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Infonet marié par sécurité à BT

Les opérateurs internationaux ne pratiquent plus la logique du partenariat. Le britannique a choisi d’acheter la société américaine.

Il n’y a pas de place pour tout le monde sur le marché des services télécoms aux multinationales. Tel est l’enseignement que l’on peut tirer de l’annonce du rachat, pour près d’un milliard de dollars,
de l’opérateur américain Infonet par le britannique BT.Cette opération, soumise à l’approbation des autorités de régulation, constitue le plus important rachat de BT depuis des années. Ce mariage enterre aussi définitivement le modèle de partenariat entre géants, qui n’a
jamais tenu la route.BT s’était déjà allié à AT&T au sein de Concert, France Télécom avec Deutsche Telekom au sein de Global One… Autant de collaborations
qui n’avaient jamais porté les fruits escomptés.

Un utilisateur rassuré

‘ C’est plutôt une bonne opération d’être racheté par un opérateur industriel plutôt que par de purs investisseurs ‘, estime un grand client d’Infonet qui souhaite garder
l’anonymat. La stratégie de BT, consistant à se tourner vers les services, serait même plutôt du genre à séduire cet utilisateur, qui pourrait envisager de confier plus de services à ce nouvel ensemble. Du côté des concurrents, on ne cède pas
à la panique : ‘ Une telle intégration ne se fait pas du jour au lendemain. J’espère que cette phase de consolidation va les occuper pendant de longs mois, le temps pour nous de continuer à avancer ‘,
affirme Rizwan Kara, vice président EMEA d’AT&T.

Mauvaise nouvelle pour Cegetel et Equant

Sur le marché international, BT s’offre le luxe d’atteindre une taille critique. Le réseau d’Infonet touche, en effet, 180 pays, et sur le marché français, la donne pourrait changer. Et, alors qu’Infonet
n’a jamais souhaité déployer un réseau en France, le britannique est en train d’investir en infrastructure dans l’Hexagone.Ainsi, c’est peut-être Cegetel, principal fournisseur de réseau pour Infonet au niveau national, qui risque de pâtir de ce mariage. Sans parler d’Equant, le principal concurrent, qui se démène pour garder la tête hors de
l’eau sur ce marché si dynamique des services télécoms aux multinationales.France Télécom, maison mère d’Equant, se contente de préciser qu’elle n’a pas pour habitude de commenter l’actualité de ses concurrents. Sans doute plus anecdotique, ce rachat devrait marquer le départ de
José Collazo, le président d’Infonet, l’un des rares patrons d’entreprises télécoms, avec Serge Tchuruk, à avoir su conserver son poste après l’éclatement
d’une certaine bulle. Fin d’une époque ? Début d’une nouvelle ?

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Jérôme Desvouges