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Hewlett-Packard résiste à l’offensive graphique de Sun

Sur ses dernières stations de travail, HP priorise le sous-système graphique. De fait, celles-ci portent le nom de ses cartes graphiques accélératrices ?” Visualize. HP ne contrôle cependant aucun standard comparable à OpenGL ou Java 3D.

En 1999, Hewlett-Packard a regroupé sous la marque Visualize ses stations de travail HP-UX à base de processeurs PA-Risc et ses stations NT et Linux sur processeur Intel. Tout simplement parce que ces trois séries étaient dotées de ses sous-systèmes graphiques Visualize fxe, fx4 et fx6. Une toute petite exception subsiste toutefois sur ses stations Intel d’entrée de gamme qui peuvent être équipées de cartes graphiques du marché. L’unification sera en fait totale avec l’arrivée des stations Visualize à base de processeurs Itanium, qui seront produites en volume avant la fin de l’année et fonctionneront aussi bien sous Windows que sous HP-UX ou Linux.Les sous-systèmes graphiques, dénominateurs communs des stations Visualize, s’inscrivent comme les principaux différenciateurs des stations HP. Il est vrai qu’ils s’adjugent les premières positions dans des bancs de tests renommés tels que le Discreet 3D Studio MAX et le SPECapc ProEngineer. Et HP en profite pour élargir sa cible, en ajoutant les niches de la création 3D et de la vidéo à la traditionnelle CAO technique. Il promet par ailleurs pour 2001 des performances dix à vingt fois supérieures pour ses cartes graphiques, tant au niveau du moteur géométrique que de la mémoire d’image et de texture.

Poussé par ses clients à supporter Java 3D

Sun, qui le devance largement en termes d’unités vendues dans le monde (350 000 contre 90 000 en 1999, selon IDC), envisage aussi de telles améliorations pour ses cartes graphiques Expert 3D. S’intéressant de près aux applications liées à la réalité virtuelle, il annonce de son côté la prochaine réalisation de “Reality Centers”, en réaction aux initiatives similaires de SGI. Pour asseoir totalement ses ambitions dans le domaine du graphique, il manque toutefois à HP ce qu’il cherche depuis longtemps : la maîtrise et la direction d’un standard graphique. Son ancien Phiggs a dû abdiquer devant OpenGL, de SGI, sur lequel s’accordent tous les constructeurs pour les couches basses des API (Application Programming Interface) de rendu 3D. HP a ensuite fait fusionner son DirectModel avec Direct 3D, de Microsoft, pour jeter les bases du projet Fahrenheit auquel s’étaient joints IBM et SGI. Peine perdue. Des conflits sont nés et, aujourd’hui, Microsoft se retrouve seul pour développer Fahrenheit, avec Windows pour seule cible.Pour sa part, Sun a développé Java 3D. Cette API est, depuis avril 1999, disponible sur Solaris et Windows, en plus d’être ouverte à la communauté Linux. Hewlett-Packard s’est finalement résolu à la supporter, principalement sous la pression de ses clients. Un dépit qui n’est pas seulement de l’amour-propre puisque l’utilisation de Java 3D atténue le caractère différenciateur de ses propres cartes graphiques.

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Mireille Boris