibre de Baan dans les douze mois à venir. En incluant Baan, ISS pèse d’ores et déjà deux milliards de dollars de revenus, a indiqué Invensys. ISS comprend notamment Wonderware, spécialiste de l’informatique industrielle, et Marcam, éditeur de PGI pour les industries de process.Interrogé par 01net., Pascal Dumontet, DG de Baan France, a estimé qu’il était trop tôt pour connaître les conséquences de la restructuration ?” en termes de supression d’effectifs au sein de la filiale hexagonale notamment ?”, de même que les possibilités de synergie entre les progiciels des deux sociétés. “Cela étant, le projet de créer une filiale dédiée à la relation client reste à létude”, a-t-il simplement précisé.

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Alain Ruello