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Howard Bubb (Intel) : ‘ Dans les télécoms comme dans l’informatique, chaque acteur doit se spécialiser ‘

Plus connu pour ses processeurs, Intel n’en développe pas moins depuis 1999 une activité dédiée aux infrastructures de télécommunication. Entretien avec le patron de la division Communications Infrastructure d’Intel,
Howard Bubb.

01net. : Pouvez-vous nous présenter l’activité de votre division au sein d’Intel ? Howard Bubb : Nous développons quatre gammes de produits : des processeurs utilisés dans les châssis et les serveurs de télécommunication ; des processeurs adaptés au traitement des paquets IP (nous allons
lancer à ce titre une puce adaptée au nouveau standard de diffusion, Wimax, sans fil et à haut débit sur de longues portées) ; des plates-formes complètes pour les réseaux (cartes, processeurs, logiciels) ; et, enfin, des puces pour les
équipements de transmission optique. Ces produits se basent sur différentes architectures que nous avons développées : AdvancedTCA (Telecom Computing Architecture) et IXA.Qui sont vos clients ? Essentiellement des équipementiers télécoms, comme NEC ou Siemens, mais aussi des intégrateurs et des sociétés informatiques, telles que HP. Je tiens à souligner qu’en quelques années, nous sommes devenus le numéro un ou deux
de chacun de ces domaines. L’autre leader étant Texas Instruments, mais cette entreprise ne dispose pas d’une gamme aussi complète que la nôtre. Plus focalisée sur les processeurs de traitement du signal (DSP), TI ne dispose pas
d’offre pour l’optique par exemple.Quand et pourquoi vous êtes vous lancés dans ces activités ? La division que je dirige a été créée en 1999. On commençait déjà à parler de convergence entre informatique et télécommunications à l’époque. Nous avons donc voulu reproduire dans ce secteur le même développement fulgurant des
performances qu’a connue la micro-informatique. Car, désormais, tout ordinateur communique, et tout produit de communication traite de l’information (‘ computes ‘). La division s’est donc constituée à la fois par des
rachats ?” dans l’optique ou les processeurs de paquets ?” et par des développements internes.Quels sont les facteurs de réussite dans votre marché ? L’industrie des télécommunications évolue progressivement vers la modularité. Les équipementiers ont compris qu’ils devaient externaliser une partie de leur activité. En fait, ils sont en train de vivre le même phénomène
que dans l’informatique : chaque acteur doit se spécialiser dans son domaine et acquérir à l’extérieur les composants qui entreront dans son offre. Désormais, un équipementier ne peut plus se permettre de réaliser la totalité de
ses produits. Et notre rôle au sein d’Intel est justement de leur apporter des ‘ blocs ‘ de composants qui les aident à faire évoluer plus rapidement leurs produits, avec des performances supérieures.Dans votre domaine des communications, collaborez-vous aussi étroitement avec Microsoft que dans celui de la micro-informatique ? Oui, bien sûr. En fait, nous proposons nos différents processeurs et cartes aussi bien pour les plates-formes Windows Server 2003 que Linux. En général, nos clients retiennent Microsoft pour leurs développements rapides, tandis que
Linux est plus employé pour des fonctions enfouies (‘ embedded ‘), au c?”ur des réseaux.N’êtes-vous pas arrivé trop tard sur le segment de l’optique, alors que le marché souffre toujours de surcapacité ? Je pense que nous avons passé le creux de la vague. En Asie, ce marché n’a jamais vraiment cessé sa progression, même si elle fut moins forte un temps. En Europe, les réseaux mobiles de troisième génération ou les points
d’accès Wi-Fi vont relancer la demande en matière de réseaux optiques à très haut débit.Pourquoi avez-vous revendu Trillium cette année, trois ans seulement après son acquisition ? Nous avions besoin de compétences en matière de signalisation dans les télécoms, pour les réseaux de type SS7 notamment. Une fois que ce savoir-faire a été acquis, cette
entreprise devenait moins stratégique pour nous et nous avons préféré la céder à un autre industriel. De plus, nous nous sommes recentrés sur notre métier premier : les microprocesseurs. Or, cette société éditait des logiciels de
télécommunication.Entre l’édition 1999 d’ITU Telecom World et celle de cette année, quels changements avez-vous enregistré ? Il y a eu clairement une bascule entre l’ancien et le nouveau monde des télécommunications. Autrefois, l’innovation était tributaire du bon vouloir des grands équipementiers qui tous développaient leurs propres
technologies. Or, dans l’informatique, ce sont les standards, et la possibilité d’innover qu’ils offrent, qui ont fait progresser ce marché. Il en sera de même dans les télécoms. Le but est de bâtir des standards pour les
applications ?” voiceXML par exemple ?”, pour les plates-formes et, à notre niveau, pour les unités centrales de traitement (CPU). Imaginez-vous la complexité et le coût que représente pour les grands opérateurs internationaux la
gestion de plusieurs plates-formes propriétaires ? En choisissant des briques standardisées (IP, Windows ou Linux, nos processeurs), ces sociétés ont maintenant les moyens de rationaliser leur activité.

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Propos recueillis par Laurent Campagnolle, envoyé spécial à Genève