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Huawei branche ses téléphones en France

En signant avec France Télécom, la firme de Shenzhen passe à la vitesse supérieure dans l’Hexagone. Elle devrait aussi commercialiser des terminaux 3G via Orange.

Pour Patrick Wen, le directeur de la filiale française de la société chinoise, qui emploie quarante personnes à Puteaux, le contrat signé avec France Télécom est l’aboutissement de trois années de travail. Le
premier fabricant chinois d’équipements télécoms (22 000 employés et un chiffre d’affaires pour 2003 de 3,83 milliards de dollars) s’est fait
connaître en Europe en signant des contrats d’équipement d’infrastructure avec BT, neuf telecom, Completel, et par sa
joint-venture avec 3Com.L’annonce prochaine d’une offre de terminaux économiques 3G, vendus par Orange, marque une étape supplémentaire dans l’implantation grandissante du chinois sur notre continent. Interrogé sur la nature du contrat,
Patrick Wen précise : ‘ Nous fournirons des terminaux 3G économiques [au prix du GSM actuel, NDLR] avec services voix classiques et transferts de données à haut-débit. Nous pensons offrir aux opérateurs un
coût d’exploitation intéressant et, surtout, une bonne compatibilité avec les terminaux 3G existants. ‘
Ces mobiles ont été développés en partenariat avec Infineon, et ont été testés sur de nombreuses infrastructures, en particulier dans les laboratoires de France Télécom en Bretagne. ‘ Nous avons, depuis trois ans,
multiplié les tests en 3G avec China Telecom, et mis en service différents réseaux 3G d’opérateurs, pour Sunday à Hong Kong ou Etisalat dans les États arabes unis. Dans ces pays, nous avons fourni les réseaux centraux, les réseaux
d’accès, la plate-forme de services et les terminaux, mais nous travaillons aussi avec des opérateurs européens comme Vodafone et, dans le fixe, avec des grands comptes comme Areva et Thales. ‘

Les démêlés avec Cisco, sans suite

Deuxième fournisseur mondial (46 %) derrière Alcatel dans les équipements d’accès ADSL, selon le cabinet d’études Dell’Oro, Huawei, avec ses 9,2 % de parts de marché, est passé devant Siemens, Lucent
Technologies et NEC. Le chinois, par ses tarifs très bas, inquiète sérieusement ses concurrents, qui, depuis trente ans, se sont partagés les grands marchés d’état des pays en voie de développement.Jusque-là, l’intérêt de ces équipementiers était de procurer les financements sur mesure, les hommes et les formations ad hoc. Mais Huawei fait apparemment aussi bien pour moins cher, la firme ayant
d’ailleurs reçu avec son homologue ZTE une subvention de 600 millions de dollars de l’État chinois d’aide à l’export. L’entreprise revendique de nombreux contrats en Afghanistan, au Brésil, en Inde, en Irak,
en Libye, au Mali, au Pakistan, en Roumanie et en Russie.Comme elle était accusée de violation de copyright par Cisco Systems pour la reproduction de certaines parties de codes de routage dans ses routeurs Quidway, une véritable psychose s’est emparée des Américains qui multiplient les
critiques sur ses pratiques anticoncurrentielles. Un ingénieur de Huawei ayant été surpris en train de photographier des cartes mères lors du salon Supercomm, les présomptions d’espionnage industriel vont également bon train.Sans oublier que le président de la société chinoise est un ancien colonel et que, le 16 février 2001, le premier raid de l’aviation américaine sur l’Irak a eu pour objectif les réseaux de communication qui reliaient
les bases de missiles aux équipements radars installés par les ingénieurs de Huawei… Interrogé, fin juin, sur le procès intenté par Cisco, Patrick Wen a répondu que l’affaire avait été montée en épingle et que ce n’était le fait que
d’employés peu scrupuleux. Cisco a d’ailleurs récemment annoncé l’abandon de ses poursuites.

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Thierry Outrebon