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Gros plan sur un SAV micro

Selon son efficacité, un service après-vente peut nous pourrir la vie ou nous sauver la mise. Acer nous a ouvert les portes de son centre de dépannage pour nous prouver qu’il prend l’affaire au sérieux.

C’est dans l’ancienne usine d’assemblage des PC Packard Bell, à Angers, qu’Acer a installé en septembre 2010 son centre de SAV. À l’exception des smartphones, dont la réparation est assurée par Cordon Electronics, tous les produits du fabricant ainsi que ceux des autres marques du groupe, Packard Bell, Gateway et eMachines, y sont réparés. Le centre emploie une centaine de salariés. Bien entendu, ce sont les PC de bureau et les portables qui représentent l’essentiel de l’activité. Cette année, le centre devrait effectuer 125 000 interventions. En effet, entre 5 et 7 % des appareils passent par le SAV au cours de la période de garantie. Un chiffre en baisse par rapport aux prévisions, alors que les ventes, d’après Christian Cosneau, le directeur du site, restent stables. La raison tiendrait à l’amélioration de la qualité des composants intégrés aux appareils. Il en aurait la preuve : pour chaque réparation, une fiche signalétique de la panne est établie. Ce suivi permet de détecter les composants les moins fiables afin de les remplacer dans les gammes suivantes.

Une batterie de tests approfondis

Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les pièces mécaniques (disque dur, lecteur…) qui constituent l’essentiel des pannes, mais les cartes mères. Ces dernières sont expédiées au centre de SAV européen, basé en Pologne, pour y être réparées. À l’instar de la plupart des fabricants de PC, et afin de réduire les coûts d’intervention, Acer répare ses appareils avec des pièces d’occasion, garanties comme des pièces neuves, et intervient sur tout type de panne. Les composants défaillants fournis par des tiers, tels les disques durs de Western Digital, leur sont retournés pour réparation. Là encore, des progrès auraient été réalisés puisque Christian Cosneau nous indique que 93 % des appareils sont réparés en moins de cinq jours, contre 81 % il y a un an. Les études effectuées auprès des clients montrent un taux de satisfaction de près de 80 %. Compte tenu des performances affichées du SAV, il est étonnant que le chiffre ne soit pas plus élevé. Les clients profitent-ils de cette étude pour exprimer leur mécontentement à l’égard de l’appareil défaillant plutôt que de juger la prestation du service réparation ? D’après le directeur, la principale cause d’insatisfaction concerne un mauvais diagnostic de panne, qui a entraîné un nouveau retour de l’appareil en SAV, bien que seulement 1,6 % des machines dépannées reviennent au centre de SAV dans les trente jours suivant le retour chez le client.Pour éviter ce genre d’incident, le site a mis en place une cellule de tests approfondis. Si aucune panne n’est diagnostiquée lors de son passage dans la chaîne de réparation, l’appareil incriminé est soumis à des tests de stress. Le principal d’entre eux, le plus simple aussi, consiste à laisser l’appareil en marche durant plusieurs heures, jusqu’à ce que la panne se manifeste. La carte graphique est également poussée au maximum de ses capacités afin de juger de sa fiabilité. Si rien ne se produit, le client est contacté afin de cerner les symptômes de la panne, le moment ou la fréquence à laquelle elle se produit. Si, malgré tout, aucun dysfonctionnement n’est détecté, la pièce jugée la plus certainement responsable de la défaillance sera échangée, ou l’appareil sera réexpédié chez le client en l’état… Au risque de le voir revenir quelques jours plus tard. Si, à l’issue des nouveaux tests, aucune panne n’est détectée, le client se verra proposer un appareil d’occasion en remplacement.Alors que la réputation du constructeur a longtemps été entachée par la piètre efficacité de son SAV, notre visite au centre d’Angers nous a permis de constater qu’Acer prend désormais très au sérieux cette branche de son activité.

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Christofer Ciminelli, Philippe Fontaine et Jacques Harbonn