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Faillites en cascade chez les opérateurs télécoms américains

Les opérateurs subissent la curée outre-Atlantique. Les raisons : une diversification trop intense et des difficultés de financement.

Nombreux sont les opérateurs américains lancés à l’assaut de l’Europe qui se retrouvent aujourd’hui le bec dans l’eau. Tour à tour, RSL Com ou World Access ont déposé le bilan. Avec, parfois, des conséquences désastreuses sur les filiales françaises. Dernier en date : Viatel. L’opérateur vient de se placer sous la protection de la loi américaine sur les faillites (chapitre 11). Cette procédure de dépôt de bilan concerne la maison mère et toutes les filiales outre-Atlantique. L’opérateur précise que les filiales européennes, notamment l’entité française, ne sont pas concernées par la procédure. La société va essayer de restructurer son bilan financier en négociant avec ses créanciers. Pour ce faire, elle a sollicité l’aide de la Dresdner Bank, du Crédit Suisse First Boston et de Jay Alix & Associates.

Fermeture du robinet financier, jusqu’alors grand ouvert

L’endettement de Viatel ?” environ 2 milliards de dollars ?” a pour origine des emprunts contractés pour la construction du réseau en fibre optique européen. Cette annonce suit de peu celle de World Access, qui vient aussi de se placer sous le chapitre 11, ses créanciers ayant demandé une mise en faillite. World Access est surtout connu pour les opérateurs qu’il a rachetés, notamment ceux présents dans l’Hexagone, tels Facilicom ou LDI. Selon Les Echos, UBS Warburg a été engagé afin de trouver des acquéreurs pour les différentes activités.Un peu plus tôt, en mars dernier, RSL Com a mis sa filiale américaine sous le chapitre 11 et entamé une procédure d’insolvabilité pour ses activités européennes. Cette procédure, administrée par PricewaterhouseCoopers, peut aboutir à des cessions. A noter que la filiale française s’est d’ores et déjà placée en redressement judiciaire. Le site Total Telecom évoque maintenant un rachat des filiales allemandes, finnoises, suédoises et britanniques par les dirigeants. RSL avait déjà commencé à s’alléger début mars, en négociant la vente de certaines filiales, notamment au Canada et au Japon, et en se séparant de l’activité de trafic en gros aux Etats-Unis. Dans cette catégorie d’opérateurs, GTS, qui n’a pas déposé son bilan, n’en est pas moins en mauvaise posture. En 2000, ses pertes ont triplé pour atteindre 1,6 milliard de dollars. Les raisons de ce marasme sont diverses. Ces opérateurs ont cassé leur tirelire pour construire des réseaux (Viatel en Europe) ou pour acquérir des sociétés ?” à ce titre, World Access a sans doute été le plus gourmand, avec l’achat de sept sociétés en deux ans. Ensuite, ils étaient probablement trop diversifiés, tant côté public ciblé (grand public, PME, entreprises, etc.) que côté produits (téléphonie, données, hébergement, vente de capacités, etc.). Pour redresser la tête, Viatel et GTS se délestent aujourd’hui de plusieurs activités. Toutes ces sociétés ont également souffert de l’émiettement des marges dans la téléphonie longue distance et dans l’optique du fait de la multiplication des réseaux, surtout en Europe. Pour toutes ces raisons, ces opérateurs recherchaient constamment de l’argent frais. Mais ils ont subi de plein fouet la fermeture d’un robinet financier autrefois très généreux pour les télécoms.

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Guillaume Deleurence