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Facebook exempte certaines personnalités de ses règles de modération

Un programme réserve un traitement privilégié à près de 6 millions de VIP sur le réseau social. Ces personnes peuvent publier plus facilement du contenu, même lorsqu’il enfreint les standards.

Tous les utilisateurs ne sont pas égaux sur Facebook. Le Wall Street Journal publie une enquête sur son programme XCheck (contrôle croisé) qui accorde certains privilèges aux célébrités, politiciens ou journalistes. Ces VIP sont parfois carrément sur liste blanche et exemptés des règles de modération de Facebook et Instagram. D’autres bénéficient juste d’un assouplissement de ces dernières.

Un dispositif qui dérape

À l’origine, il s’agissait d’éviter des dérapages médiatiques à la suite de mesures prises trop rapidement contre les comptes de certaines personnalités. Mais ce programme aurait fini par concerner 5,8 millions de personnes en 2019. Les principaux intéressés ne sont généralement pas au courant qu’ils bénéficient d’un traitement spécial. Les critères pour y figurer ? Être influent, populaire ou à risque pour les relations publiques. Le problème, c’est que de nombreux employés de la société sont autorisés à y ajouter de nouveaux membres et que la direction se retrouve aujourd’hui dépassée par l’ampleur de ce dispositif.

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Toujours est-il que des messages de harcèlement ou incitant à la violence ont ainsi pu être publiés en toute impunité. Le footballer Neymar a ainsi partagé en 2019 une vidéo montrant une femme nue qui l’avait accusé de viol. Le contenu avait fini par être supprimé par Facebook mais seulement au bout de 24 heures. D’autres ont fait circuler des théories complotistes et antivax. Certains politiciens faisaient partis de ce programme, alors qu’ils étaient en campagne face à des adversaires ne jouissant pas des mêmes conditions sur Facebook, ce qui a pu créer du favoritisme.

Facebook veut y mettre fin

Dans ces conditions, la mise en place du conseil de surveillance de Facebook ressemble à une mascarade, puisqu’il existe une véritable élite autorisée à enfreindre les règles. Facebook tente bien évidemment de se défendre par la voix de son porte-parole Andy Stone qui s’est exprimé sur Twitter.

Il affirme que ce programme n’était pas secret, et il est vrai que Facebook l’avait évoqué dès 2018. Pour lui, le dispositif consisterait essentiellement à mettre en place une double vérification concernant les contenus de personnalités sensibles.

Il a, par ailleurs, affirmé au Wall Street Journal que l’objectif de la société était  de supprimer progressivement cette pratique. Ce que le journal confirme après avoir eu en mains des documents internes à Facebook. Mais le réseau social est-il prêt à imposer enfin les mêmes règles pour tous ? Pas sûr.

Source : The Wall Street Journal

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Amélie CHARNAY