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Erkki Liikanen (Commission européenne): ” Un service universel internet européen sera lancé en fin 2001 “

La Communauté européenne compte équiper l’ensemble de ses services publics du réseau internet d’ici à la fin 2003.

Le Parlement européen vient de lancer le programme “eEurope Action Plan “. En quoi consiste-t-il ?Ce cadre législatif de la société de l’information dépasse largement celui des télécoms. Il s’étend aux réseaux et services de communications électroniques et concerne aussi bien les réseaux câblés, sur IP, fixes ou sans fil, satellites ou terrestres que les réseaux de télédiffusion. Ce qui est nouveau dans notre législation. Cela permettra d’introduire une certaine neutralité technologique de la législation dans les infrastructures réseaux. Les services, comme la fourniture de contenu ou le commerce électronique, n’entreront pas dans ce cadre. Ils relèvent des législations nationales.La Commission européenne veut aussi promouvoir un “service universel” sur internet. De quelle manière sera-t-il déployé ?Initié en mars 2000 lors du sommet de Lisbonne, notre programme eEurope vise à promouvoir des infrastructures de communications internationales à un coût abordable. La plupart des services publics de la Communauté européenne devraient ainsi pouvoir bénéficier du réseau internet d’ici à la fin 2003. Et, si tout se passe comme prévu, toutes les écoles en Europe devraient y avoir accès en fin 2001. Dans ce premier “service universel”, seul l’accès internet à faible débit est concerné. Dans un deuxième temps, la Commission adaptera le cadre législatif en fonction de la standardisation des nouvelles technologies. Si l’internet à large bande est utilisé par une majorité d’internautes, on pourra envisager de l’inclure dans ce service universel.Où en sont les investissements en infrastructures réseaux à haut débit en Europe ?Au niveau de l’Union, cinquante-cinq opérateurs ont obtenu une licence de troisième génération. Les investissements varient considérablement selon le pays et l’opérateur, et le déploiement de ces réseaux UMTS dépend de nombreux paramètres, comme l’infrastructure mobile existante.La France est-elle à la traîne ?La France ne peut pas vraiment être considérée comme un pays en retard. Certes, le nombre de réseaux à haut débit y est faible en termes de capacité et de couverture, mais les tarifs des liaisons louées sont proches des moyennes européennes. Le problème français réside plutôt dans le fait que ses réseaux sont concentrés dans les grandes agglomérations. En dehors de celles-ci, la population moyenne ne peut donc pas profiter des réseaux en fibre optique. Toutefois, le gouvernement propose de cofinancer les municipalités qui investissent dans le haut débit. Même si le potentiel est là, la Commission examinera de près le dégroupage et le développement d’offres DSL. Nous espérons que la pression réglementaire sera aussi maintenue sur France Télécom.On parle, à la Commission, de projets européens IST et de “réseaux d’excellence “. Est-ce une suite logique du chantier de l’eEurope ?Il s’agit du sixième Programme cadre de recherche et développement, dans lequel les technologies de la société de l’information ?” les TIC ?” jouent un rôle important. Pour preuve, leur budget de 3,6 milliards d’euros. L’objectif est de placer l’Europe en tête des technologies génériques et appliquées. La recherche se concentre sur la future génération de technologies, qui intègre ordinateurs et réseaux dans l’environnent quotidien et ouvre l’accès, par des interfaces simplifiées, à une multitude de services et d’applications. Cette vision de l’“intelligence ambiante” devra se trouver au centre d’une société de la connaissance, dont personne ne devra être exclu.Après les événements du 11 septembre, la Commission prévoit-elle de nouvelles directives de sécurité des réseaux ?La sécurité des réseaux fait l’objet d’une communication spécifique de la Commission depuis cette année. Des dispositions contraignent déjà les fournisseurs d’accès et de télécommunications à garantir la sécurité et l’intégrité des services qu’ils proposent. Le nouveau cadre réglementaire reprend d’ailleurs ces obligations, car, sans sécurité, la confidentialité des communications ne peut exister. Pour la cybercriminalité, la prévention est plus efficace et moins lourde à gérer que la répression. La présidence belge de l’Union a lancé une série d’actions pour faire prendre conscience de l’importance de la sécurité en créant un système européen d’alerte en cas d’attaque. Aux Etats de mettre en place un appareil répressif efficace pour résister.

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Clarisse Burger